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 Relai : infos et analyse libertaires / Motion sur les grèves

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MessageSujet: Relai : infos et analyse libertaires / Motion sur les grèves   Jeu 19 Oct - 11:18




INFOS & ANALYSES LIBERTAIRES (revue de la CGA)


Motions : Motion sur les grèves de 24 heures

le 19/10/2006 8:41:44



Depuis des décennies nous contestons, de plus en plus nombreu-x-ses,

l’encadrement par les bureaucraties syndicales et l'utilisation politicienne

des grèves, dont l'exemple le plus évident est le recours à la grève dite

« de 24 heures », qui n'est en fait qu'un débrayage d'une durée de

7 à 8 heures, sans lendemain et le plus souvent sans succès !

Grève ou pas grève… ?

La question, bien évidemment, ne se pose pas entre faire ou ne pas faire

grève.
Le problème n’est pas non plus de savoir si une grève doit durer 24H ou

pas mais que celle-ci soit déterminée pour durer 24H avant même d’avoir

commencé et sans envisager une suite, obtention ou non des revendications.
Quelques fois même la grève de 24 heures a pu offrir au monde du travail

l’opportunité de se retrouver unie et mobilisée contre l’Etat et le capital

tout comme d’obtenir satisfaction sur des revendications précises

(principalement dans le cas de mobilisations sur un site de travail).
Ce qui est en cause ce n’est donc pas tant la durée d’une grève

(24 heures, grève reconductible, grève illimitée…) mais bien plutôt le

contenu qui la sous-tend et les objectifs réellement visés. Pour nous, la

grève est l'une des armes utilisées par les travailleuses et travailleurs pour

défendre leurs intérêts mais aussi pour construire un rapport de force face

à l’Etat et au patronat. Le refus de travail vise à contraindre le patronat à

nous restituer tout ou partie de ce qu'il nous vole mais permet aussi de

rendre lisible les causes de l’exploitation et ainsi participer à la constitution

d’un véritable rapport de force et d’un mouvement social émancipateur.

Pour les révolutionnaires, c’est la capacité à articuler revendication

immédiate et revendication de rupture. Or, l'utilisation qu'en font les

bureaucraties syndicales est souvent bien loin de ces objectifs.

L’instrumentalisation de la grève

En effet, nous assistons le plus souvent à l’encadrement des grèves

« de 24 heures », particulièrement lorsque celles-ci ont un caractère

national, par les bureaucraties syndicales souvent en lien avec les intérêts

et stratégies de partis politiques, reflétant ainsi la perte d’autonomie du

mouvement syndical par rapport à la représentation politique.
Ces grèves ont pour but de servir, même perdantes, les intérêts particuliers

et les logiques internes des bureaucraties syndicales, qui privilégient les

formes d’accompagnement du système en place, voire les logiques

électoralistes des officines politiciennes.
Les grèves « de 24 heures » sont décrétées et programmées longtemps à

l’avance, avec l’argument à la clef du délai nécessaire à une large

mobilisation. C’est une contrevérité évidente quand nous constatons que

ces grèves programmées bien à l’avance ne drainent pas systématiquement

beaucoup de monde. De plus, si cet argument peut tenir à peu prés la route

en dehors d’un mouvement social, il en est autrement alors qu’une

mobilisation est en cours (retraites, CPE,…). De même, les grèves de 24

heures telles que les bureaucraties des confédérations syndicales dites

« représentatives » nous les proposent, nous réunissent que très rarement.

On assiste le plus souvent à l’émiettement des conflits sociaux et au

« saucissonage » des luttes. Un jour c’est à la SNCF, le lendemain à EDF

ou dans l’Education, puis dans le secteur privé… alors que bien souvent

les thèmes de mobilisation sont proches, voire identiques, et qu’il pourrait

donc y avoir une convergence dans la mobilisation.
Bien sûr, dans cette logique, tout le monde perd, à des moments différents,

mais c’est clair, TOUT LE MONDE PERD ! A part les organisations

politiques ou les bureaucraties syndicales, qui leurs servent de

« marchepied », qui en retirent un bénéfice bien réel. Les premières

s’approprient une mobilisation qu’elles dirigent contre « le gouvernement

en place » et la grève apparaît alors comme le relais de l’action

parlementaire et vient servir les seuls desseins des partis politiques, de

gauches essentiellement, aux visées électoralistes. Les secondes conforte

leur existence et situation en donnant l’illusion de créer une mobilisation

et en justifiant leur rôle de « partenaire sociale » pouvant parfois hausser

le ton. Ces appels à des grèves « de 24heures » s'inscrivent dans une

stratégie qui vise à renforcer les logiques réformistes et cogestionnaires

dans les syndicats dit représentatifs, dont les orientations consiste à se

poser en situation d'interlocuteurs du pouvoir, en faisant émerger des

« spécialistes »:
- des délégué-e-s professionnel-le-s qui négocient en notre nom au niveau

de l’état, de branches professionnelles, de directions de grand groupe.
- des représentant-e-s des salarié-e-s dans les institutions européennes

(Commissions parlementaires,…) et mondiale (BIT,…) qui font du lobing

en notre nom.
Ce processus s’appuie sur les élections professionnelles, le nombre de

syndiqué-e-s et… des grèves de 24 heures qui permettent aux

bureaucraties syndicales de se poser en interlocuteurs légitimes, en

« représentants » des salariés à même de canaliser les mécontentements

ou de les laisser s'exprimer en fonction de ce que le pouvoir ou le

patronat sont prêt à lâcher.

La grève comme alternative aux logiques bureaucratiques et politiciennes

Les grèves de 24 heures aboutissent donc que très rarement à des

victoires. Il est souvent question de « temps forts », d’étapes dans la

mobilisation, de construction d’un mouvement d’ampleur etc…
Les exemples depuis le mouvement de défense des retraites en 2003

jusqu’au mouvement de février mars avril 2006 contre le CPE et la

précarité en général, ont rendu très visible les stratégies syndicales de

contrôle et d’étouffement de tout mouvement social.
Il nous faut donc envisager des alternatives à ces journées sans lendemain

qui intéressent de moins en moins de monde.
La grève reconductible peut être une première réponse car la multiplication

des journées non travaillées peut faire flancher le patron ou l’Etat en

instaurant un réel rapport de force.
La grève générale, même de 24 heures, peut elle aussi être victorieuse car

elle se caractérise par l’affrontement à un moment précis entre le Travail

et le Capital et/ou l’Etat, si bien sur elle revêt une réelle dimension

interprofessionnelle.
Les grèves tournantes peuvent dans certains secteurs offrir l’avantage de

bloquer la machine avec une petite partie d’employé-e-s en grève

journalière (en même temps)…
Offrir aussi, quand cela est possible, l’accès gratuit aux « usagers » en

réalisant du même coup deux objectifs : gêner le fonctionnement

« normal » de l’entreprise ou du service et en faire profiter l’usager !
L’arrêt de travail à des moments forts, quand il est massif et déterminé,

peut entraîner rapidement le repli de l’Etat-Patron ou de l’Entrepreneur :

périodes d’examens dans l’Education Nationale, départ en vacances pour

les sociétés d’autoroutes…
Le blocage du pays peut aussi entraîner rapidement le repli de

l’Etat-Patron ou de l’Entrepreneur : par des grèves associées à des barrages

routiers, des coupures d’électricité,…
L’objectif principal, est bien de gêner, voir paralyser l’économie et de

frapper le patronat et l’Etat là où cela leur fait le plus mal, au porte-

monnaie !

D’autres modes de contestation doivent exister. C’est à nous tous et toutes

de les inventer et d’en redécouvrir. Nous devons dépasser les actions sans

lendemain et à l'arrière fond politicien, pour avoir une chance de gagner,

de reprendre au patronat un peu de ce qu'il nous vole mais aussi de

construire un mouvement social émancipateur. Dans tous les cas nous

devons trouver ensemble les moyens d’organiser nos luttes afin qu’elles

soient le plus efficaces possibles et qu’elles envisagent des issues

positives. C’est ce qui doit nous encourager à dénoncer l'utilisation

politicienne des grèves, particulièrement le détournement de cette arme

dans des journées sans lendemain.
De même, nous ne nous interdisons pas dans des cas précis de dénoncer

la main mise et les choix des bureaucraties syndicales tout comme les

logiques d’instrumentalisation politicienne des mouvements sociaux.

La CGA s’autorise à critiquer les appels à la grève au caractère politicien

évident et à appeler à ne pas y participer.
Dans toutes les grèves où nous nous impliquons, quelles soient

programmées pour 24H par les bureaucraties syndicales ou qu’elles

surgissement à l’occasion d’un conflit du travail ou si elles deviennent

reconductibles lors d’un mouvement social, nous devons faire émerger

d’autres pratiques de luttes et d’autres pratiques syndicales porteuses

de perspectives, à court terme comme à long terme. Cela nécessite bien

sur, lorsque nous le pouvons de nous impliquer et de développer des

syndicats de lutte et non de cogestion et de service.
Ce syndicalisme que nous devons porter doit être basé, animé et doit

favoriser dans les luttes des idées et des pratiques essentielles comme :
- l’action et la démocratie directe (c’est-à-dire le refus de toutes formes

de délégation de pouvoir dans le syndicat comme dans les luttes et de

bureaucratisation) en favorisant au maximum les formes

d’auto-organisation du mouvement
- l’organisation, la solidarité et des perspectives interprofessionnelles
- l’autonomie du mouvement social comme refus des conceptions

social-démocrates visant à diviser le travail entre syndicalisme et

représentation politique, seule détentrice de projet social et des voies

pour y parvenir.

Organisation dans des syndicats pour la lutte
Autonomie et auto organisation des luttes sociales, voilà le remède !



LA CGA
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Bolet satan
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MessageSujet: Re: Relai : infos et analyse libertaires / Motion sur les grèves   Jeu 19 Oct - 20:21

Les grèves de 24 heures sont en effet l'apanage des syndicats réformistes...quand ils y font appel !!!

Bien mobiliser les gens, et puis laisser retomber la pression...comme un soufflé au fromage, quoi.

Cà fait plus de 20 ans que je connais la recette...

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...car c'est l'ordre sans le pouvoir !
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