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 A propos d'excision...

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Date d'inscription : 06/09/2005

MessageSujet: A propos d'excision...   Jeu 7 Déc - 15:36

Excision



Fait culturel à l’évidence, les mutilations génitales des femmes doivent-elles

pour autant perdurer ? Douleurs atroces, risques vitaux le combat d’Africaines, de politiques, des ONG suffira t-il à faire cesser ces pratiques ? Pensons éducation plutôt qu’anathème…



Aujourd’hui en Afrique et en Europe, des voix de femmes s’élèvent pour dénoncer les mutilations génitales qui sont encore pratiquées sur des nourrissons, des fillettes et des femmes. Ces voix, ce sont celles de quelques femmes qui s’élèvent, de l’Afrique de l’Ouest à la corne de l’Afrique ainsi que de certaines communautés d’immigrés résidant en Europe ; pas moins de vingt pays africains pratiquent ces mutilations.

Ces femmes restent attachées à leur héritage et à leur identité, mais sont prêtes à les remettre en question dès lors que ces pratiques traditionnelles mettent en danger leur vie et menacent leur santé. Les Africaines luttent depuis des années contre ces mutilations afin qu’elles soient abolies. En vain !



Mais, qu’entendons-nous par mutilations génitales féminines, plus couramment appelées « excisions ».

On distingue trois formes :



le sunna : il s’agit de l’excision du capuchon du clitoris. Cette opération, la plus bénigne, est

pratiquée dans la péninsule arabique et en Afrique.



l’excision proprement dite, encore appelée clitoridectomie, est l’ablation du clitoris. On y ajoute celle des petites lèvres et généralement la paroi interne des grandes lèvres.



l’infibulation : après l’excision complète, la paroi interne des grandes lèvres est suturée presque entièrement à l’aide de fils de catgut ou autre, ou encore au moyen d’épines d’acacia de 4 centimètres environ, exception faite d’un minuscule orifice destiné à laisser passer le sang des menstrues et les urines.

Il s’agit de la forme la plus extrême de mutilation pratiquée sur des fillettes de 4 à 8 ans, et

quelques 80% des femmes y sont encore soumises. Cette dernière opération a par la suite des

conséquences très graves, tant au point de vue des infections rénales que génitales et sexuelles.

Ce traitement est infligé, bon an mal an, à quelques deux millions de fillettes ou de jeunes filles en Égypte.

L’origine des mutilations sexuelles est incertaine, mais sa grande ancienneté est un fait

établi. Elle est généralement admise comme antérieure à l’Islam et daterait, dans les pays où ces mutilations sont pratiquées, d’avant la propagation de cette religion. D’ailleurs, dans les vingt-six pays d’Afrique où elles existent actuellement sous différentes formes, elles touchent aussi bien des populations musulmanes qu’animistes, catholiques, coptes, voire juives.

Fait culturel à l’évidence !

Dans de nombreuses cosmogonies africaines, l’homme et la femme partagent une nature

bisexuée commune, incarnée chez la femme par le clitoris et chez l’homme par le prépuce. Pour que la femme acquière sa vraie nature féminine et sa fécondité, elle doit se débarrasser du complément virilisant qu’est le clitoris, tout comme l’homme doit se débarrasser du prépuce pour être pleinement viril.

Identité et sentiment d’appartenance, procédure de différenciation des rôles et des acteurs sociaux sont à l’oeuvre, mais c’est aussi un legs de sociétés patriarcales veillant jalousement à conserver à la femme le rôle unique de procréatrice qui lui est assigné.

L’excision sous ses différentes formes rendent une jeune fille, dont la chasteté a été préservée,

« bonne à marier ». Soit dit en passant, elle serait dûe à la grande peur des hommes face à la

présumée nature hypersexuelle de la femme, la nécessité de prévenir (à défaut de les satisfaire) les débordements de ses désirs qui risqueraient de nuire à l’ordre social.

Les « on dit » dénotent un tissu de croyances ancré dans les esprits, un habillage global d’une

pratique répressive. Les risques sont pour les jeunes filles non excisées sont l’exclusion du groupe, une sorte de mort sociale. Une pression terrible, intolérable, mal vécue par les femmes quand on connaît le mode de vie « en clan » des familles en milieu tribal.

Selon les ethnies, la cérémonie est pratiquée dans une fourchette d’âge allant de quelques jours après la naissance, dans certaines régions d’Éthiopie, à sept ans, en Égypte et au Soudan, jusqu’à l’adolescence dans l’Afrique de l’Ouest.

Que ce soit collectivement au cours d’un rite initiatique, ou dans l’intimité familiale, l’instrument utilisé partout est la lame Gillette, parfois les ciseaux lorsque c’est une infirmière qui excise.

Pratiquée sans anesthésie, l’opération, en particulier l’infibulation, est cause de douleurs atroces.

Pourtant, affirme Claire Brisset, journaliste, membre d’Amnesty, il s’agit de prendre position et d’affirmer « c’est de la torture » ou bien « ce n’est pas de la torture ». Ceci pour répondre à

certains qui lui suggéraient de prendre position. Et elle de dire : « la torture est faite pour faire

souffrir quelqu’un, pour punir par pure cruauté, sadisme, etc. On n’est pas dans ce cas de figure puisque les femmes (et je ne suis pas en train de défendre la pratique) excisent les petites filles ou les font exciser pour …leur faire du bien, pour les intégrer au groupe où elles devront vivre quand elles seront grandes. Assimiler ces pratiques à la torture, c’est plus qu’une faute, c’est une insulte à ces populations qui croient que c’est bon pour leurs enfants. Cela dit, il faut que ça disparaisse. »

Les premières tentatives d’abolition de ces pratiques remontent à la fin du XIXe siècle et se sont soldées par des échecs, quand ce ne fut pas par des révoltes. La plus sanglante fut sans doute celle des MauMau vers 1930 au Kenya.

Aujourd’hui, certains États dénoncent ou interdisent l’excision. C’est le cas du Soudan où une loi datant de 1946 interdit de mutiler délibérément les organes génitaux externes de la femme, mais elle exclut l’ablation du clitoris du champ de l’infraction. Résultat : l’excision a continué d’être pratiquée clandestinement. L’Égypte s’est dotée en 1978 d’une loi prohibant les circoncisons féminines dans les services de santé publique. Une décision analogue a été adoptée au Kenya en septembre 1982. Le pays le plus radical a été sans conteste le Burkina Faso qui, avec des résultats notables, a dénoncé l’excision comme « une tentative d’inférioriser la femme en lui faisant porter la marque qui la diminue. »

Mais il a fallu attendre 1991 pour qu’ait lieu un premier séminaire des Nations Unies à

Ouagadougou au Burkina Faso ; depuis, plusieurs autres ont suivi et l’OMS a pris position.

L’Unicef, très impliqué, travaille sur le terrain, et pourtant, le fléau ne recule pas ou si peu !

Raisons culturelles, mais aussi économiques, car les exciseuses sont rémunérées en espèces et

en nature, et elles jouissent du silence complice et intéressé des hommes. Ces femmes, qui

perpétuent la coutume, bénéficient d’un statut social élevé. Elles font partie de la caste des

forgerons et, dans certaines régions, le « métier » se transmet de mère en fille ; la survie de la

famille en dépend. Autrefois symbolique, la rémunération a augmenté de manière significative.

Le cas de figure est différent lorsque le personnel médical, pour des raisons essentiellement

pécuniaires, tend à se substituer aux matrones. Dans ce cas, disons que la tradition a bon dos…

D’autre part, si les autorités religieuses protestantes mettent toute leur influence dans la lutte

contre l’excision au niveau le plus haut, l’Église catholique, elle, garde un silence

« assourdissant ». Il en est de même pour l’Église copte orthodoxe en Égypte et en Éthiopie.

Tandis que les nouveaux « cavaliers d’Allah » incitent à son maintien en lui donnant un fondement religieux.

Rien dans le Coran, pas plus que dans la Bible, n’oblige la femme à être excisée. Et pourtant,

certains imams prétendent haut et fort que, de même qu’un homme ne peut s’affirmer musulman s’il n’a pas été circoncis, le fait de retirer son clitoris à la petite fille correspond à une épreuve initiatique : il s’agit d’une sorte de préparation à son futur statut de femme et d’épouse. Dans la mesure où, pour les adeptes de la clitoridectomie, le clitoris est considéré comme un organe agressif, l’opération vise à préserver la chasteté de l’opérée ; de plus, une femme non excisée ne serait pas en mesure d’accoucher !

Au delà des fractures culturelles et économiques, ce sujet peut receler, aux yeux des Occidentaux, une puissance de fascination ne serait-ce que par son côté horrible, et le problème de l’excision clitoridienne « travaille » les membres des diverses organisations internationales qui oeuvrent sans relâche pour la reconnaissance des Droits de la Femme et de l’Enfant.

Préservons-nous de la fascination morbide de l’acte mutilateur qui prive les femmes du plaisir

sexuel, et entraîne des conséquences pathologiques graves pour leur santé, pour envisager

comment les protéger et promouvoir leurs droits. Dans les pays où la majorité de la population est analphabète et ne peut appréhender les concepts qui véhiculent les droits fondamentaux de l’Homme, la répression n’est guère envisageable car elle n’aboutirait souvent qu’au passage à la clandestinité avec l’appui des autorités coutumières et religieuses.

Pensons action sur la santé et les risques plutôt que sur le droit à une libre sexualité.

Pensons éducation plutôt qu’anathème…et plus particulièrement éducation des femmes.

En Afrique, il y a deux fois moins de petites filles scolarisées que de petits garçons. Quand une femme sait lire et écrire, elle est aussi accessible à de nouveaux modes de raisonnements.

Scolariser les filles, c’est la base, mais cela ne saurait suffire, car une femme adulte est

parfaitement libre de se soumettre à un rituel ou à une tradition. Pas une fillette.

Il faut des volontés politiques, un effort international, une sensibilisation des États, des autorités religieuses et l’appui aux groupes de femmes qui s’organisent ça et là. C’est le cas du Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres du monde, le moins alphabétisé, qui a pris le problème à bras le corps et qui se bat contre l’excision.

Et nous, Occidentaux, que faisons-nous ? Il est bien difficile d’adopter une attitude juste face à ce problème qui révolte et qui va a l’encontre de notre façon de penser et de sentir.

Ne risquons-nous pas en effet d’être taxés de paternalisme et accusés de détruire une culture au nom de nos propres idéaux ? La voie est étroite entre dénoncer un rite dégradant pour la femme et éviter de condamner une autre façon de concevoir les relations entre sexes, même si, à l’évidence, ils sont condamnables.

Heureusement interviennent les organisations de défense des Droits de la femme et de l’enfant

dont Amnesty International se fait le porte-parole.

Il faudrait aborder le problème de l’excision par une approche médicale dont le point de départ serait de distinguer entre la circoncision masculine peu ou pas mutilante (selon les avis) et les mutilations génitales subies par les femmes, beaucoup plus graves, notamment dans le cas extrême de l’infibulation. Il s’agirait de ne pas s’attaquer frontalement à des rituels cruels qui ne sont cependant pas vécus comme inhumains et dégradants puisque initiatiques, mais de les aborder à travers leurs seules conséquences sanitaires. Ce serait ainsi suivre, tant l’OMS que certains gouvernements africains. Il en découlerait alors une vision juridique de défense de l’intégrité du corps des femmes, parce qu’enfin la déclinaison des Droits de l’Homme est l’objet d’un combat inachevé pour lequel beaucoup reste à faire.





En provenance du site du Droit Humain :

http://www.droithumain-france.org/?pg=excision

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