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 Ces mots de peu de poids dans la balance de « l’injustice »

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Date d'inscription : 06/09/2005

MessageSujet: Ces mots de peu de poids dans la balance de « l’injustice »   Mar 3 Avr - 21:04

TROP C’EST TROP


- Le 31 mars 07-

T’enfermez ?
C’est pas assez
C’est pas assez

On t’enferme
On te ferme
On te boucle
On te la boucle
On te cadenasse
On te godasse
On te bouche
On te…
C’EST PAS ASSEZ
C’EST PAS ASSEZ

On te réduit
On te parque
On te parquet
On te parquette
On te marche dessus
On t’écrase

C’est pas assez
C’est pas assez

Faut que tu puisses plus du tout rester tout seul dans ton corps – c’est dans ton corps qu’on pose la taule – c’est ton corps qu’on entôle – c’est ton corps qu’est d’la taule –
On te boîte à sardines
On te prive de silence
On te télévise à bêtise
On te nudité
On te réduit
On te croupit
On te ...
On te HONTE

C’est pas assez c’est pas assez

Corps fermés tassés entassés entravés Corps

On te clefs
On te serrures
On te codes
On te maton
On te cliquetis cris chocs grille ferraille
On te bloque on te cache on te crache –
On te –

Y a plus de peine de mort
Qu’ils crèvent à petits feux

On te tue pas
On te tue plus
On te fait vivre
Dans l’enfer
Chez les autres
On te fait vivre
A quatre pattes
On te réduit
On te cage
On te zoo
On te lit-cage
On t’animal
On te fait faire sur toi
On te – honte – honte

On veut pas que tu meurs
On veut que tu PEUR
On veut pas que tu partes
On veut que tu maladie que tu tuberculose que tu sidas
On veut que tu sues la mort
On veut casser briser déchirer rayer ruiner
A jamais
– toute échappée belle –
– toute idée d’échappée –

La prison salit tout ce qu’elle touche

On t’en veut
on t’en veut à mort
on va te faire payer
on va te racketter
te ligoter
on va te-
tu seras pantelant
tu seras dégoulinant
tu seras masturbé efflanqué
attendri comme viande rouge
encore trop rouge
toujours trop rouge

on va t’ébouillanter
tout vif
tout cru
on va te couper les nerfs
on va te dépiauter
on va te racler
et tu seras prêt pour –

on a surtout décidé que tu sortiras pas indemne et que une fois que tu auras purgé t’es pas prêt de te relever
coupable ou pas – t’es coupable –
derrière les barreaux – et tu paies –
y a toujours quelque chose à payer –
coupable ou pas t’es coupable –
tu crois quand même pas qu’on va te laisser vivre dans le luxe avec ce que t’as fait- que t’as fait ou pas fait c’est pareil-t’es derrière les barreaux –
Nous les gens bien on a besoin de savoir que les prisons débordent on a besoin de savoir que t’es à l’étroit que tout est étanche et bien glauque- ça nous laisse de l’espace pour notre tranquillité – pour dominer – pour faire peur- pour assécher – pour assoiffer –
Nous les gens riches les valeurs – napthaline – les voleurs dans la ouate - on a besoin de ces immeubles noirs dans le paysage mental –
y faut qu’on vous tienne avec la cravache –
avant y avait les apaches à coloniser –
maintenant y a les banlieues à maîtriser –

y a pu de peine de mort
y a plus fort y a plus fort
c’est la mort lente
c’est la pourriture
c’est la rouille des cerveaux
la gangrène de soi
la honte de soi

Tant qu’y a d’la prison
y a d’la garnison
pour les rois du business
pour les bâtisseurs de prison
pour les bouygues du mur crénelé
pour les fabricants d’armements
pour les spécialistes de l’enfermement
pour les ingénieurs des cadenas des serrures et des dispositifs de surveillance et des puces et des-

c’est pas assez c’est pas assez


les rois du cac 40
i z’adorent les prisons
i s’enferment même dans des cités
où y restent enfermés
un jour y crèveront dans leur cocon
y finiront asphyxiés
dans leurs propres déchets

y veulent qu’on vive tous en prison
y veulent t’enfermer dès que t’as raison
dès que tu vois clair
dès que tu résistes
y nous veulent tous en prison
nos imaginations
nos inactions
nos bricolages
nos cabanons
y veulent nous rayer des statistiques du progrès

y veulent du lisse du plat du propre
y veulent des plages-parpaings
des vagues sans écume
y veulent pas de vagues
y rabotent
y rabotisent
y rapetissent tout –

y voit pas plus loin que le bout de leur compte en banque
y nous veulent endettés
surendettés
couverts de dettes
y regrettent les castes
y regrettent les marchés d’esclaves
y nous éternisent
y multiplient les temps morts
nous n’avons plus de temps perdu
nous avons du temps pour temps

nous sommes
bêtes de somme
gibiers de potence
y nous meutent
y nous chenils
y nous forcent
y nous coincent
y nous tir aux pigeons
y nous tir à carabines
y nous tirent vers le bas le très-bas
le très très bas
le marais la puanteur
la pestilence le purin
ils nous cadavérisent dirait ZAO

y nous prisons
y nous prix unique
y nous lessivent
y nous mettent en box
en rayons en têtes de gondoles
y nous loos y nous lomme
y nous amiens y nous doullens
y nous fresnes y nous fresnes
FREINE
y nous prisons-modèles
y nous pucent
nous cachent
nous cachettent
nous cachottent
nous cache-cache-
mais pas pour jouer
pour nous faire INEXISTER

ils font tout pour qu’on nous oublient !
pour qu’on vive à petit peu
petit peu de presque rien

LES GENS BIEN SONT LES MEILLEURS BOURREAUX DU MONDE

L’HOMME EST UN MATON POUR L’HOMME

Un maton maté démâté
Un rat de prison lui-aussi
Un raz de muret
Un raz de barbelés
De créneaux
De vauban de forteresses De murailles

La nostalgie des camps se portent bien.
Des camps bien concentrés bien serrés.
Bâtir des quartiers fortifiés
Eradiquer le bon sauvage
Encadrer les zones les banlieues
Bâtir des villes comme des prisons
Pour qu’ils puissent vivre entre eux
Entre gens du même monde
De la même couleur de la même banque
Du même compte en banque
Ils n’ont pas du tout envie qu’il y ait un avenir après la prison – ils n’ont pas du tout envie qu’il y ait un avenir-
Ils veulent mettre l’avenir entre quatre murs –
Et bronzer dans les paradis fiscaux –
La où la nature elle-même accroît leurs dividendes !

Ces mots de peu de poids dans la balance de « l’injustice » peu de poids !

Dire et redire l’inhumanité n’enlève pas la souffrance en ce moment même ici et maintenant – tout à côté.

Gilles Defacque
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