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 le marché de la faim

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MessageSujet: le marché de la faim   Ven 27 Avr - 21:49

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=871


Jean Ziegler : La cause de la faim, c’est une répartition aberrante des
richesses
25 avril 2007


A l’occasion de la sortie en salle de « We Feed The World », documentaire
sur l’Agro Business mondialisé, Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations
Unies pour le droit à l’alimentation, décrit les mécanisme qui créent la
malnutrition dans le monde. Le film, l’entretien, le contexte.


We Feed The World, Le Marché de la Faim, sort en salle aujourd’hui. Ce
documentaire d’Erwin Wagenhofen démonte les mécanismes d’une l’industrie
agroalimentaire mondialisée.


En suivant les trajets qu’effectuent les nourritures, il met au jour les
déséquilibres absurdes d’un monde qui pourrait nourrir 12 milliards d’êtres
humains, et dans lequel 850 millions de personnes sont sous alimentées.


Dans ce système, le Brésil qui n’a pas atteint l’autosuffisance alimentaire,
au lieu de développer des cultures vivrières, transforme la forét
amazonienne en culture de soja qui sera utilisé à nourrir les poulets
européens.


Et l’Afrique reçoit à bas prix des tomates cultivées en Europe qui ruinent
les agriculteurs locaux.


A l’occasion de la sortie du documentaire qui s’est en partie inspiré d’un
de ses ouvrages, Jean Ziegler, le rapporteur spécial des Nations unies pour
le droit à l’alimentation, répond aux questions de Libération. Extrait.


Dans le film, vous témoignez comme expert sur la faim.


J’explique que selon le Rapport mondial sur l’alimentation 2006 de la FAO
(Food and Alimentation Organisation), l’agriculture mondiale a aujourd’hui
la capacité de nourrir 12 milliards d’êtres humains alors que nous sommes
6,2 milliards. Cela signifie que pour la première fois dans l’histoire du
monde, la faim n’est pas une fatalité : un enfant qui meurt, faute de
nourriture, est un enfant assassiné. 850 millions de personnes sont
gravement sous-alimentées, dont 70 % de paysans, c’est une des absurdités de
la situation.


Pourquoi la faim perdure-t-elle ?


Pour la première fois, grâce à la mondialisation, aux révolutions
technologique, électronique et industrielle, nous avons vaincu la pénurie,
nous sommes sortis du royaume de la nécessité pour entrer dans le royaume de
l’abondance. La tragédie réside dans le fait qu’au moment même où le bonheur
serait matériellement possible, nous vivons une reféodalisation du monde,
avec une captation de ces immenses richesses nouvellement créées par une
oligarchie transcontinentale détentrice du capital financier.


Il n’y a donc pas de pénurie alimentaire ?


Non. La cause de la faim, c’est une répartition aberrante des richesses,
c’est la politique de libéralisation des échanges de l’OMC, la politique de
dumping agricole de l’Union européenne. Dans le documentaire, l’exemple du
Brésil est frappant. Sur 181 millions de Brésiliens, 44 sont gravement et en
permanence sous-alimentés, alors que c’est un pays agricole. Le président
Lula veut combattre la faim, par la réforme agraire notamment, mais pour
cela il faudrait qu’il ait de l’argent ! Or, le Brésil est le deuxième pays
le plus endetté du monde.


Et qu’est-ce qui peut rapporter des devises permettant de rembourser les
intérêts de la dette aux banques des pays du Nord ? La culture du soja, pour
laquelle on détruit la forêt amazonienne : 16 000 hectares en 2006. Et c’est
ce soja qui va nourrir les poulets européens élevés en batterie. Dernier
segment de cette chaîne absurde : les parties nobles (cuisses, ailes) de ces
poulets vont dans les supermarchés des pays européens, le reste des
carcasses est exporté en Afrique et vendu sur les marchés à des prix de
dumping, ce qui détruit la production locale.


Grâce aux subventions et aides à l’exportation attribuées par leur
gouvernement aux paysans des pays du Nord, sur n’importe quel marché
africain, on peut acheter des légumes ou des fruits italiens, français
portugais ou espagnols aux deux tiers ou à la moitié du prix de produits
autochtones ! Le paysan africain peut bien travailler avec sa femme quinze
heures par jour, il n’a pas la moindre chance de conquérir un minimum vital
suffisant pour sa famille. Sur 52 pays africains, 37 sont des pays presque
exclusivement agricoles, et on s’étonne que des milliers de jeunes Africains
risquent leur vie dans l’Atlantique pour débarquer en Sicile ou aux
Canaries. Ce sont des réfugiés de la faim.


propos recueillis par Eliane PATRIARCA
We Feed The World


Synopsis


Chaque jour à Vienne, la quantité de pain inutilisée, et vouée à la
destruction, pourrait nourrir la seconde plus grande ville d’Autriche,
Graz...


Environ 350.000 hectares de terres agricoles, essentiellement en Amérique
latine, sont employés à la culture du soja destiné à la nourriture du
cheptel des pays européens alors que près d’un quart de la population de ces
pays souffre de malnutrition chronique.


Chaque Européen consomme annuellement 10 kilogrammes de légumes verts,
irrigués artificiellement dans le Sud de l’Espagne, et dont la culture
provoque localement des pénuries d’eau.


WE FEED THE WORLD est un film sur la pauvreté au cœur de la richesse qui
éclaire la manière dont notre nourriture est produite et répond aux
questions que le problème de la faim dans le monde nous pose.


Ce ne sont pas seulement des pêcheurs, des fermiers, des agronomes, des
biologistes et Jean Ziegler, fonctionnaire aux Nations Unies qui sont
interrogés, mais aussi un des responsables de Pioneer, le leader mondial des
ventes de semences, ainsi que Peter Brabeck, le P.D.G. de Nestlé, la plus
importante multinationale agro-alimentaire mondiale.


Le site du film http://www.we-feed-the-world.fr/
L’Empire de la Honte


L’Empire de la Honte est l’ouvrage de Jean Ziegler qui constitue l’une des
sources de la réflexion menée par le réalisateur de We Feed The World, Erwin
Wagenhofen.


Présentation de l’éditeur


Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du
monde. C’est que le 11 septembre n’a pas seulement été l’occasion pour
George W. Bush d’étendre l’emprise des Etats-Unis sur le monde, l’événement
a frappé les trois coups de la mise en coupe réglée des peuples de
l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales.


Pour parvenir à imposer ce régime inédit de soumission des peuples aux
intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction
massive dont les maîtres de l’empire de la honte savent admirablement jouer
: la dette et la faim.


Par l’endettement, les Etats abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui
en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté. Cette
formidable machine à broyer et à soumettre ne supporte plus aucune des
limitations que le droit international prétendait traditionnellement imposer
aux rapport entre les États et entre les peuples. Du coup, c’est le régime
de la violence structurelle et permanente qui, partout, gagne du terrain au
Sud, tandis que le droit international agonise.


Mais qui sont donc ces cosmocrates qui, peu à peu, privatisent jusqu’à l’eau
que les peuples doivent désormais leur acheter ?


Ce livre traque leurs méthodes les plus sournoises : ici on brevète le
vivant, là on casse les résistances syndicales, ailleurs on impose la
culture des OGM par la force.


Oui, c’est bien l’empire de la honte qui s’est mis subrepticement en place
sur la planète. Mais c’est précisément sur la honte qu’est fondé le ressort
révolutionnaire, comme nous l’ont appris les insurgés de 1789.


Cette révolution, elle est en marche : insurrections des consciences ici,
insurrections de la faim là-bas. Elle seule peut conduire à la refondation
du droit à la recherche du bonheur, cette vieille affaire du XVIIIe siècle.


Jean Ziegler, qui témoigne ici d’une connaissance exceptionnelle du terrain,
y appelle sans réserve en conclusion.


Biographie


Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à
l’alimentation. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels La
Suisse lave plus blanc (1990), La Suisse, l’or et les morts (1997), Les
Nouveaux maîtres du monde (2002).
Publication originale de l’entretien de Jean Ziegler : Libération
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MessageSujet: Re: le marché de la faim   Ven 27 Avr - 21:54

Le marché de la faim reféodalise le monde


Surproduction agricole dans les pays riches, malnutrition dans les pays
pauvres. Le documentaire éclairant d’Erwin Wagenhofer, Le marché de la faim,
dénonce les contradictions d’une industrie agricole mondialisée qui peine à
nourrir la planète.


Ecrivain et homme politique suisse, longtemps professeur de sociologie à
l’université de Genève, Jean Ziegler est rapporteur spécial de la commission
des droits de l’homme de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Son livre
L’Empire de la honte (1) a inspiré ce documentaire sur le « marché de la
faim » dans lequel Jean Ziegler intervient à plusieurs reprises. Il est ici
interviewé sur le plateau de iTélé.


http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=17685
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