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 Quand la gauche essayait...

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éTOc

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Localisation : Ilien
Date d'inscription : 15/12/2005

MessageSujet: Quand la gauche essayait...   Mer 11 Oct - 23:19

Quand la gauche essayait...

1945 : la gauche met au pas la classe ouvrière « La grève, c'est l'arme des trusts. », dira Maurice Thorez. 1947-1950 : la gauche réprime violemment le mouvement ouvrier, sous la férule de Jules Moch, créateur socialiste des CRS (2 000 licenciements punitifs dans les mines en 1948). 1956 : la gauche envoie le contingent « pacifier » l'Algérie. Puis, curieusement, le peuple cesse d'élire la gauche jusqu'en 1981. Date à laquelle l'œuvre de « progrès » reprend : casse de la sidérurgie, des charbonnages, des régions entières sinistrées, chômage de masse, bref, gestion de la crise du capitalisme aux dépens de la classe prolétaire. C'est l'époque aussi des Bernard Tapie et autres golden boys affairistes et rentiers, de l'explosion des profits boursiers et immobiliers. Depuis, on ne peut plus vraiment parler de gauche au pouvoir : sa tâche historique accomplie, l'éradication de la classe ouvrière comme force collective, la gauche n'est plus qu'une droite light, identique de plus en plus dans le contenu comme dans l'emballage.
On célèbre ces temps-ci deux anniversaires. Celui de la Charte d'Amiens (1906) et celui du Front populaire. Le congrès syndical d'Amiens posa clairement comme principe l'autonomie du mouvement ouvrier et son autosuffisance. Il lui donna comme tâche non seulement d'améliorer les conditions de vie immédiates des travailleurs, mais aussi de transformer radicalement le monde, d'en finir avec la condition ouvrière, avec le salariat et le patronat. Ce programme, il entend le mener à bien grâce aux seules organisations de classe du prolétariat.

Quel recul en trente années ! Le Front populaire de 1936, qui reçoit une adhésion massive des travailleurs, est une coalition électorale regroupant des staliniens pur sucre, des socialistes bon teint et des « radicaux », centristes mous. C'est entre les mains de ces politiciens interlopes que se remet, tout entier, le mouvement ouvrier. Les quelques améliorations immédiates obtenues le sont par l'action directe et la grève générale. Le reste : le lâchage indigne des républicains espagnols, la fusillade de Clichy [1].

Et, un siècle après Amiens, la dégringolade a continué jusqu'à la fange actuelle : la classe ouvrière n'existe plus sur le champ parlementaire, plus personne ne désire même la représenter. Elle a tout bonnement disparu - en tant que classe - de la scène politique. Ce dont nous nous réjouirions si c'était pour s'imposer dans la lutte économique et révolutionnaire, mais ce n'est, hélas, pas le cas.

La faute à qui ? Aux politiciens qui, d'illusions en désillusions, de tromperie en coups de poignards dans le dos, l'on conduite à l'apathie et la résignation. Bien sûr. Mais ils n'auraient pas si bien accompli leur œuvre corruptrice, si la masse même des travailleurs n'avait pas consenti ou même approuvé. La tentation de la voie facile, du raccourci magique qui épargnera la besogne, et, pour tout dire, le désir frileux que rien ne change, la résignation à rester humble - mais digne ! -, la révérence envers l'ordre établi, l'égoïsme cynique, tout cela existe dans la classe ouvrière autant et plus que le désir de transformation sociale. Mais ce conservatisme, dont la politique élective est l'expression, n'aboutit qu'à une chose : maintenir en place un système dont nous sommes les soutiers.

On pourrait multiplier les exemples de « trahison » - les unes graves, les autres impardonnables - dont se rendirent, et se rendront encore, systématiquement coupables tous les politiciens qui ont prétendu ou prétendent parler en notre nom et agir à notre place. On pourrait étaler en un tapis gigantesque les griefs du peuple contre « ses » dirigeants. On pourrait faire une liste interminable des comptes qui se régleront un jour. Pour l'heure, une seule conclusion importe : il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de représentation réelle des intérêts des travailleurs dans les institutions de la république capitaliste.

Nous, les anarchistes, nous ne rejetons pas la politique républicaine seulement pour ce qu'elle représente de compromission avec un système qui est notre ennemi. Nous le faisons parce que nous savons, à la fois par l'expérience et par la théorie, que toute participation - minime comme l'inutile insertion d'un bulletin de vote dans une urne, ou plus grave comme d'encourager à voter pour l'un ou l'autre, ou, bien pis, pour nous-mêmes -, nous savons que toute participation donc, encourage la classe ouvrière dans son actuelle résignation.

Nous voulons reconstruire un mouvement ouvrier capable non seulement de gagner des améliorations immédiates, mais porteur aussi de la rupture avec la condition ouvrière, avec le salariat. Un tel mouvement, annonciateur et artisan du futur libre de l'humanité, ne pourra être qu'extraparlementaire, dégagé des combines ignobles des politiciens. Il deviendrait sans cela bientôt une machine à fabriquer des arrivistes, ce que sont tous les partis politiques. Refusons-leur notre aide, refusons de voter pour eux, qu'ils nous épargnent leurs très douteux services et aillent porter ailleurs leur gros appétit. Nous créerons, pour nous-mêmes, les outils de notre liberté.

[1] En mars 1937, la police du Front populaire tire sur une manifestation ouvrière antifasciste. On relèvera 300 blessés, on enterrera cinq morts.

NI DIEU, NI MAÎTRE, NI ORDRE MORAL !
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