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 INSERM et fichage génétique à la fac

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Date d'inscription : 06/09/2005

MessageSujet: INSERM et fichage génétique à la fac   Lun 7 Mai - 10:42

POURQUOI L'INSERM A-T-IL BESOIN D'ETUDIANTS COBAYES ?

L'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) vient de mener
une enquête auprès des les jeunes majeurs scolarisés dans l'enseignement supérieur
(au moins dans les lycées et les IUT) en
Champagne-Ardenne. On parle d'un échantillon de 4000 jeunes majeurs. Cette enquête,
confiée à l'Organisme Régional de la Santé (ORS), s'appelle «SAGE» et a reçu bien
évidemment l'accord du Recteur de
l'Académie !

De quoi s'agissait-il ?
Il s'agissait, pour ces étudiants majeurs de remplir un «auto-questionnaire»
portant sur leur situation sociale, familiale et scolaire, l'existence éventuelle
d'une dépendance par rapport à une quelconque drogue, leurs habitudes de
consommations, leurs antécédents familiaux, leur niveau habituel d'impulsivité,
leur éventuel état dépressif, leur éventuelle déviance sexuelle, ... sans oublier
l'éventualité de violences sexuelles subies dans leur enfance. Ce long
questionnaire (quarante cinq minutes prévues pour y répondre) est accompagné ...
d'un prélèvement de leur ADN !!! Pour l'INSERM, le but de cette enquête est
d'étudier «l'interaction entre facteurs environnementaux et facteurs génétiques»
(extrait de leur propagande distribuée aux élèves juste avant de passer aux choses
sérieuses...) Mais, ne vous inquiétez pas : tout ceci est anonyme... et l'INSERM,
pour rassurer ce public, définit l'anonymat en ces termes : «Les personnes de votre
entourage n'auront donc jamais connaissance de vos réponses»... comme si l'anonymat
ne concernait que l'entourage ! En fait, ces étudiants étaient invités à donner,
dans une enveloppe cachetée, leur nom, leur adresse et leur numéro de sécurité
sociale s'ils acceptaient une réévaluation dans 3 ans. En effet, l'INSERM affirme
que cette enveloppe ne sera décachetée que dans 3 ans. Avec quelles garanties et
quels contrôles ? ...
Cette enquête a été déclarée à la CNIL ce qui a fait croire à certaines
administrations de lycées que la CNIL aurait donné son autorisation alors que
celle-ci, depuis 2004, n'est plus qu'une chambre d'enregistrement en ce qui
concerne tous les projets de l'Etat et de ses administrations.
Les jeunes pouvaient refuser... encore faut-il avoir été au préalable bien informé,
avec contre-informations et débats. En fait, personne (étudiants, profs, ...) n'a
été préalablement mis au courant du contenu de cette enquête. Tout s'est fait en
catimini :
- Les profs, concernés par leur heure de cours supprimée, ont été prévenus la
veille avec pour simple information qu'il s'agissait d'une enquête de l'INSERM
faite en accord avec le Rectorat.
- Les élèves n'ont découvert l'existence de cette enquête qu'au moment de s'asseoir
en cours.
C'est ainsi que la majorité des élèves visés se sont fait piéger. Deux exceptions
tout de même. Dans un lycée rémois le proviseur a voulu imposer la présence
obligatoire des étudiants. Dans un autre, l'information est passée un peu avant.
C'est dans ces 2 lycées où les étudiants ont pu en discuter auparavant, que
beaucoup d'entre eux ont refusé cette enquête. D'ailleurs, devant le remue-ménage
que cela commençait à provoquer, l'ORS s'est décommandé au dernier moment dans l'un
de ces deux lycées. On peut même raisonnablement soupçonner cet organisme exécutant
(l'ORS) d'avoir commandé à France 3 Champagne-Ardenne un reportage/propagande juste
avant que cette enquête se termine.

Des interrogations et des certitudes.
Cette enquête n'est pas répertoriée comme « enquête en cours » sur le site Internet
de l'INSERM. De plus, la discrétion entourant le lancement de cette enquête, voulue
par les administrations des établissements
scolaires, ne peut que nous interroger. Dans un conseil d'administration d'un
lycée, il fut dit et écrit dans le compte-rendu qu'il s'agissait d'étudier «l'effet
de l'absorption de substances psycho-actives sur
l'ADN» et non pas de déterminer par l'ADN telle ou telle déviance. Bizarre, non ?!
Je n'y connais rien en génétique mais je pensais que notre ADN ne se modifiait pas
le temps de notre vie et que c'était un
moyen de nous identifier (au même titre que notre empreinte digitale). Je dois me
tromper car l'affirmation reproduite ci-dessus émane d'un Conseil d'administration
d'un lycée technologique où on enseigne la
biologie...
En fait l'INSERM s'est officiellement caché derrière une soi-disant étude de
l'interaction entre «facteurs environnementaux et facteurs génétiques». Il est fort
probable que ces chercheurs vont finalement essayer de mettre en évidence une
quelconque déformation de gênes pouvant expliquer tel ou tel comportement, telle ou
telle consommation hors normes...
Cette enquête rentre très certainement dans le délire actuel du déterminisme
génétique, repris récemment pas Sarkozy à propos des pédophiles et des jeunes
suicidaires. L'INSERM semble vouloir reprendre
des théories sur le déterminisme génétique développées notamment aux Etats Unis et
en Angleterre où toute une école de chercheurs essaient de prouver
«scientifiquement», depuis déjà des décennies, que les gènes président à la plupart
des comportements humains ; l'environnement familial, social, culturel, n'influant
qu'à la marge.
L'INSERM n'en est pas à son premier essai puisqu'il préconisait dans un rapport
publié en 2005 de rechercher chez l'enfant, dès l'âge de trois ou quatre ans, les
signes «prédictifs» d'une délinquance future. Ce rapport a d'ailleurs été repris
par Sarkozy dans son projet de loi sur la prévention de la délinquance puis il a dû
le supprimer devant la mobilisation du collectif «Pas de zéro de conduite».
Dans le cadre de cette enquête «Sage», nous pouvons nous interroger sur le devenir
de ces prélèvements ADN. Les jeunes n'ont aucune garantie qu'ils ne finissent pas
dans le Fichier national automatisé des
empreintes génétiques (FNAEG) d'autant plus que l'objectif du pouvoir est, à
termes, de ficher toute la population.
Les jeunes qui s'estiment s'être fait piéger par cette enquête peuvent (paraît-il )
écrire à tout moment à l'investigateur principal de cette enquête (Pr. Philip
Gorwood) et exiger que leur empreinte génétique soit
détruite ainsi que l'enveloppe cachetée qu'ils ont rempli. Nous ne pouvons que les
encourager à le faire. Mais avec quelle certitude ? Quel contrôle ?

http://journal-lechatnoir.site.voila.fr
http://journal2-lechatnoir.site.voila.fr
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