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 Domela Nieuwenhuis - L'éducation libertaire

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MessageSujet: Domela Nieuwenhuis - L'éducation libertaire   Sam 18 Aoû - 22:17

(un p'tit dernier....)

L'ÉDUCATION LIBERTAIRE

(Conférence)

Domela NIEUWENHUIS

(extraits)



….Nos gouvernants comprennent très bien que l'instruction vraie et libre répandue dans le peuple serait la mort de tout gouvernement, car c'est grâce à l'imbécillité du peuple que les gouvernants peuvent jouer leur jeu aux dépens des peuples qui crient : "Hosannah !" un jour et "Crucifiez-le !" le lendemain, qui applaudissent indistinctement deux orateurs dont l'un dit précisément le contraire de l'autre.
C'est le sinistre Thiers qui disait un jour : "Il n'y a que deux moyens de ramener le calme dans le pays et de détruire les idées dangereuses : c'est la guerre au dehors, ou bien la suppression des écoles primaires."

…… Le désir de chaque socialiste libertaire est de voir ses enfants devenir des être doués d'une volonté propre, pleins d'initiative, des hommes de caractère, haïssant toute autorité extérieure, puisant en soi leur propre autorité et s'efforçant de conformer leur vie entière aux principes de la raison. Et cela n'est possible que quand l'enfant est laissé libre dès son enfance. Le sentiment de la dignité humaine doit être cultivé, et on ne le peut que par la connaissance de soi-même et du milieu dans lequel on vit. Ne séparons pas l'homme de la nature, car il est lui-même une parcelle de la nature à laquelle il appartient.
L'École libertaire est un effort en ce sens. aussi doit-on l'encourager autant qu'il est possible. Et, pour ma part, ce m'est un grand plaisir que d'assister à votre effort vers un enseignement intégral, rationnel, mixte et libertaire.
Soyons, comme ailleurs, l'avant-garde de l'oeuvre de l'éducation. Que l'amour de la liberté soit notre guide dans la grande tâche pour laquelle nous voulons vivre, lutter, souffrir et même mourir, car sans la liberté le monde est sans soleil, sans air frais, sans lumière, sans chaleur, sans amour. La vie sans liberté, c n'est pas la vie ; c'est la mort, et nous qui travaillons pour l'avenir, nous cultivons notre idéal, afin de préparer un monde dans lequel les hommes libres vivront dans une société libre.
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Akrate



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MessageSujet: Re: Domela Nieuwenhuis - L'éducation libertaire   Dim 19 Aoû - 14:35

C'est pas mal. Y a eu des applications de ce projet éducatif d'instruction intégrale, comme l'appelait Bakounine ?
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MessageSujet: Re: Domela Nieuwenhuis - L'éducation libertaire   Dim 19 Aoû - 15:26

(je remets un paragraphe du texte de Lenoir que j'avais oté..)

Précurseurs et praticiens de la pédagogie libertaire

Sans remonter à l'Antiquité grecque, j'aimerai évoquer Rabelais: celui qui, selon moi, fut sans doute un précurseur, sans l'avoir su, de cette forme d'éducation libre. En effet, Rabelais, à l'époque, fonde à l'abbaye de Thélème - lieu autrement symbolique - avec son " Fais ce que veux " une réflexion pédagogique innovante, pour ne pas écrire révolutionnaire. Il considère que le premier moteur de l'éducation, entre gens socialisés il est vrai, est une attitude active et libre dans un espace libéré du maximum de contraintes. Il s'agit d'un lieu où l'éducation se construit par la liberté et la liberté par l'éducation. Toute la problématique de la pédagogie libertaire me semble tenir dans ce mouvement dialectique.

Autre précurseur: Charles Fourier, qui, dans un espace de vie et de production, le phalanstère, imagine un mode éducatif dans la liberté des passions (on dirait aujourd'hui des désirs, des pulsions, des motivations et des intérêts). Il préconise non seulement l'éducation intégrale, celle de la main et de l'esprit chère aux anarchistes - de J Proudhon à S. Faure - mais aussi l'utilisation de la découverte et de la conduite d'expériences multiples, permettant l'essai et l'erreur. De cet ensemble d'expériences naît le vrai choix de l'individu, quant à ses apprentissages et à son activité future. Ce qu'il faut noter, et en cela Fourier fait de l'éducation un enjeu et un acte de responsabilité collective, c'est que l'éducation n'est pas artificiellement déconnectée de la vie de la cité (le phalanstère), et de la production nécessaire à la survie économique de l'organisation. Cette éducation est intégrée au social sans y être soumise, elle s'alimente du réel économique sans en dépendre totalement, loin s'en faut.

Proudhon héritera de cette conception de l'éducation, de ces utopies pédagogiques. Le fondateur de la notion d'autogestion, qui fonde l'espoir révolutionnaire sur les capacités des classes ouvrières autonomes, considère que l'école ne doit pas être coupée de la vie et de l'atelier, que le "couple" éducation-production est fondamental, non seulement pour assurer la formation intégrale et pluridisciplinaire des producteurs, mais aussi pour assurer l'indépendance, vis-à-vis de l'État et de quelques autres, des structures éducatives. Logique d'action que l'on retrouvera avec S. Faure et la Ruche, ou, de nos jours avec Bonaventure.

Fernand Pelloutier, animateur des Bourses du Travail et inventeur, avec des milliers d'autres, du syndicalisme révolutionnaire, s'inscrit lui aussi, dans ce courant de l'éducation intégrale et libre, lié à un souci d'usage social de la connaissance, sans pour autant, non plus, transformer l'enfant en un petit producteur compétitif et trop souvent exploité dans les ateliers. Le seul but de l'éducation est de préparer à cette condition future de producteur conscient, par la pluridisciplinarité et la multiplicité des techniques. L'importance de Pelloutier, à mon sens, est qu'il responsabilise le syndicalisme quant au probléme éducatif. Parfaitement au clair sur les enjeux que représente l'éducation pour les pouvoirs politiques et cléricaux, il considère qu'elle est le meilleur instrument de domination de l'État. Par conséquent, le syndicalisme, qui est l'outil naturel d'émancipation de la classe ouvrière, doit maîtriser le fait éducatif pour le libérer de la tutelle des pouvoirs et, du même coup, oeuvrer à la liberté de tous. C'est pourquoi il militera pour que les Bourses du travail deviennent un lieu d'éducation des travailleurs, soit l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes, comme les syndicats de la C.N.T. espagnole l'ont fait en leur temps. Il s'agit donc, non seulement d'"instruire pour révolter", mais aussi afin de forger la conscience; qualifier pour mieux résister et, à terme, afin de construire le socialisme dans la liberté. Pour conclure ce rapide aperçu, j'évoquerai la Ruche, lieu réel s'il en fut, qui mit en application ce souhait de faire de l'espace éducatif un outil au service de l'humanité en veillant à ne pas l'inféoder à un quelconque pouvoir. En effet, comme le tente Bonaventure aujourd'hui, S. Faure essaya de faire vivre une petite république éducative, en s'appuyant sur son autosuffisance économique et sur la solidarité active de structures et d'organisation sociales participant à son financement. Cette volonté de "ne pas dépendre" me parait essentielle, même si cela n'enlève rien aux autres expériences de pédagogie libertaire menées ici et là; en effet, elle s'affirme le seul moyen de nous doter de lieux éducatifs autonomes et, pour l'heure, propres au mouvement libertaire. En effet, autant les pouvoirs - et, au premier chef, le pouvoir d'État, qui les finance - peuvent tolérer des structures éducatives dissidentes, marginales et libertaires, tant que celles-ci ne diffusent pas ou ne s'inscrivent pas dans un mouvement social puissant et organisé, autant il est clair qu'ils mettront fin à ces expériences dès qu'elles représenteront une gêne ou un danger pour leur système.

C'est pourquoi l'autosuffisance économique est essentielle à terme; c'est sans doute sur ces capacités d'autosuffisance, ancrées dans le social, que l'avenir de la pédagogie libertaire se joue. Que naissent donc cent petites républiques éducatives et que le syndicalisme révolutionnaire y agite avec responsabilité.
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