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 Oaxaca, manifestation internet permanente

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éTOc

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MessageSujet: Oaxaca, manifestation internet permanente   Lun 27 Nov - 11:20

manifestation internet permanente contre Fox Abascal et Uro
cette fois ci les massacres les viols de la pfp les tortures les disparitions les assassinats contre le peuple de Oaxaca ca suffit

Oaxaca appel a une manifestation internet permanent contre le Pan Vicente Fox et Abascal

Nous savons tous ici que le premier décembre le fasciste Vicente Fox passera son pouvoir a un autre fasciste nommé Calderon

Nous savons tous-tes ici que Vicente Fox Calderon Abascal et le boucher tueur violeur pilleur du peuple de Oaxaca Ullises Ruiz Ortiz vont faire monter la répression a un degré jamais atteint contre le peuple de la commune libre de Oaxaca, que ces porcs fascistes feront tout pour faire de la ville un bain de sang pire encore que ceux de Atenco et de Montes Azul le tout avec la complicité évidente de l'empire yankee et de la communauté européenne

Voici les adresses des porcs fasciste qui assassinent, font violer les femmes , font disparaître les gens , font torturer, tabasser , gazer , tuer les Oaxacenos-as

Bombardons ces porcs fascistes que sont Vicente fox Calderon et Abascal le sarkozy mexicain a coups d'emails de coups de téléphones de fax

Pas la peine d'écrire de long discours

Inscrivez simplement sur vos message

Pan Vicente Fox Calderon Abascal Puercos Assasinos del pueblo de Oaxaca

Adresses du gouvernement fasciste mexicain Lic. Vicente Fox Quesada Presidente Constitucional de Mexico Residencia Oficial de los pinos - Casa Miguel Alemán Col. San Miguel Chapultepec 11850, Distritio Federal México

Teléfono : (+52) 55 50911100 Fax : (+52) 55 52772376 Correo electronico

vicente.fox.quesada@presidencia.gob.mx Lic. Carlos Abascal Carranza Secretario de Gobernación Bucareli No. 99 1er piso Col. Juárez México D.F.

Tel : (+52) 55 51280000

Fax : (+52) 55 50933414

Email

cabascal@segob.gob.mx











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MessageSujet: Re: Oaxaca, manifestation internet permanente   Lun 27 Nov - 14:24

Harcellement commencé pour ma part.
Merci Compagnon!
Biz. frat.
Véro
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éTOc

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MessageSujet: Re: Oaxaca, manifestation internet permanente   Lun 27 Nov - 18:15

merci pour eux véro !

à faire tourner bien sûr !


fraternité,
christian,
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éTOc

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MessageSujet: situation à Oaxaca...(le 25/26 novembre)   Lun 27 Nov - 18:17

Mexique : Réalité complexe

lu sur http://liege.indymedia.org/news/2006/11/13529.php

Par Marc de la fôret,

La situation mexicaine

Salut à tous,

Voilà déjà un mois que je traîne mes souliers par ici, dans la poussière des manifestations, des marches ou celle des champs de bataille.

Tout va très vite et souvent, on n'est pas vraiment maître de son temps qui défile rapidement.

La réalité mexicaine est toujours complexe et il faut toujours un peu de temps et de recul pour saisir ce qu'il se passe vraiment et ce qui est en jeu.

En ce moment à Oaxaca, malgré l'apparition du froid, il y a des manifestations quotidiennement et se maintient, malgré la pression venant de tous côtés, la barricade de "Cinco Señores". Hier, ont réapparu en taule et salement amochés les deux jeunes de la barricade qui avaient été arrêtés la veille sur place. Leurs corps portent encore les marques des tortures subies et des nombreux impacts des balles en caoutchouc. Le gouvernement de l'Etat, avec l'aide de la police fédérale préventive et de ses propres groupes de paramilitaires entame une véritable guerre de basse intensité (arrestations, tortures et passage à tabac systématiques, disparitions, fusillades... 17 morts jusqu'à présent) contre le mouvement de l'APPO et contre ceux qui forment une partie importante et radicale du mouvement, à savoir : les jeunes et les habitants des quartiers populaires. Les rapports ou les dénonciations des diverses organisations des droits de l'homme restent lettre morte. Les assassins et les hommes de main à la solde d'Ulises Ruiz agissent en totale impunité.

Il semble que la situation sur place n'évoluera guère jusqu'à la prise de fonction de Calderon (le futur président), le 1er décembre. La suite est à craindre... Celui-ci a déjà prévenu qu'il ne permettra pas que l'ordre soit troublé, qu'il appliquera toute la force de la loi et qu'il en coûtera des vies humaines...

En attendant, une grande marche est prévu samedi prochain (demain). Hier soir, une réunion entre colonos, barricadas et des représentants du conseil de l'APPO avait lieu à l'université, à deux pas de la barricade de "la Victoria" ( dernière dénomination de la Barricade de Cinco Señores après "la Muerte"). Il s'agissait de discuter afin d'organiser la prochaine manifestation dans de bonnes conditions... Les conseillers de l'APPO ont fait part à la petite assemblée d'un dialogue avec les autorités (secrétaire d'Etat, commandant de la Police fédérale préventive...) qui eut lieu la nuit précédente. De nouveau, l'APPO, lors de ce dialogue avec les autorités, a réitéré ses exigences : liberté pour les prisonniers (60 ?), élimination des ordres d'appréhension (plus de 200), réapparition des disparus(une trentaine), changement des autorités de l'Etat, que cesse le brouillage intempestif de la radio "Universidad" et que, dans le même temps soit bloqué le signal de la radio pirate "mapache" qui soutient grossièrement le tyran et appelle au meurtre de certain membres de l'APPO. En fait, lors de ce dialogue avec les autorités, il fut surtout question de la marche de samedi. Les flics de la PFP ont proposé de se retirer du zocalo le temps d'un meeting pour le réoccuper ensuite et que, si tout se passe bien (s'il n'y a pas d'affrontement), ils envisageraient de se retirer définitivement. Donc, du point de vue de certains conseillers de l'APPO, il était surtout question d'organiser, de structurer, "¡Todo el poder al pueblo organisado !"... Tout le monde ne voyait pas les choses ainsi, et rapidement a été exprimé le fait qu'il n'y avait rien à attendre d'un pacte avec les flics, qu'ils pouvaient partir avant le samedi s'ils craignaient des affrontements, et que, s'ils quittent le zocalo, c'est surtout pour la bonnes marche des affaires des hôteliers qui, après avoir ardemment exigé l'entrée de la PFP, réclament maintenant qu'elle se retire du zocalo transformé en caserne depuis le début du mois. De plus, il est certain que la police ne se retirera pas définitivement d'Oaxaca mais se redéploiera dans les quartiers populaires de la périphérie.

D'une manière plus générale, il y eut pas mal d'interventions : notamment signalant que le mouvement est pacifique mais se défend et se défendra comme il se doit... Qu'il n'y avait que deux voies, celle du dialogue ou celle des armes, mais que le mouvement n'en possédant pas, alors logiquement s'imposait la voie du dialogue. Il y eut la proposition de récupérer des espaces publics, leur donner vie et alegria, des endroits pour se rencontrer, s'écouter et faire la fête... renforcer et reconstruire les barricades avec la même idée d'en faire des lieu de rencontres et de convivialité... de construire, dans les quartiers, l'autonomie... Toujours les mêmes parlaient de donner des structures aux colonies et aux barricades, de créer et coordonner des groupes d'autodéfense et d'inviter à une nouvelle réunion de colonos y barricadas.

Des batailles avec la PFP, je garde le souvenir du courage certain des jeunes en première ligne, des blessés, du feu, des pierres, de la rage, des barricades qui s'improvisent à la hâte de bric et de broc, de l'imagination et de l'esprit d'initiative des insurgés. Je me rappelle des gamins qui passaient dans la foule proposant des masques (certains cousus à la main) pour se protéger du gaz que les flics lançaient, des femmes passant avec des seaux remplis d'un mélange eau et vinaigre pour en atténuer les effets toxiques ou chargées de grandes bouteilles de Coca pour calmer les yeux aveuglés qui brûlent, de ces mères de famille, "amas de casa", qui apportent chaque jour dans de hautes marmites à manger sur les barricades. Milles souvenirs chaleureux. Et bien sûr je me souviens très bien de l'allégresse communicative de la rue après la victoire sur les flics ce 2 novembre à Cinco Señores.

Bon, il y a encore plein de chose a raconter... et malgré les vieilles manières de faire de la politique d'un grand nombre des adhérents de l'APPO, qui cherchent en premier lieu leur propre intérêt, celui de leur parti ou de leur groupe, il y a du sang nouveau qui circule et beaucoup de lucidité sur toutes les manœuvres et autres tentatives de manipulation qui s'exercent et qui ne passent finalement pas. Il est certain qu'il faut encore un peu de temps avant de savoir vraiment qui de ces deux forces l'emportera vraiment dans l'APPO. Les communautés avec l'idée du "commander en obéissant", de la révocation des mandats allié à l'esprit rebelle et radical des jeunes et des colonos des quartiers populaires contre les "degauches" qui se rêvent déjà au pouvoir... La suite des événements nous permettra rapidement de le savoir.

Bon, nous en somme là pour le moment et c'est déjà samedi... Nous nous préparons doucement afin de rejoindre la marche quand elle passera par l'entrée de la ville pour rejoindre le zocalo.

J'espère que de votre côté tout va bien. Donnez donc des nouvelles.

A bientôt. M, le 25 novembre 2006.

Le samedi 25 novembre, au 188e jour de conflit, la mégamarche est arrivée dans le centre-ville après 15 kilomètres dans les pattes, elle était bien différente des précédentes et paraissait plus grave, après avoir tenté d'encercler le zocalo et les rues adjacentes ou s'était concentrée et fortifiée la PFP (Programa Foxista conta la Pobreza). Il était l'heure de se restaurer et chacun est resté ainsi pendant une paire d'heures sur sa position dans une ambiance assez pesante... puis, malgré les appels à ne pas céder à la provocation, à rester pacifique et organisé, sans crier gare la bagarre a éclaté. Chacun était prêt et les masques et le vinaigre ont commencé à circuler, les flics barricadés nous balançaient de leurs positions des salves de grenades lacrymogènes et bien vite un brouillard gris s'est étendu sur tout le centre. Les insurgés malgré leur nombre, leurs équipements hétéroclites, leur détermination et leur courage, n'ont pas pu faire reculer les flics et, après quelques heures d'affrontements violents, les flics ont commencé à avancer en direction de Santo Domingo où les gens se dépêchaient de se faire des munitions de pierres de toutes tailles en démolissant le parvis de la cathédrale, dans les rues à côté, et des terrasses des maisons les pierres volaient en direction des flics, des jeunes derrière de grands boucliers (des portes) avançaient en ligne au plus près du contact avec les flics afin de lancer les cocktails Molotov et autres projectiles en étant sûrs d'atteindre leur cible. Des barricades improvisées se construisaient précipitamment, des incendies s'allumaient pendant que le soir tombait. A Santo Domingo, Flavio Sosa (un "leader" de l'APPO, complètement compromis au jeu politique, celui-là même qui en appelle au pape) exhortait les gens à cesser les combats, la réponse de la foule a été claire : "Tire-toi, fils de pute, ou commence à te battre !", "C'est le peuple qui commande !" Alors qu'il quittait la place, il déclara la situation incontrôlable aux journalistes présents...

L'offensive des flics se fit encore plus brutale à l'approche de Santo Domingo. Au poste de secours improvisé du IAGO (la bibliothèque de Toledo) arrivaient de nombreux blessés ou intoxiqués en même temps que des gens inquiets et désespérés de ne pas retrouver des membres de leur famille. Nous avons dû quitter Santo Domingo devant l'hallali des chiens et trouver refuge dans une maison à proximité. De là, nous pouvions observer la rue et apercevoir au loin, dans la nuit, de grandes colonnes de volutes éclairées par l'incendie des bâtiments au dessous.

Après un court répit, les flics ont repris leurs basses œuvres en ouvrant la chasse aux attroupements épars. De là où nous étions, nous avons pu observer d'assez près la sauvagerie sans limite de ces chiens : un jeune au volant d'une "pipa" (un camion-citerne qui transporte de l'eau) s'est retrouvé, à un carrefour, nez à nez avec les flics qui venaient d'une rue perpendiculaire. Il s'est enfermé dans le camion pour ne pas se faire défoncer la gueule, les flics ont tiré une cartouche de gaz à travers le pare-brise du camion qui s'est arrêté et ont poursuivi leur chemin. L'épaisse fumée sortait de tous les orifices de la cabine, les flics étaient partout dans la rue et personne n'a pu porter secours au chauffeur qui est resté, certainement inconscient, un bon quart d'heure dans cette chambre à gaz. Les flics, au retour, ont mis un masque à gaz, l'un d'eux a pris la place du chauffeur et ils sont repartis avec le camion et le jeune toujours dedans...

A ce stade, la répression de la manifestation a fait au moins une quarantaine de blessés, plus de cent arrestations, pour l'instant nous ne connaissons pas le nombre exact de disparus (certainement plusieurs dizaines) et on parle de quatre morts. Les flics ont tiré des balles en caoutchouc et, par moment, à balles réelles. Une bonne partie de la nuit, des convois de la PFP ont sillonné les rue de la ville à la recherche d'irréductibles. Il y a de nombreux témoignages dans les journaux de ce matin, sans parler des nombreuses photos qui illustrent la cruauté et la sauvagerie répressive. De leur côté, les insurgés ont mis le feu au tribunal supérieur de la justice, aux bureaux des jugements fédéraux, au secrétariat du tourisme, à l'association des hôtels et motels, à l'entrée de l'hôtel de luxe "Cuatro Caminos", une partie du théâtre Juarez a également souffert des flammes à cause de sa proximité avec un des bâtiments publics, sans parler des dizaines de véhicules qui illuminaient la nuit...

Aujourd'hui, dimanche, de bonne heure, en sortant de la maison où nous avions été hébergés pour la nuit, je suis retourné faire un petit tour du côté de Santo Domingo, où les équipes de la municipalité s'affairaient à effacer toutes traces des évènements qui avaient eu lieu. Il me semble, vu les moyens déployés, que les autorités officielles ne permettront pas que les gens réoccupent l'endroit... à voir... J'ai voulu aller jusqu'à la grand-place du Llano, prendre quelques photos des bâtiments d'où je voyais, la veille, les hautes colonnes de fumée montées paisiblement vers le ciel en se rejoignant dans la nuit. Sur place, je suis tombé sur un convoi de la PFP qui descendait la rue, j'ai traversé le parc en admirant de loin la belle œuvre, un autre convoi montait en sens inverse... Je ne suis pas resté, je n'ai pas fait mes photos. J'ai continué mon chemin comme un touriste égaré en appréciant les rayons du soleil qui me chauffaient les os.

Cet après-midi pendant que j'écrivais ce petit récit, nous entendions le survol d'un hélicoptère sur la ville...

A bientôt. M, le 26 novembre 2006
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MessageSujet: Re: Oaxaca, manifestation internet permanente   Mar 28 Nov - 0:34

Et je rajoute ton rajout d'ailleurs, eToc,

une nouvelle adresse où envoyer à nouveau ce message:
Pan Vicente Fox Calderon Abascal Puercos Assasinos del pueblo de Oaxaca


à l'ambassade du Méxique en France

Fax : 01 47 55 65 29

email: embfrancia@sre.gob.mx


bien frat.
Véro
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MessageSujet: Re: Oaxaca, manifestation internet permanente   Mar 28 Nov - 1:01

Objet : [cspcl] Oaxaca, le 26 novembre 2006
Répondre à : cspcl_l@samizdat.net


Bien le bonjour,

Nous sommes le samedi matin et nous nous préparons à aller à la
manifestation, le point de départ, Santa María Coyotepec, se trouve à
plus de quinze kilomètres de la ville, cela en fait hésiter plus d'un et plus
d'une autour de moi, quinze kilomètres à pieds sous le soleil de
Satan, il y de quoi hésiter en effet. Le tyranneau a pris soin de construire le
nouveau et luxueux palais du gouvernement loin de la ville et de ses
turbulences. Avec Calderón, le futur président du Mexique, qui va
prendre possession du pouvoir à San Lázaro derrière des murailles d'acier
élevées tout autour du bâtiment législatif et dans un quartier encerclé depuis
plusieurs jours par les policiers et les militaires, ce sont les images
les plus délirantes et tordues de la science-fiction qui deviennent
réalité. La manifestation doit se terminer par un encerclement effectif
des forces d'occupation qui se trouvent sur le zócalo pendant 48 heures.

Nous sommes allés voir les jeunes qui tiennent la barricade de Cinco
Señores. El Cholo et el Conejo, ainsi qu'un troisième barricadier,
ont été faits prisonniers par un commando de la police ministérielle soutenue
par la police fédérale préventive, ils ont été salement tabassés et torturés
avant de se trouver derrière les barreaux sous des inculpations
grotesques, comme tentative d'homicide, mais qui peuvent leur coûter
cher.
Les gens de la barricade avaient retiré, sous la pression semble-il du
Conseil, certains véhicules pour "libérer le passage", ils ont libéré le
passage au commando, finalement. Cela sent la provocation à plein nez.
Deux réunions ont eu lieu avec les colonies pour parler de la
manifestation et de l'idée de l'encerclement des forces militaires.
L'intervention de celle qui est la porte-parole au sein du Conseil de la
barricade Los Cinco Señores a été très intéressante : "Il faut être
clair sur les buts, chacun, que ce soit l'Etat ou l'APPO, fait valoir sa
scénographie, la mise en spectacle de la confrontation, par exemple,
ou du dialogue, par contre, l'intention reste confuse et floue, on ne poursuit
pas un objectif précis et immédiat ou, du moins, explicite, on se
contente d'une mise en scène."

Notre première inquiétude au sujet de l'isolement de la barricade Cinco
Señores s'est dissipée au vu de ces réunions, les gens venus des
barricades comme Brenamiel, Calicanto, et des colonies se sont reconnus
sur des points de vue très proches. Les "dirigeants", du moins ceux qui
aimeraient bien être reconnus comme dirigeants, craignent la réaction
des quartiers et des barricades, c'est un monde qu'ils ne peuvent contrôler.
Dialogue de sourd ? Quoi qu'il en soit, il y a là comme un hiatus qui
affaiblit le mouvement. Les habitants des quartiers par exemple ne
veulent pas entendre parler de dialogue ou de négociation avec le gouvernement
central ni avec les commandants de la Police fédérale préventive. Ils
veulent chasser les flics du Zócalo, or l'APPO a perdu une bonne
opportunité de le faire, le 2 novembre, quand les porcs ont dû battre en
retraite après la bataille de l'université. Ce souhait est-il réalisable
ou non ? S'il est réalisable, donnons-nous les moyens de le réaliser,
s'il ne l'est pas à quoi rime la manifestation et cette idée d'encerclement ?
Deux réunions ont été nécessaires pour ne pas répondre à cette question.

Je reprends cette chronique ce dimanche matin avec des sentiments
mêlés et contradictoires dus au relâchement après les moments intenses de cette
nuit insurrectionnelle. Tôt ce matin, des équipes de balayeurs tentaient
d'effacer toute trace de l'émeute de la veille, des peintres
recouvraient avec de la peinture blanche les slogans, des camions-bennes
enlevaient les restes des barricades, en vain. Comment gommer les six immeubles,
dont le
Tribunal supérieur de justice, La Chambre des hôtels et motels, le
ministère des Relations extérieures, qui ont été incendiés ? Des
flics en
civil rôdent, mêlés aux bourgeois, dans les rues autour du Zócalo et des
patrouilles composées de quatre à cinq camionnettes remplies jusqu'à la
gueule de flics en tenue anti-émeute tournent les unes derrière les
autres
dans les rues adjacentes. Beaucoup de gens ont été appréhendés, on parle
d'une centaine de disparus, d'autres ont pu trouver refuge, ce fut notre
cas, dans des maisons amies. Ce ne fut pas une émeute, ce fut le premier
pas d'une insurrection. A la jubilation de voir dans la nuit Oaxaca en
flammes se mêle le goût amer des massacres et assassinats perpétrés par
les forces de l'ordre.

Nous avons rejoint la marche à mi-parcours, beaucoup de monde mais moins
de monde que lors de la grande marche du dimanche 5 novembre, moins de
slogans, absence des peuples indiens de la Sierra, qui devaient
venir, des participants plus tendus, aussi. La rumeur avait couru qu'il allait y
avoir des affrontements, que des francs-tireurs embusqués tireraient sur
la foule, ou que des commandos de paramilitaires interviendraient, c'est
Ulises Ruiz qui était à l'origine de ces rumeurs en laissant entendre
qu'il ne contrôlait pas la situation (comme s'il l'avait contrôlée un
jour !), cela signifiait en fait qu'il laissait carte blanche à ses
tueurs. La marche sous le soleil de midi s'est déroulée sans
incidents. A 3 heures et demie, nous étions au centre-ville et les gens ont envahi
les rues qui mènent au Zócalo, foule bigarrée, assez silencieuse, fatiguée
aussi par cette longue marche. Temps d'orage, mais nous ne savions
pas si l'orage allait éclaté ou non. Une longue file s'est formée où l'on
distribuait de la nourriture, riz et haricots noirs, et puis rien,
quelques groupes descendaient bien les rues pour aller défier la Police
fédérale préventive, mais sans trop de conviction, celle-ci était bien
protégée derrière des murailles d'acier, le Zócalo était devenu une
place forte, à mon sens, imprenable.

Et puis comme un premier éclair, des gamins qui descendent la rue en
courant avec un cadi rempli de caillasses, des femmes sur le parvis de
l'église les encouragent à grands cris tout en leur demandant de ne pas
céder à la provocation. Des pierres partent dans tous les sens, des
fusées zigzaguent et éclatent, les cloches de l'église se mettent à sonner le
tocsin, on arrache des palissades pour former des barricades, on
monte sur la terrasse du bâtiment en construction, des brigades de secours se
forment avec coca, eau et vinaigre, des masques de tampax imbibés de
vinaigre sont proposés aux combattants, les rues se remplissent de
tonnerre et de fumée, l'orage. Il est 4 h 30 de l'après-midi,
l'offensive, on se jette à corps perdu contre la place forte en espérant la faire
fléchir. Le parvis de Santo Domingo est devenu une carrière à
fabriquer du caillou, tous s'activent.

La horde sauvage, la horde de la dignité, face à l'armée de l'ordre,
retranchée, bien protégée et supérieurement armée, la place ne cède pas,
un espoir, pourtant, dans une rue parallèle, les forces armées, moins
bien protégées auraient montré des signes de faiblesse, nous nous y lançons,
défiant les grenades de gaz, nous avons des bus à notre disposition,
nous
en manouvrons un et nous avançons derrière ce tank improvisé, en
vain, les grenades pleuvent de tous les côtés le bus devient alors une barricade
derrière laquelle seuls ceux qui ont des masques à gaz peuvent encore
résister. Mais l'idée était bonne et nous la renouvelons de l'autre
côté, pour le même résultat. C'est alors que se déclanche la contre-attaque,
elle nous a surpris et malgré une résistance acharnée, nous nous rendons
vite compte que nos positions sont indéfendables : nous nous replions en
vitesse vers la place de Santo Domingo sous une grêle de grenades
lacrymogènes.

Un court moment de répit, on repart à l'assaut et puis tout se passe
très vite après quatre heures de combat, c'est le soir maintenant. Une des
filles est intoxiquée par les gaz, tout le centre-ville est devenu
irrespirable, nous la conduisons à un poste de secours improvisé dans la
bibliothèque publique du peintre Toledo, nous la laissons à
l'intérieur et nous nous replions vers les rues perpendiculaires, des bataillons de
choc de la police fédérale avancent derrière leurs tanks, nous avons juste le
temps de passer. Nous allons faire un tour du côté des associations des
droits humains pour rendre compte de la situation, mais surtout pour
respirer.

Nous y restons peu de temps, il faut récupérer la copine, un repli des
forces de police nous permet de revenir vers Santo Domingo, la copine
n'est plus dans le poste de secours, nous la retrouverons plus tard chez
des amis, saine et sauve. Les commandos de la police fédérale entrent à
nouveau en action derrière leurs tanks, ils cherchent à prendre en
tenaille les irréductibles qui se sont regroupés un peu plus bas, nous
marchons vite, une porte amie s'ouvre, à quelques secondes près nous
étions pris et matraqués. Impuissants nous assistons à une scène
terrible, le croisement est noir de flics, les irréductibles ont pu s'échapper
mais l'un d'eux est resté prisonnier du camion qu'il conduisait, je pense
qu'il avait déjà été atteint et blessé, à la merci de la meute, qui balance
des grenades lacrymogènes dans la cabine... (C'était le vrai conducteur du
camion, je viens d'apprendre qu'il a réussi à s'échapper au dernier
moment, bien que blessé, avec l'aide des jeunes par quel miracle ? Les
chiens ont rempli de gaz une cabine vide. Ouf !)

La ville brûle, tout autour rôdent les camions de la PFP à la recherche
des derniers mohicans, beaucoup vont pouvoir se cacher dans des maisons
hospitalières, rôdent aussi les tueurs à gage d'Ulises Ruiz, nous
entendons des coups de feu, la radio signale qu'ils auraient tiré du
côté de la barricade Cinco Señores et qu'il y aurait des morts. Un commando
vêtu de noir, armé jusqu'aux dents, se trouvent dans les jardins de
l'hôpital. Sept personnes en civil, armées de révolvers, sont entrées
dans les urgences et ont menacés les personnes présentes. Le bilan est
tragique, on parle de quatre morts, le nombre de blessés est
incalculable, 149 détenus et 41 disparus. Ulises Ruiz et l'Etat fédéral entendent
profiter de la situation pour perquisitionner les habitations,
arrêter les leaders de l'APPO, et occuper militairement tout le centre
touristique et pas seulement le Zócalo ; leurs prochains objectifs seront la cité
universitaire et la barricade de Cinco Señores ; ils n'arrêteront pas le
mouvement, qui, selon mon sentiment, va se reconstituer rapidement,
c'est un simple coup de vent d'un mouvement insurrectionnel venu des
profondeurs de l'Etat d'Oaxaca. Les communautés indiennes de la Sierra Norte n'y ont
pas participé, ils se doutaient bien de ce qui allait se passer, ils ne
voulaient pas affaiblir leur force dans une escarmouche.


Oaxaca, le 26 novembre 2006.

George Lapierre

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MessageSujet: Re: Oaxaca, manifestation internet permanente   Mar 28 Nov - 20:59

~ '~ °° ? a écrit:
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Oaxaca, manifestation internet permanente
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