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 doctrine sociale catho, ferment communautariste...

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MessageSujet: doctrine sociale catho, ferment communautariste...   Jeu 26 Juil - 0:36

La doctrine sociale de l'Eglise catholique, ferment communautariste

Par René Andrau

Mercredi 25 juillet 2007

"La Doctrine Sociale de l'Eglise catholique fait l'objet d'une confusion souvent entretenue par ceux qui s'en réclament et qui n'en retiennent que ce qui les arrange. Or, considérer comme subordonnés les « droits humains de chacun » revient à les considérer comme secondaires par rapport à l'appartenance communautaire. Pourtant, le combat contre la dictature de l'argent et de ses serviteurs, visibles ou moins visibles, reste bien le premier combat à mener.

La Doctrine Sociale de l'Eglise catholique fait l'objet d'une confusion souvent entretenue par ceux qui s'en réclament et qui n'en retiennent que ce qui les arrange. Contrairement à une idée reçue, cette doctrine n'est pas une technique permettant de résoudre les problèmes sociaux, ce que Léon XIII appelait la « question ouvrière ». Car l'adjectif social de l'expression doctrine sociale signifie relative à l'organisation de l'ensemble de la société, la question sociale proprement dite n'y jouant qu'un rôle secondaire. Ce caractère global de la doctrine est souligné par tous les Papes, en particulier dans les nombreuses Encycliques commémorant un anniversaire de Rerum novarum, la dernière en date étant Centissimus annus de Jean-Paul II de 1991, l'Encyclique du centenaire. Ce qui fait qu'on ne peut dissocier clairement le politique et le social d'avec le religieux qui les surplombe.

Qu'y avait-il avant Léon XIII, que l'on présente comme le grand réformateur de l'Eglise ? Il y avait le refus catégorique de poser la question sociale, comme d'ailleurs la question politique. Certes il se trouvait des catholiques qui pensaient que du message évangélique découlait la nécessité de prendre en compte le sort des misérables : le journal de Lamennais, L'avenir, qui militait dans ce sens a été nettement désavoué par le Pape Grégoire XVI qui a rédigé une Encyclique spécialement dans ce but, Mirari vos, en 1832. C'est dans ce contexte historique qu'il faut replacer Rerum Novarum qui est de 1891, alors que le Manifeste de Marx et Engels est de 1848 : l'église finit par reconnaître qu'il existe une question ouvrière liée à la révolution industrielle lorsqu'elle ne peut faire autrement sous peine de sortir de l'histoire, et surtout lorsqu'elle voit grandir la menace socialiste que Léon XIII dénonce avec force.

Car la Doctrine Sociale de l'Eglise reste ancrée à la formule « hors de l'Eglise point de salut ». Dès le 21 novembre 1893 Jaurès dénonce à l'Assemblée, en réponse à la déclaration du cabinet Dupuy, le caractère rétrograde de la doctrine sociale de l'Eglise : « Le socialisme sortait de la République ; vous ne pouvez détruire la République, mais vous y introduisez ses ennemis d'hier en gouvernants et en maîtres, pour en chasser plus, sûrement les militants qui l'ont faite et qui ont versé leur sang pour elle. Vous ne pouvez pas détruire ouvertement, officiellement votre oeuvre de laïcité, mais vous mettez votre République sous le patronage de la papauté… Oui, c'est la politique de Léon XIII qui vous dirige ».

Jean XXIII comme Jean-Paul II reprennent en choeur cette idée qui souligne le caractère dogmatique de la doctrine : l'Eglise catholique est la seule habilitée à interpréter les Ecritures et à dire quel est l'ordre naturel, voulu par Dieu, auquel doivent se conformer l'homme et la société. Car cet ordre, qui découle de la Révélation, est hors d'atteinte de la raison, à moins qu'elle ne reçoive la lumière de la foi, auquel cas la raison est dite « correcte » (recta ratio). Dans l'Encyclique Aeterni Patris de 1879, Léon XIII précise que « la foi délivre de l'erreur la raison », ce que ne cessera de répéter Jean-Paul II qui, comme le Syllabus, refuse la souveraineté populaire qui exprime « la volonté arbitraire des hommes » (Laborem exercens, 1981). Ratzinger, devenu Benoît XVI, va encore plus loin dans sa récente encyclique en considérant que la foi « délivre la raison de ses aveuglements ». Cet ordre naturel que l'Eglise décode, c'est une société hiérarchisé en classes sociales : remettre en cause cet ordre au nom de la lutte des classes est donc une atteinte à la volonté divine car, disait Pie XI, « les travailleurs doivent rester à la place que la Providence leur a assignée ». C'est pourquoi les Papes condamnent unanimement le socialisme comme « intrinsèquement pervers », selon l'expression de Pie XI dans Divini Redemptoris du 19 mars 1937.

Mais dans le même temps Pie XI, pas plus que ses successeurs, n'a été gêné par les fascismes et leur conception corporatiste concernant l'organisation des travailleurs. Dans l'Encyclique Non abbiamo bisogno de 1931, même s'il trouve que le fascisme italien ne fait pas assez de place à l'Eglise catholique, il proteste de sa loyauté au régime et au parti et de la fidélité des catholiques à leur égard. Dans l'encyclique Mit brennender Sorge du 14 mars 1937, il proteste également contre la place insuffisante que le régime nazi accorde à l'Eglise catholique, mais il approuve le « projet ethnique » de la nation allemande : aucune allusion aux autres problèmes que pose l'Allemagne nazie. A cette complaisance répond une condamnation sans réserve de la République espagnole, et le Pape n'a pas un mot pour dénoncer les massacres de prolétaires par les troupes franquistes qui indignent le pourtant très catholique Bernanos dans Les grands cimetières sous la lune. Et le même Pape ne cessait de dire son inquiétude devant la politique française de Front Populaire qui ne correspondait pas à l'ordre naturel. S'il n'a pas produit de texte de condamnation, ses dévoués serviteurs s'en sont chargés : c'est ainsi que le très catholique député Robert Schuman, père putatif de l'union européenne, s'est opposé au Front Populaire, avant de voter les pleins pouvoirs au Maréchal.

A ces faits historiques, la bien-pensance du jour oppose le fait que les choses auraient bien changé depuis Vatican II, et que tout ça, les repentances à répétition aidant, appartient désormais au passé. C'est faux, archi-faux.

La Doctrine Sociale de l'Eglise est toujours aussi dogmatique. Voici ce que déclarait Jean XXIII, réputé être le premier Pape moderne, dans Mater et magistra de 1961: « Dès que la hiérarchie ecclésiastique s'est prononcée sur un sujet, les catholiques sont tenus à se conformer à ses directives puisque appartiennent à l'Eglise le droit et le devoir non seulement de défendre les principes d'ordre moral et religieux, mais aussi d'intervenir d'autorité dans l'ordre temporel lorsqu'il s'agit de juger de l'application de ces principes à des cas concrets ».

C'est au nom d'une telle conception que Benoît XVI, alors cardinal Ratzinger..."

Pour lire la suite :
http://www.ufal.info/media_flash/2,article,150,,,,,_La-doctrine-sociale-de-l-Eglise-catholique-ferment-communautariste.htm

ou passer directement par le site de l’UFAL :
http://www.ufal.info/media_flash/article.htm
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René Andrau est l'auteur de "Dieu, l'Europe et les politiques",
éditions Bruno Leprince, 2002
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