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 Femmes en prison... Femmes oubliées...

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Date d'inscription : 06/09/2005

MessageSujet: Femmes en prison... Femmes oubliées...   Dim 29 Juil - 16:22

8 MARS : JOURNÉE DE LA FEMME... EN PRISON : DES FEMMES OUBLIÉES.

Le 8 mars est la journée internationale de la femme, qui a vocation à créer des changements, tant dans les faits que dans les mentalités. Le thème retenu cette année est "le temps des femmes". Au carrefour entre ce thème du temps et les problématiques associées à la place des femmes dans la société, la prison retient naturellement l’attention.

Le plus souvent, au croisement entre les femmes et la prison on pense aux "femmes de parloir". Ces femmes, qui, au fil du temps, parcourent la France pour aller visiter un fils, un mari, un compagnon. Des femmes qui tentent de défier le temps en entretenant une relation avec un proche incarcéré.

Mais il y a une minorité souvent oubliée, celle des femmes elles-mêmes incarcérées. Au 1er juillet 2006, 2232 femmes étaient en prison ; à la même date 59181 hommes étaient incarcérés (source : chiffres-clés de la Justice, octobre 2006). Les femmes sont nettement moins souvent auteurs d’actes délictueux ou criminels. Leur rôle au sein de la famille, et pas seulement en tant que mère, n’est évidemment pas étranger à ce constat. Naturellement, ce rôle des femmes dans la société pourrait être de nature à inciter les magistrats à prononcer des sanctions moins lourdes. Si des sanctions moins lourdes sont parfois prononcées, c’est sans doute une façon de prendre en compte leur plus grande fragilité (notamment sociale). Même si en France la pauvreté est à peu près également répartie entre les femmes et les hommes, elle est plus concentrée sur les femmes dès lors que l’on dépasse nos frontières et la proportion de femmes étrangères incarcérées est élevée. Or, la pauvreté est facteur aggravant de la délinquance et de la criminalité. Ceci dit, lorsque les femmes sont nettement reconnues comme auteurs directs d’une infraction, et non pas comme complices, les sanctions prononcées sont équivalentes à celles prononcées pour les hommes, voire plus sévères.

Quoi qu’il en soit, une fois en prison, les femmes connaissent des conditions d’incarcération souvent plus difficiles que les hommes. Tout d’abord, et au-delà de toute considération liée à la parité qui n’aurait ici aucun sens, l’incarcération n’est pas nécessairement perçue de la même façon par les hommes et par les femmes. Il y a sans doute des altérités concernant notamment la perception de sa propre identité et le respect de l’intimité. Ensuite, et de façon plus pragmatique, le faible nombre de femmes dans la plupart des établissements conduit à une quasi absence d’activités, qu’il s’agisse du travail, de la formation, du sport ou des activités culturelles. Par exemple, à la MA de Limoges, il y a 10 places dans le quartier réservé aux femmes. Il ne s’agit pas de procéder à un regroupement dans quelques établissements car cela rendrait encore plus difficile le maintien des liens familiaux, amicaux et plus généralement sociaux. Il s’agit de créer les conditions pour que, y compris lorsque l’effectif est très réduit, l’offre des différentes activités soit identique pour les femmes et pour les hommes. En outre, se pose bien évidemment, dans certains cas, la question de la maternité. Il semble d’un autre temps que des femmes puissent accoucher alors qu’elles sont incarcérées. Il semble également d’un autre temps que des nourrissons, durant les premiers mois de leur vie, aient comme environnement quotidien la prison. Il semble d’un autre temps de séparer une mère de son enfant lorsque celui-ci a 18 mois.

La journée de la femme est une occasion donnée de réfléchir à la situation des femmes, et notamment des femmes en prison, une minorité oubliée.

Marie-Paule Maugis
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(Mars 2007)

http://www.prison.eu.org/article.php3?id_article=9119
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MessageSujet: Re: Femmes en prison... Femmes oubliées...   Ven 17 Aoû - 22:47

LES FEMMES EN PRISON

La journée de la femme, le 8 mars, a été l'occasion d'exprimer une forme de solidarité avec les femmes incarcérées, largement oubliées, notamment parce que peu représentées. L'expression de cette solidarité ne doit pas être un épiphénomène, sinon à entretenir tacitement une forme d'exclusion.

Au 1er juillet 2007, 2 326 femmes sont incarcérées (918 sont prévenues et 1 406 sont condamnées) ; elles représentent 3,8 % de la population écrouée détenue. Inutile de préciser que leur petit nombre, en comparaison avec le nombre d'hommes incarcérés, en fait une minorité ; or, les minorités sont souvent oubliées. Dans les maisons d'arrêt, où il y a un quartier à faible effectif réservé aux femmes et un quartier assez important, réservé aux hommes, les activités de travail, d'enseignement, de formation, culturelles et sportives ne sont pas mixtes ; il en résulte une forte inégalité en termes d'offre. Dans ces établissements, certaines de ces activités pourraient sans doute connaître la mixicité. La société est composée de femmes et d'hommes qui se côtoient dans les différents aspects de leur vie. L'objectif étant que les personnes se réintègrent dans la communauté, il est essentiel que le temps passé en détention soit le plus proche possible de la vie extérieure.

La question des femmes enceintes incarcérées et des femmes incarcérées qui sont mères de jeunes enfants est primordiale. Cette question est un indicateur du niveau de respect que la société est prête à accorder aux femmes qui ont commis une infraction. Comment accepter les conditions, parfois indignes, dans lesquelles des femmes incarcérées accouchent une fois à l'hôpital ? En outre, cela ne peut pas être dissocié des droits de l'enfant. L'enfant, qui a indirectement affaire à l'univers carcéral, ne doit pas se voir refuser les droits fondamentaux que lui garantit en principe la convention internationale sur les droits des enfants. En ce sens, comment accepter qu'un enfant séjourne en prison ? Comment accepter qu'un enfant soit séparé de sa mère à l'âge de 18 mois ? Une loi garantissant à toute femme, enceinte ou mère d'un jeune enfant, un aménagement de sa peine hors les murs ne serait-elle pas une loi de nature à garantir les droits de la femme et de l'enfant ?

La commission d'une infraction, aussi grave soit-elle, ne peut justifier la remise en cause des droits de la Femme, ces droits n'étant évidemment pas limités à la maternité. L'incarcération doit faire l'objet de toutes les garanties en matière de respect des droits fondamentaux afin de prévenir toutes les dérives. Une société respectueuse des droits de toutes et de tous est une société qui trouve le juste équilibre entre le rappel à la loi, le maintien de la sécurité publique, la garantie des libertés individuelles et le respect des droits humains.

La rédaction

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Août 2007



URL de l'article :http://prison.eu.org/article.php3?id_article=9865
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