Bolet Satan et Compagnie...


 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Oaxaca, le 10 décembre à 10 heures...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
.



Nombre de messages : 1102
Localisation : Ici et là
Date d'inscription : 06/09/2005

MessageSujet: Oaxaca, le 10 décembre à 10 heures...   Sam 9 Déc - 19:22

Déclaration de l’APPO

samedi 2 décembre 2006.



PEUPLE D’OAXACA !
PEUPLE DU MEXIQUE !
PEUPLES DU MONDE !


D’un lieu quelconque de l’État d’Oaxaca, le Conseil d’État de l’Assemblée

populaire des peuples de l’Oaxaca

DÉCLARE :



PREMIÈREMENT : L’APPO continue plus que jamais de vivre dans le cœur

des travailleurs, des indigènes, des paysans, des femmes au foyer, des étudiants,

des jeunes, des enfants, de tous les exploités et les opprimés de l’Oaxaca et du

Mexique. La Terreur que l’État a déchaînée dans toute sa violence contre le

peuple de l’Oaxaca et certains membres de la communauté internationale,

du 25 novembre dernier jusqu’à ce jour, n’a en rien entamé notre volonté

d’être des femmes et des hommes libres.

Elle n’a pas non plus réussi à nous détourner de notre combat, nous continuons

à penser que notre lutte doit être politique, pacifique et massive, en dépit des

17 personnes assassinées, des dizaines de disparus et des centaines de

prisonniers politiques par laquelle s’est soldée notre lutte à ce jour, chose que

nous qualifions de Crime contre l’humanité.



DEUXIÈMEMENT : L’APPO continue d’agir en permanence, bien que nous

ne participions pas visiblement aux piquets ou que nous ne nous fassions pas

entendre vingt-quatre heures sur vingt-quatre à la radio.

Nous sommes toujours vivants et nous communiquons à travers l’esprit

indomptable qui constitue l’héritage des peuples exploités, nous luttons et

continuerons de lutter de toutes nos forces jusqu’à obtenir la chute du tyran et

de sa dictature, la dictature du capital.

Une nouvelle étape de la lutte commence, que nous appellerons désormais

"Étape pour la paix dans la justice, la démocratie et la liberté et sans Ulises

Ruiz Ortiz" et qui constitue une nouvelle manière de poursuivre la lutte que

l’APPO apprend à construire patiemment, avec persévérance et sagesse.

C’est ainsi que nous l’ont enseigné les peuples originels dont nous sommes

issus, rassemblés les 28 et 29 novembre au sein du Forum des peuples

indigènes de l’Oaxaca, où ils nous ont dit que "le chemin à faire doit être

parcouru lentement" : c’est ce que nous faisons maintenant, sans perdre de vue

l’objectif commun qui est la transformation profonde des conditions de vie,

de travail, d’études et de survie de nos peuples. C’est cette voie qu’a voulu

barrer Ulises Ruiz, marionnette fidèle des riches et des narcotrafiquants qu’il

défend et représente. Quant à nous, en tant que représentants d’un peuple qui a

choisi d’emprunter le chemin de son émancipation, nous allons le balayer de

cette voie qui est la nôtre.



TROISIÈMEMENT : Le Conseil d’État de l’APPO appelle le peuple de

l’Oaxaca à organiser et à réaliser dès aujourd’hui et jusqu’au 10 décembre des

mobilisations et des actions de protestation pour diffuser cette "Étape pour la

paix dans la justice, la démocratie et la liberté et sans Ulises Ruiz Ortiz", pour

la libération des prisonniers politiques, pour la présentation en vie des disparus,

pour le retrait de tous les mandats d’arrestation, pour que cessent les arrestations arbitraires et les violations de domicile, pour le départ immédiat de la PFP et pour ce qui

nous a tous unis, à savoir : pour le départ de l’assassin Ulises Ruiz Ortiz de

l’Oaxaca. Nous appelons à réaliser ces actions et à diffuser nos exigences dans

l’ensemble de l’Oaxaca, à travers nos Assemblées populaires régionales,

municipales et sectorielles.

Jusqu’au 10 décembre, parce qu’à cette date nous sommes tous appelés à une

macro-concentration au pied du monument à Juárez situé au Crucero de

Viguera, dans la ville d’Oaxaca, à 10 heures, afin d’exprimer notre opposition

et notre condamnation de la politique du bâton et du fusil à laquelle veut nous

résigner cette camarilla d’assassins et de voleurs qui se fait appeler

gouvernement dans l’Oaxaca.



FRATERNELLEMENT,

"TOUT LE POUVOIR AU PEUPLE !"

CONSEIL D’ÉTAT DE L’APPO.


Le 2 décembre 2006.

Traduit par Ángel Caído.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
.



Nombre de messages : 1102
Localisation : Ici et là
Date d'inscription : 06/09/2005

MessageSujet: Re: Oaxaca, le 10 décembre à 10 heures...   Dim 10 Déc - 21:17

Salut à toutes et tous,

Je vous avais laissés vendredi 1er décembre alors que se déroulait la marche et je vous confiais mes doutes au sujet de la mobilisation. Ce jour-là, malgré la présence évidente de flics en civil dans la manifestation et des patrouilles de la PFP à proximité, cinq mille personnes sont descendues dans la rue, défiant la peur et le gouvernement pour réclamer la libération des détenus, la fin de la répression et l'éviction du satrape Ulises Ruiz. Depuis et jusqu'à aujourd'hui, la situation n'a pas vraiment changé ici par rapport à celle que je vous décrivais.

Même si la PFP a libéré le Zocalo, sa présence dans le centre-ville est pesante et inquiétante et elle occupe toujours le Llano et le "parque", mal nommé pour la circonstance, de l'Amour. Les patrouilles circulent
dans toute la ville, dans les quartiers périphériques et dans les municipalités qui sont considérées dangereuses aux yeux de l'autorité. Les arrestations de sympathisants au mouvement se poursuivent jours après jours. Beaucoup d'entre eux se sont planqués et certains sont entrés en clandestinité.
Radio "Mapache", qui fait signer des pétitions pour demander sa légalisation, continue d'émettre des appels au lynchage et à la délation.
Dans ce climat tendu de persécution et de répression, samedi dernier des inconnus ont mis le feu au palais municipal de Miahuatlan qui était aux mains de sympathisants de l'APPO (ceux-ci l'avaient déserté quelques
jours avant devant l'arrivée de la PFP et des polices locales).

Des profs du secteur d'Ocotlan ont décidé de suspendre les cours dans 200 écoles de différents niveaux pour protester contre le harcèlement de la PFP et des corporations policières de l'Etat. Devant les menaces des
paramilitaires et des groupes de sicaires payés par le PRI pour enlever et remettre aux autorités les profs impliqués dans le mouvement et pour demander la libération de cinq des leurs détenus à Nayarit, 4 500
maîtres d'école de la région des Cañadas n'ont toujours pas repris les cours.
Lundi à Zaachila, des profs ont été détenus. Après l'incursion violente des flics à l'école primaire de San Isidro Zautla, dans la commune de Soledad Etla, des maîtres d'école ont été appréhendés. A Oaxaca, là
encore, trois profs de la région de la Mazateca ont été capturés. Le leader de la section 22 du Syndicat national des travailleurs de l'éducation, Enrique Rueda Pacheco, qui vit planqué de crainte d'être détenu à son tour, ne reconnaît pas la répression et le harcèlement que subissent
les profs, et disqualifie la grève que mènent les maîtres de la région de Valles Centrales. Ce qui permet au directeur général de l'Institut de l'Etat de l'éducation publique d'Oaxaca, Abel Trejo Gonzalez, d'affirmer qu'il n'y a pas et qu'il n'y aura pas de persécution ni d'arrestation arbitraire ni non plus de chasse aux sorcières.

Des membres du centre de droits humains Yax'kin ont été suivis dans leurs
déplacements par des flics en civil circulant dans des véhicules sans plaque d'immatriculation, ils ont été encerclés et pris en photos par
les flics alors qu'ils sortaient de leur hôtel.

La Commission diocésaine de justice et paix et le Centre des droits humains Bartholomé Carrasco Briceño ont dénoncé le harcèlement et les menaces répétées dont sont victimes le mandataire de l'archevêché,
Romualdo Wilfrido Mayrén Pelàez, et le curé de l'église de Siete Principes, Carlos Franco Lopez, pour leur soutien humanitaire aux blessés des manifestations précédentes.

Les familles des détenus se sont organisées en comité et ont manifesté dimanche dernier dans le centre-ville d'Oaxaca pour exiger la libération des prisonniers et le retrait de la PFP d'Oaxaca, puis, certaines
d'entre elles se sont déplacées jusqu'à Nayarit, où elles ont renforcé un "planton" (occupation permanente d'un espace public) devant le palais du gouverneur de l'Etat. Les autorités pénitentiaires en charge de
l'établissement de moyenne sécurité de Nayarit refusent toujours aux familles et aux avocats d'avoir accès aux détenus pour éviter le scandale sur les méthodes qu'utilise l'Etat pour en finir avec les luttes sociales.
Peu à peu nous parviennent des témoignages et nous savons que les détenus ont été cruellement torturés plusieurs d'entre eux ont eu les doigts brisés sous l'effet du supplice, d'autres encore ont subi des violence
sexuelles ou ont été menacés d'être tués, de disparaître sans laisser de traces.

Une fois de plus, en totale violation des traités internationaux qu'a signés le Mexique, les autorités pénitentiaires de Nayarit refusent l'attention médicale aux détenus blessés (certains sont dans un état grave et ont besoin d'attention médicale). Parmi les 141 détenus qui ont été
déportés jusqu'à Nayarit se trouvent 3 mineurs qui ont été déclarés formellement prisonniers et incarcérés en ce lieu en absolue infraction avec les lois qui les protègent, de même que les 34 femmes détenues dans cette taule qui est un établissement exclusivement masculin. En clair, les autorités se contrefoutent des lois et des règlements qu'elles ont elles-mêmes conçus. Les trois juges du Centre fédéral de réadaptation social de Nayarit ont fixé des cautions jusqu'à 4 millions de pesos pour la libération des prisonniers qui ont été accusés, sans investigation sérieuse sur leur culpabilité, de sédition, d'association de malfaiteurs, incendie, etc., des charges qui peuvent entraîner jusqu'à vingt ans de condamnation...*

La persécution la plus brutale, la torture, la fabrication de délits,
l'emprisonnement, les disparitions, les meurtres comme réponses aux expressions de mécontentement, l'impunité et la protection aux répresseurs et aux assassins.

Si on te frappe tend l'autre joue... En début de semaine, à l'initiative de
l'artiste bien connu Francisco Toledo, des écrivains, des intellectuels, des
journalistes, des défenseurs des droits humains, des avocats et des représentants de l'Eglise catholique ont créé le Comité de libération 25 Novembre, qui se propose d'aider à la libération des prisonniers qui n'auraient pas commis d'acte de vandalisme, et qui n'auraient pas agressé les forces de l'ordre...

Lundi soir, à Mexico, quelques heures après que l'APPO eut annoncé que se tiendrait le lendemain le premier contact avec le gouvernement de Calderon par l'intermédiaire du tout nouveau secrétariat du gouvernement**, quatre conseillers de l'APPO ont été appréhendés en sortant d'une réunion (Flavio Sosa, son frère Horacio, Ignacio Gracia Maldonado et Marcelino Coache Verano, porte-parole de l'APPO et secrétaire général du syndicat indépendant du conseil municipal d'Oaxaca). Flavio Sosa, que les médias persistent à présenter comme le "dirigeant" ou le "leader" de l'APPO, a déclaré faire parti du PRD (quelques jours auparavant, on pouvait lire, dans une interview qu'il avait donnée, qu'il regrettait d'avoir démissionné de ce parti pour soutenir
Fox durant la campagne présidentielle de 2000). Le message que fait passer le gouvernement avec l'arrestation des quatre conseillers de l'APPO qui étaient venus pour négocier est qu'il se sent suffisamment fort et qu'il réglera les problèmes sociaux et les protestations populaires en les criminalisant, en les réprimant, et en persécutant tous ceux qui n'adhéreront pas aux projets néolibéraux du pouvoir.

Le leitmotiv du gouvernement et de ses amphitryons résonne comme une menace : "Rien ni personne au-dessus des lois" (sauf pour eux-mêmes, leurs complices et leurs chiens de garde, bien entendu).

Oaxaca est un laboratoire d'expérimentation répressive dont les résultats pourront être étendus au reste du pays si besoin est.

Bon, et bien voila... je suis bien conscient que je vous ai dressé un bien sombre et déprimant tableau de la situation. Mais il est bien certain que les gens ici ne se sont pas soumis à l'ordre fascistoïde qui s'est
imposé impitoyablement ; de plus, les problèmes de fond, sociaux et politiques, ne sont pas résolus et les revendications demeurent.

Dimanche prochain (le 10) une énième mégamarche est prévue pour exiger la destitution du despote, la libération des prisonniers, la réapparition des
disparus, l'annulation des ordres d'appréhension et le retrait de la PFP de Oaxaca.
On y attend plusieurs centaines de milliers de personnes.

ATENCO, OAXACA,
NOUS TOUTES, NOUS TOUS !

A bientôt
M, Oaxaca, vendredi 8 décembre 2006


* Aux dernières nouvelles : les autorités pénitentiaires de Nayarit obligent les familles à signer un document dans lequel elles s'engageraient à retourner à Oaxaca après avoir visité leurs proches détenus (138 à ce jour).

** Le nouveau titulaire du poste est l'ancien gouverneur de Jalisco Francisco Ramirez Acuña, qui s'était fait remarquer durant le troisième sommet des chefs d'Etat et de gouvernement d'Amérique latine, Caraïbes et Union européenne, à Guadalajara en mai 2004, pour son zèle à réprimer les altermondialistes qui protestaient (détentions arbitraires, tortures, jugements injustes... certains sont encore en taule plus de deux ans après...).


[ texte diffusé sur la mailing liste [cspcl] - http://cspcl.ouvaton.org ]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Oaxaca, le 10 décembre à 10 heures...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» WWE TLC - 13 décembre 2009 (Résultats)
» "Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! ..."{Frédérick & Milena}
» sonnet de felix arvers ( mes heures perdues)
» Sacrements, Pastorale, Confessions à toute heures, Bureau de Gwendoline Von Wittelsbach.
» L'arnaque des heures supps défiscalisées

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bolet Satan et Compagnie... :: Tout ce qui vous passe par la tête...ou même ailleurs...-
Sauter vers: