Bolet Satan et Compagnie...


 
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 Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...

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MessageSujet: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Mar 3 Oct - 16:16

La démocratie parlementaire mexicaine est mise à nue.
Une énième fraude, commise
par la droite avec la complicité de l'ancien parti unique, aurait légèrement forcé
la machine lors du scrutin du 2 juillet.
En face, une insurrection civile montait
déjà en puissance en pleine campagne électorale.
À Oaxaca, les gens ne
reconnaissent plus les autorités et envisagent de se gouverner eux-mêmes.

Mais gare
aux ruades du
Léviathan !



LE 1er AOÛT, À OAXACA, capitale de l'État du même nom, six mille femmes armées de
casseroles ont occupé la radio et la télévision officielles.
Pendant trois
semaines, à micro ouvert, elles - et leurs maris - vont remplacer les journalistes
devant les caméras et présenter les infos sans rougir de leurs tabliers de
ménagère.
Radio La Ley est rebaptisée Radio Casserole.
Voilà maintenant plus de
cent jours que Oaxaca, Etat
voisin du Chiapas, est entré en zone de turbulences.
Ça a commencé le 22 mai, en
pleine campagne électorale, avec une grève des maîtres d'école. Leur revendication
: une prime de vie chère et des moyens pour les écoles rurales.
Le gouverneur Ruiz
refusant de négocier, 20 000 d'entre eux occupent le centre de la capitale.
Le 14
juin, malgré une campagne de presse calomnieuse et après une intervention policière
ultra violente contre leur campement, la population s'insurge en leur faveur.
Depuis, l'industrie touristique, les administrations et les tribunaux sont en berne
et une Assemblée populaire du peuple de Oaxaca (APPO), réunissant syndicats
indépendants, associations et municipalités en rébellion, paralyse la ville en
exigeant la démission du gouverneur.
"Le 14 juin marque une rupture dans l'histoire
de Oaxaca", déclare Aldo González, dirigeant zapotèque de l'Union des Organisations
Sociales de la Sierra Juárez.
"La population s'est sentie attaquée.
Les premiers à
réagir ont été les gens des quartiers.
Mais dans la Sierra, les gens collectaient
déjà des vivres pour les grévistes.
Tous ne peuvent pas se déplacer, mais presque
tous sont là."



Oaxaca est un fief historique du PRI, l'ancien parti unique qui a cédé le pouvoir
fédéral à la droite en 2000, après 70 ans de règne sans partage.
Ici, le PRI
continuait à faire carton plein à chaque élection, grâce à un
système clientéliste musclé.
Oaxaca est un état pauvre, à majorité indienne.
La
source principale de revenus est l'argent envoyé par les émigrés. En 1995, de
crainte que le soulèvement zapatiste n'essaime aussi
dans ces montagnes-là, le PRI lâche du lest en reconnaissant légalement la
démocratie indigène.
Le parlement local vote une loi dite "des us et coutumes",
avec en arrière-pensée la ferme intention d'intégrer les communautés "autonomes" à
sa clientèle électorale.
Le gouverneur s'appuie pour cela sur des caciques
indigènes, qui imposent aux villages leurs négoces avec des entrepreneurs véreux.
De plus en plus de communautés se rebellent contre ces corruptions et, accusées de
terrorisme, sont en butte
à une répression brutale.
Des dizaines de paysans sont assassinés ou moisissent en
prison pour avoir osé tenir tête aux notables du PRI.
C'est de cette résistance que
se nourrit l'actuel mouvement d'insurrection civile.



Parce qu'il y a vu un miroir grossissant de ses propres appétits, l'archaïsme
politique du PRI s'est mis depuis quelques années au service d'un projet des plus
modernes :
le Plan Puebla Panama, méga-
entreprise de conquête économique qui lorgne sur toute l'Amérique centrale. Dans ce
cadre, l'isthme de Tehuantepec ferait office d'alternative au canal de Panama.
Un
large couloir d'autoroutes et de voies de chemin de fer relierait la mer des
Caraïbes et l'océan Atlantique.
Ce couloir devant attirer une ribambelle d'usines
de montage (maquilas), des barrages et des lignes THT sont en passe de fleurir
dans toute la région, à Oaxaca, au Chiapas, au Guatemala...
Manque de bol, les
milliers d'hectares
nécessaires à cette entreprise de progrès sont habités par de sombres peuplades
arc-boutées sur leurs traditions et leurs lopins de terre.
"Le principal soutien à
Ruiz vient des investisseurs, explique Bertín Reyes, un porte-parole de l'APPO. Ils
sont sur les starting-blocks pour exploiter les matières premières et la
biodiversité de Oaxaca.
Le gouverneur précédent a déblayé le terrain légal.
Maintenant, l'heure était venue d'acheter et de dépouiller les communautés.
Voilà
la clé de la crise actuelle.
" En échange de la mort physique et culturelle des
villages ?
La vague promesse d'un poste de travail sur une chaîne de montage ?
Rien
de très réjouissant pour des communautés qui vivent en étroite relation avec la
terre.



Dans les montagnes revêches où ont été acculés les Indiens, la figure du maître
d'école inspire le respect.
Il n'en a pas toujours été ainsi, quand l'instituteur,
comme le curé, tentait d'imposer une culture jugée
étrangère.
Mais depuis que certains jeunes sont devenus instits bilingues, les gens
apprécient mieux leur abnégation.
Mal payés, affectés dans des zones retirées, où
ils restent pendant des semaines sans voir leur famille, les maîtres ont appris à
se bagarrer pour leurs droits et aussi pour ceux des villages.
Un des détonateurs
de la grève actuelle a été le viol et l'assassinat de deux jeunes institutrices
alors qu'elles se rendaient à pied dans la communauté où elles enseignaient.
La
colère est telle que la grève et l'occupation ont persisté même pendant les
vacances scolaires.
Lorsque le 14 juin, le gouverneur lance trois mille flics
contre le campement des instits, la population se soulève donc contre lui. Deux
heures après l'assaut à balles réelles, tirées parfois depuis des hélicoptères (la
rumeur parla de six morts),les instituteurs et leurs alliés reprennent la ville.
"Quand il se rend compte de son erreur, le gouverneur propose de négocier", raconte
Dolores Villalobos, coordinatrice du Conseil Indigène et Populaire-Flores Magón.
"Mais c'est trop
tard :
en réponse au large soutien qu'ils viennent de recevoir, les instits mettent
leurs demandes sectorielles en veilleuse et se font les porte-drapeau de la volonté
générale :
que Ruiz s'en aille.
Il n'y a plus de discussion possible."



"Nous allons provoquer une crise économique en bloquant les routes et en boycottant
les grandes enseignes multinationales."
La radio des instits a été détruite ?
Qu'à cela ne tienne, les étudiants occupent
Radio Universidad et la mettent au service du mouvement.
Une Assemblée populaire
(APPO) réclame la destitution du gouverneur.
"Personne
n'est l'APPO, nous la représentons tous", affirme Aldo González.
"Chacun y
participe à sa façon, en expulsant un maire pourri, en occupant une officine
gouvernementale, en convoquant une assemblée, en récupérant les traditions, en
bloquant les rues et les routes."
À chaque sursaut répressif du gouverneur, le
mouvement prend de l'ampleur.
L'occupation de la radio et télévision officielle
vient en réaction au sabotage de Radio Universidad par des nervis. Après vingt
jours de télé et radio libres, des paramilitaires délogent en pleine nuit les
journalistes improvisés.
La même nuit, l'APPO investit douze radios commerciales.
Quand la nuit suivante des sicaires montés sur des fourgonnettes circulant à vive
allure mitraillent les façades de ces radios, tuant deux occupants, les habitants
des quartiers dressent des barricades pour empêcher ce convoi de la mort de
circuler.
Il y a encore, à l'heure où nous écrivons, plus de mille barrages dans la
capitale.
Pour les matérialiser, des véhicules de police aux pneus crevés et des
bus réquisitionnés.
"Nous allons provoquer une crise économique en bloquant les
routes et en boycottant les grandes enseignes multinationales", déclare à "La
Jornada" Rogelio Mesinas, un porte-parole de l'APPO.
"Nous remplacerons les centres
commerciaux par des
marchés populaires sauvages."
La procureur général de l'état accuse l'APPO d'être
une guérilla urbaine.
"L'APPO n'a aucune relation avec une quelconque guérilla, ni
avec la coalition de gauche qui s'est
mobilisée au niveau national contre la fraude électorale, bien que nous respections
leurs luttes", clarifie Rueda Pacheco, leader des instits.
D'abord en marge de la
campagne électorale puis, à partir du 2 juillet, en
parallèle à la mobilisation antifraude, le mouvement de Oaxaca a dépassé le terrain
de la politique institutionnelle :
si le départ du gouverneur est une exigence
fédératrice, le vide de pouvoir actuel permet de voir surgir au grand jour une
pratique démocratique jusqu'à présent souterraine,
marginalisée.
"L'APPO doit s'inspirer de la vie communale des villages", affirme
Lucio López, ancien président municipal de la région mixe.



Les zones rurales, et certains quartiers urbains, ont souvent développé une
démocratie parallèle qui contourne l'autoritarisme du PRI.
Cette expérience, ancrée
dans la culture de résistance indigène, est un outil précieux pour inventer une
administration de la chose publique qui n'échappe plus aux gens.
« Le peuple de
Oaxaca s'est souvenu qu'il est communauté », s'enthousiasme Dolores Villalobos.
"On
apprend à
s'organiser pour manger, pour l'autodéfense, pour les occupations, pour construire
un accord, pour nos récoltes...
C'est tout bénef, surtout si on dépasse les
discours sur la solidarité et le soutien mutuel pour en venir à une pratique qui
garantit notre survie."
Sacrément utile quand les fonctionnaires ont fui...
Alors,
pourquoi se contenter de la destitution du cacique en chef et de l'arrivée d'un
gouverneur intérimaire qui entérinerait un retour à la normale ?
"La mobilisation a
été intense, on peut imaginer qu'une fois la chute du gouverneur et la libération
des prisonniers obtenues, le calme reviendrait", pense Carlos Beas, de l'Union
des Communautés Indigènes de la Zone Nord de l'Isthme, contacté par "CQFD".
"Mais
la réaction des villages et des quartiers a été impressionnante.
Et ils ont bien
d'autres motifs d'insatisfaction !
" Pourquoi ne pas systématiser cette démocratie
vivante ?
Pendant que, dans des hôtels déserts, les commis de l'État et les partis
de gouvernement négocient une sortie de conflit qui leur soit favorable, que Fox
craint un
embrasement du reste du pays et que l'armée patrouille et intimide, voilà la
question qui court les rues de Oaxaca, la ville aux mille barricades.



Nicolas Arraitz



Article publié dans "CQFD" n° 37, septembre 2006, actuellement en kiosques et
librairies. À lire également, les articles sur Oaxaca LE VIEUX RÉGIME EST MORT et
CHRONOLOGIE D'UN FEU QUI COURT parus dans le même numéro.




http://www.cequilfautdetruire.org/
http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=347


[ article diffusé sur la mailing liste [cspcl] - <cspcl_l(a)samizdat.net> -


http://cspcl.ouvaton.org ]
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Dim 8 Oct - 1:27

suite des précédents...


Nous vous écrivons parce que nous connaissons votre intérêt pour la justice
sociale, la solidarité avec les peuples autochtones et la lutte des peuples pour
l'autonomie.

Femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, autochtones, travailleurs, étudiants et
professeurs, paysans, immigrants, militants, syndicalistes, écologistes qui ont le
cour bon et qui sont préoccupés par les ravages du capitalisme ici et en Amérique
Latine, et ce malgré les silences et les mensonges de la télévision et de la presse
internationale et nationale ; nous faisons appel à votre cour, devant les
injustices sociales, à se solidariser avec notre caravane qui viendra porter la
parole des sans voies du CIPO-RFM (Conseil Indigène Populaire de Oaxaca- Ricardo
Flores Magon www.nodo50.org/cipo/) constitué de deux représentants autochtones
Zapotèque (Asunción Lopez) et Mixtèque (Pedro Bautista).

Le CIPO-RFM est une organisation qui travaille par et pour les communautés, et ce,
sans aide du gouvernement ou de parti politique, mais qu'avec ce qu'ils gagnent
dans la lutte, l'action directe civile et pacifique et par la diffusion dans les
médias nationale et internationale. Ils travaillent dans une vingtaine de
communautés qui luttent quotidiennement pour leur autonomie, leurs cultures et
leurs langues.

L'éducation populaire, la démocratie directe à travers l'assemblée communautaire et
populaire, sans avoir d'autres chefs que les mêmes communautés et leurs formes de
faire et d'êtres, cette organisations est le fruit d'un long travaille de plusieurs
communautés et organisations qui fut fondé en 1997 dans l'État de Oaxaca.
Dernièrement plusieurs personnes et organisations du Québec (ICI la Otra
« ici_lasexta(a)yahoo.ca », la Fédération des Communistes Libertaires du Nord-est
NEFAC
« www.nefac.net », etc.) et de l'Ontario (Guelph) travaillent en
solidarité avec le CIPO-RFM et préoccupés par la situation actuelles dans Oaxaca
ont décidé de créer une caravane qui tisseraient des liens de solidarités avec le
Mexique et avec le CIPO-RFM ayant pour but de parler de la situation des
communautés de Oaxaca et de leurs luttes, d'apporter un espace ou le CIPO-RFM peut
diffuser sa parole humble de résistance, de savoir plus sur la situation actuelle
qui est totalement ignoré par les médias de masse international. En plus de vouloir
venir en aide directement avec les communautés en récoltant une aide financière et
de matériel médical.

Venant de Oaxaca, un des états les plus pauvres constitués majoritairement
d'autochtones et qui à le plus haut taux de prisonniers politiques ; celui qui
c'est soulevé pacifiquement après la répression le 14 juin 2006 du mouvement de
grève des professeurs (section syndicale 22) qui occupaient pacifiquement la place
historique du Zocalo depuis le 15 mai pour des demandes salariales et
d'amélioration des infrastructure de l'éducation, répression qui c'est soldé par la
mort de 11 personnes dont une femme enceinte et deux enfants, la destruction des
emplacement de la radio communautaire Radio Planton principal émetteur de la lutte
de la section 22. Par la suite plusieurs organisations populaire, dont le CIPO-RFM,
ont décidé de formé une organisation massive (plus de 360 organisations populaire)
qui se dénomme le APPO (Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca
www.asambleapopulardeoaxaca.com) et qui luttent pour la destitution du gouverneur
de Oaxaca Ulizes Ruis qui représente le système corrompu du Parti Révolutionnaire
Institutionnel (parti qui est resté plus de 70 ans au pouvoir au Mexique), pour la
libération des prisonniers politiques, l'action massive civile et pacifique et
l'assemblée populaire comme suprême instances de décision.

Nous vous invitons donc à prendre part dans cette caravane.

Nous recherchons des gens et des organisations qui pourront donner une implication
suffisante afin d'organiser un évènement dans leur communauté. Nous ne voulons pas
faire des évènements payant avec le passage de la caravane, mais plutôt passer le
chapeau afin de couvrir les frais (essence, nourritures, imprévus, affiches et
photocopies.etc) La caravane sera au Québec a partir du 30 octobre et ce jusqu'au
13 novembre.

Nous vous demandons :
-si vous pouvez organiser un évènement dans votre ville.
-assurer l'organisation d'un lieu pour présenter l'évènement.
-nous assister à contacter les médias susceptibles d'êtres intéressés dans votre
communauté ainsi que les individus ou groupes.
-assurer un repas aux participants de la caravane (3-4 personnes)
-assurer un lieu pour dormir après l'évènement (on est vraiment pas difficile !).
-si vous pouvez fournir une personne qui pourra traduire.

Merci de votre intérêt
Nous attendons une réponse de votre part rapidement.


Bernard Lussier « bernie(a)nefac.net »

Comité organisateur de la tournée du CIPO-RFM

Campagne « ICI la Otra » et la Fédération des Communistes Libertaires du Nord-est
(Union locale de Montréal)


[ expéditeur/expéditrice <mtl(a)nefac.net> ]
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Dim 8 Oct - 23:01

longue vie
et vive la commune libre Oaxaca !
que leur lutte s'étende partout !
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Mer 11 Oct - 23:04

Oui, longue vie à eux, et bonne chance!

Un autre texte qui vient de là bas...
bien frat.
Véro



Le spectre de Louise Michel plane sur Oaxaca

Par Carlos Beas Torres

Depuis plus de trois mois, les fantômes de Louise Michel et d’Élisée Reclus parcourent les nuits désertes d’une ville au long passé dans le sud du Mexique. Seule la lumière ténue de quelques lampes ou les flammes des feux allumés dans les centaines de barricades qui réchauffent les longues nuits d’Oaxaca percent les ténèbres.

Les estimations les plus timorées annoncent que la population de la ville d’Oaxaca a levé environ 500 barricades, d’autres, plus enthousiastes, parlent de 1 500 barricades dressées en une seule nuit.

La "Commune" d’Oaxaca a surgi après que le gouverneur Ulises Ruiz, un despote appartenant à la faction la plus violente du PRI, a ordonné, le 14 juin dernier, la dispersion manu militari d’un piquet organisé pacifiquement par des professeurs en grève. L’intervention musclée des forces de police en plein centre historique de la ville n’a pas seulement affecté ces syndicalistes, car la police ayant été repoussée et encerclée, le gouverneur a ordonné d’utiliser son hélicoptère particulier pour lancer des bombes de gaz au poivre sur la foule. Des employés des hôtels et des commerces tout proches ainsi que des habitants du quartier et des centaines de touristes furent ainsi intoxiqués et durent être évacués du champ de bataille. Les enseignants syndicalistes sont parvenus à réoccuper le centre-ville, action qui a réveillé la conscience des habitants.

Presque aussitôt, 360 organisations sociales en tout genre, d’organisations indigènes à des organisations de femmes, en passant par des écologistes, des petits commerçants et des étudiants, ont instauré une assemblée populaire, sorte de parlement citoyen, plus connu sous le nom d’APPO. Cette Assemblée populaire d’Oaxaca a organisé cinq marches gigantesques qui ont rassemblé des centaines de milliers de manifestants.

Elle a occupé plus de 30 mairies, bloqué des routes et fermé des administrations et des tribunaux. Le gouvernement a littéralement cessé d’exister, ses traces n’apparaissant que dans les opérations nocturnes lancées par des centaines de policiers en civil et de nervis qui descendaient dans la rue pour tirer avec des armes à feu sur la population. Face à de telles attaques, les barricades d’Oaxaca ont fait preuve d’une énorme efficacité.

Les femmes ont joué un rôle d’une importance extraordinaire. Un soir en particulier, des milliers de femmes ont manifesté dans toute la ville en frappant des casseroles et sont allées au siège de la télévision locale de l’État d’Oaxaca pour exiger qu’on laisse entrer une commission afin de faire connaître leurs revendications. Les vigiles de l’établissement leur refusèrent le passage, ce qui les a évidemment indignées, aussi ont-elles immédiatement occupé la télévision et retransmis pendant plusieurs jours en toute liberté, jusqu’à ce qu’un commando de policiers rende inutilisables les antennes en tirant dessus à coup de fusil. La population a aussitôt réagi et s’est emparée de 13 stations de radio, où pour la première fois la parole a pu être donnée à des centaines de femmes et d’hommes anonymes.

La répression a frappé large : plusieurs dirigeants de l’APPO ont été arrêtés, malmenés et sont encore emprisonnés, l’un d’eux, notamment, dans une prison de sécurité renforcée ; deux manifestants ont été assassinés ; des dizaines de personnes ont été agressées, frappées

ou menacées. Devant cette situation, la réponse de la population a été d’une extrême retenue, ce qui n’a pas empêché les médias d’essayer à tout prix d’occulter cette impressionnante révolte populaire, en se contentant de relever d’éventuels liens des insurgés avec la guérilla ou en caractérisant de vandalisme le blocage des accès aux banques, aux grandes surfaces commerciales ou à l’aéroport.

Mais que signifie cette révolte ? Avec le Chiapas et le Guerrero, l’Oaxaca est un État mexicain extrêmement pauvre, où vivent un grand nombre de communautés indigènes. L’Oaxaca a de tout temps été un bastion contrôlé par les caciques du PRI, le parti de la révolution institutionnelle, qui se sont enrichis effrontément avec leurs alliés les grands patrons de l’industrie et les grandes entreprises multinationales telles qu’Iberdrola (espagnole). Les gouvernants de l’Oaxaca se sont aussi caractérisés par leur ineptie, par leur corruption et par la violence comme moyen pour gouverner. Le 14 juin, la population a dit "Stop, ça suffit. Ya basta !".

Après trois mois de mobilisation intense, qu’est-ce qui va se passer maintenant ? Les hommes politiques mexicains et les patrons pressent le gouvernement fédéral de résoudre le problème par une répression expéditive. Le gouverneur Ulises Ruiz réclame à grands cris l’envoi des troupes de la Police fédérale préventive, l’expulsion des piquets et des campements et l’incarcération des opposants les plus radicaux. Par ailleurs, les négociations avec le pouvoir sont pratiquement rompues, le gouvernement fédéral ainsi que les sénateurs appartenant au PRI et au PAN se refusant à cesser les pouvoirs publics, à savoir démettre de ses fonctions le gouverneur [1]. Aussi l’issue la plus probable est-elle une répression comme celle qui eut lieu il y a trente ans, quand le peuple d’Oaxaca était parvenu à destituer le despote Zárate Aquino : simultanément à cette victoire, la ville fut occupée par l’armée, on nomma un gouverneur militaire et les opposants furent emprisonnés, assassinés ou bannis, acculant une partie de la population à la lutte armée.

L’APPO connaît ses classiques et s’est abstenue de recourir à la violence. Malheureusement, tout le monde sait que c’est tout à fait le style et dans l’esprit tordu d’Ulises Ruiz de provoquer cette violence, par exemple en infiltrant des policiers en civil et des exécutants pour provoquer des affrontements, après quoi il est facile de justifier la répression massive et l’entrée des forces de police anti-émeutes. Ulises Ruiz entend rester au pouvoir dans cet État, avec le soutien des forces de l’ordre et de l’armée.

Aujourd’hui même, des milliers de femmes et d’hommes d’Oaxaca ont repris très tôt leur marche vers Mexico, ayant déjà effectué en une semaine environ 260 kilomètres. Cette marche pourrait fort bien être leur dernière possibilité d’éviter la répression et de réveiller la conscience des Mexicains. Leur appel a d’ailleurs déjà obtenu une certaine réponse car dans d’autres États du Mexique des assemblées populaires ont commencé à surgir.

Face à une telle situation, l’immense révolte populaire des habitants d’Oaxaca appelle de toute urgence à la solidarité active des citoyens et citoyennes du monde entier. D’Oaxaca, nous vous envoyons cet appel. Il est encore temps d’éviter un bain de sang ; il est encore temps de trouver une issue démocratique à ce grave conflit. En attendant, aujourd’hui, dans cette nuit oaxaquienne, les fantômes des communards de Paris continuent d’accompagner les femmes et les hommes rebelles d’Oaxaca et seraient même disposés à s’envoyer un petit

mezcal, pour combattre le froid. Salud !

Carlos Beas Torres, membre de l’Ucizoni (Union des communautés indigènes de la zone de l’Isthme).

On trouvera l’original de cet article à l’adresse : http://www.jornada.unam.mx/2006/09/30/021a2pol.php

Traduction par Ángel Caído de la tribune parue, dans le quotidien "La Jornada", le samedi 30 septembre 2006.

Publication originale sur le site du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL)

[1] Une des revendications non négociables des habitants - NdT

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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Jeu 12 Oct - 13:53

tournée générale..!!..

mezcal et lutte pour tous (par tous)....!!
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Jeu 12 Oct - 16:34

hihi!
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Ven 20 Oct - 22:58

L'ASSEMBLÉE POPULAIRE DES PEUPLES D'OAXACA DÉCLARE L'ALERTE MAXIMALE

Hier soir, 18 octobre, un instituteur indigène qui sortait d'une réunion a été
abattu par trois balles tirées depuis une voiture sans plaques. D'autres militants
ont reçu par téléphone des menaces de mort. L'APPO a déclaré l'alerte maximale pour
renforcer les occupations et les barricades.
La Section 22 du Syndicat national des travailleurs de l'éducation est en train de
réaliser une consultation des 70.000 enseignants de l'Etat pour savoir s'ils
veulent reprendre les cours ou continuer la grève. Celle-ci devient de plus en plus
difficile à poursuivre en raison de la suspension du paiement des traitements
depuis deux mois. Quelle que soit la décision des participants, la section a
cependant annoncé qu'elle ne
renoncerait en aucune façon à réclamer la destitution du gouverneur Ulises Ruiz,
qui n'est, dit-elle, pas négociable. Des militants et des parents ont déjà
manifesté leur désir de poursuivre la grève en proclamant : "Un enseignant
conscient ne se rend ni ne se vend" et "Enseignant, tu as commencé, tu dois
terminer ! Ulises n'est pas parti, tu dois le chasser !".

Le Sénat a déclaré que l'État n'était pas en rupture de pouvoir (ce qui empêche
d'organiser des élections) mais qu'il y avait ingouvernabilité de fait et
persistance des procédés "de caciques". Au grand scepticisme de tout le monde, le
président Vicente Fox a assuré que le problème serait résolu par la négociation
avant la fin de son mandat.

Sur place, en effet, on est loin des discours lénifiants. Tandis que le parti au
pouvoir (PRI) commence à préparer l'opération de récupération du centre-ville (le
gouvernement a notamment commencé à réaménager une prison en prévision d'une
arrestation massive d'enseignants et de militants), les brigades mobiles de l'APPO
ont repris l'occupation de bâtiments publics, en commençant par le siège du
gouvernement, dans lequel ils se sont contentés de laisser des graffitis, et en
terminant par le bâtiment du Journal officiel.

En l'absence des forces de police dans le centre-ville occupé, les infractions se
multiplient, et une justice populaire s'installe, qui ne fait pas toujours dans la
dentelle : un homme qui s'est introduit par deux
fois dans une école maternelle pour voler et pour tenter de violer une
institutrice, a été tabassé par la foule avant d'être remis aux autorités
judiciaires. Sa photo, le visage ensanglanté, et portant une pancarte sur
laquelle on a écrit "Je suis un rat et un violeur", fait le tour de la presse,
alimentant la campagne de dénigrement du mouvement.

Des actions spectaculaires pour se faire entendre

A Mexico se poursuit l'occupation des délégués de l'APPO devant le Sénat fédéral,
ainsi que la grève de la faim d'une partie d'entre eux. Une vingtaine de
manifestants se sont prélevé une seringue de sang pour écrire
avec leur propre sang des slogans pour la liberté et contre le gouverneur Ruiz.
Cette action spectaculaire est, selon une militante du Front populaire
révolutionnaire, "le seul moyen qui nous reste de nous
exprimer". S'adressant à la presse, les délégués dénoncent ce besoin de
spectaculaire : "Voyons si maintenant vous nous prêtez attention. C'est ça que vous
voulez ? Eh bien vous l'avez !"

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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Sam 28 Oct - 21:04

Mexique: les troupes fédérales envoyées à Oaxaca en situation quasi-insurrectionnelle



Le gouvernement mexicain a dépêché des troupes fédérales samedi à Oaxaca après des affrontements qui ont fait au moins trois morts vendredi dans cette ville du sud du Mexique en situation quasi-insurrectionnelle.

Le président Vicente Fox "a ordonné la mobilisation des forces fédérales", a annoncé la présidence dans un communiqué.

"Les forces fédérales arrivent par voie aérienne à Oaxaca", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la présidence Ruben Aguilar qui n'a pas précisé s'il s'agissait de la Police fédérale préventive (PFP) ou de l'armée, qui avaient déjà pris position dans la région d'Oaxaca il y a quelques semaines.

La ville, occupée depuis le 22 mai par un mouvement de protestation d'enseignants en grève, a vécu vendredi une situation quasi-insurrectionnelle avec au moins une douzaine d'affrontements impliquant des échanges de tirs.

"Nous nous maintenons en alerte maximum", a déclaré Florentino Lopez, porte-parole de l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca (APPO), en réagissant à l'envoi de troupes fédérales. "Dix mille personnes se sont rassemblées sur les barricades dans la ville", a-t-il ajouté.

L'APPO regroupe les 70.000 instituteurs de l'Etat d'Oaxaca et des organisations sociales, qui demandent la démission du gouverneur de l'Etat Ulises Ruiz.

Le bilan des affrontements de vendredi s'élevait à au moins trois morts, dont un caméraman américain, et onze blessés par balles. Brad Will, 36 ans, de la chaîne indépendante Indymedia, a été tué d'une balle dans la poitrine.



Le gouvernement avait cherché jusqu'à présent à régler par la négociation le conflit d'Oaxaca qui avait démarré sur des revendications salariales des instituteurs le 22 mai, avant de se radicaliser le 14 juin. Il s'était étendu à d'autres secteurs de la société après que le gouverneur eut tenté de faire lever le blocus des instituteurs par la police anti-émeutes. Depuis, l'APPO réclame sa démission.

Les tirs qui ont tué le caméraman américain sont partis du toit du palais municipal de Santa Lucia del Camino (à 15 km d'Oaxaca), où s'étaient repliés les policiers et des hommes de main du gouverneur après avoir tenté de prendre une barricade, a déclaré le porte-parole de l'APPO.

Un instituteur, Emilio Alonso, a aussi été tué par des tirs. Il se trouvait sur une barricade face au bureau du gouverneur, à San Bartolo Coyotepec, à 15 km d'Oaxaca, a raconté son épouse à la radio locale de l'Université.

Le parquet d'Oaxaca a fait état d'un troisième mort, Esteban Zurita Lopez, victime de tirs à Santa Maria Coyotepec, sans donner plus de détails.

Onze personnes ont été blessées par balles, dont un photographe du journal Milenio, Oswaldo Ramirez.

Selon un correspondant de l'AFP, les quatre principaux accès routiers de la ville ont été fermés vendredi. Des barrages ont été érigés aux croisements des avenues les plus importantes, des autobus et des voitures ont été renversés. Les manifestants brûlaient des pneus et des ordures.

L'APPO occupe le centre d'Oaxaca depuis le 22 mai. Chaque nuit, les manifestants dressent des barricades pour éviter une éventuelle intervention des forces de l'ordre visant à les déloger.

Les enseignants devaient décider ce week-end de la fin de la grève qui affecte 1,3 million d'élèves.

Avant les affrontements de vendredi, le bilan du mouvement de protestation dans l'Etat d'Oaxaca, un des plus pauvres du Mexique, était de cinq morts. De nombreuses arrestations ont eu lieu dans les rangs des manifestants.



Source : http://www.orange.fr/bin/frame.cgi?u=http%3A//actu.orange.fr/Article/mmd--francais--journal_internet--une/Mexique-les-troupes-federales-envoyees-a-Oaxaca-en-situation-quasi-insurrectionnelle.html
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Dim 29 Oct - 1:01

Bien le bonjour d'Oaxaca,
Cette journée d'arrêt de toute activité a été particulièrement meurtrière, quatre
morts et un grand nombre de blessés par balles, ou comment se défend la dignité de
tout un peuple. Les barricades dans les colonies et sur toutes les voies d'accès au
centre ville ont bien tenu malgré les escadrons de la mort et surtout les troupes
de choc de policiers municipaux en civil fortement armés face à des gens qui les
affrontaient avec des pierres. Ce sont les municipalités des environs, encore
contrôlées par le PRI, le parti révolutionnaire institutionnel d'Ulises Ruiz, qui
ont recruté et armés ces tueurs et qui sont directement responsables des violences
et des assassinats. La municipalité de Santa Lucía del Camino où un jeune
journaliste nord américain d'Indymédia a trouvé la mort, et la municipalité de
Santa María Coyotepec où il y eut deux morts et dix huit blessés ont joué un rôle
déterminant dans cet affrontement contre les membres de l'Assemblée populaire.
L'ambassadeur des États-Unis ment en parlant d'un échange de coups de feu. Rueda
Pacheco, dirigeant du syndicat enseignant, ment en parlant de groupes violents et
en se gardant bien de dire d'où viennent les tueurs. L'État a désormais le prétexte
qu'il attendait pour rétablir l'ordre et l'État de droit comme il dit si bien.
Ulises Ruiz joue-t-il son va tout dans une ultime confrontation meurtrière ou
a-t-il l'aval de l'État pour provoquer des morts en vue de l'intervention de
l'armée et de la police préventive fédérale ?

L'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca n'a pas jusqu'à présent répondu à la
provocation en s'armant, ce qui justifierait l'envoi des troupes, et c'est les
mains nues qu'elle garde les barricades et qu'elle fait face, avec une vaillance
admirable, aux escadrons de la mort et aux sbires du PRI. Les familles ou les amis
restent auprès des blessés et veillent à ce qu'ils soient soignés par des médecins
et transportés par les ambulances rouges de l'APPO, les ambulances de la protection
civile sont fliquées et l'hôpital n'est pas sûr. La croix rouge, nous dit-on,
refuse d'intervenir sur ordre du gouverneur déchu. Les disparitions sont
nombreuses, la personne qui avait été enlevée ce matin a été retrouvée en prison.
Heureusement la radio université fonctionne, ce qui permet de coordonner les
mouvements, de renforcer une barricade qui montre des signes de faiblesse par
exemple, de prévenir de la venue des troupes de choc, ainsi s'est organisé tout un
réseau d'entraides, les habitants de Saachila, une commune en résistance, se sont
regroupés pour envoyer des équipes afin de prêter main forte aux habitants
d'Oaxaca, à San Bartolo Coyotepec les habitants se sont retrouvés pour venir en
aide à leurs voisins de Santa María Coyotepec.

La nouvelle s'est répandue rapidement et la capitale réagit, des barricades ont été
élevées à proximité de l'hémicycle Benito Juárez, nous dit-on. Le bruit court que
le ministère de l'intérieur est occupé par ceux qui se trouvaient devant le Sénat.
C'est le matin, j'apprends qu'Abascal, le ministre de l'intérieur, vient de donner
l'ordre à la troupe d'intervenir. La complicité entre le gouverneur tueur et le
gouvernement fédéral est donc bien une complicité objective, l'assassin avait
l'aval de l'État pour lancer ses troupes de choc contre les habitants. La ville est
bien décidée à résister et toutes les voies d'accès sont hermétiquement fermées par
des barricades.

Oaxaca, le 28 octobre 2006.

[ information reprise du site du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas
en lutte : http://cspcl.ouvaton.org/
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Dim 29 Oct - 1:06

Longue vie à tous ceux et celles d'Oaxaca!
Que cet infâme pouvoir disparaîsse!
Notre coeur est avec vous!
Bien frat.
Véro
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Dim 29 Oct - 12:47

Ya basta !!!

_________________
L'anarchie est la forme la plus élevée de l'ordre (Elisée Reclus)
...car c'est l'ordre sans le pouvoir !
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Mer 1 Nov - 13:20

Dans l'émission En profondeur de cette semaine, vous pouvez entendre

une entrevue avec une membre de la Otra Campana Montréal

qui nous présente le bilan des luttes et de leur répression à Oaxaca,

une entrevue avec un membre du SHAC (Stop Huntingdon Animal Cruelty)

et une entrevue sur les luttes sociales dans l'Algérie contemporaine,

particulièrement de l'auto-organisation ainsi que de l'insurrection de 2001

comme exemple politique

Vous pouvez écouter cette émission aux adresses suivantes



http://132.216.18.132/64/20061030.17.00-18.00.mp3
http://132.216.18.132/128/20061030.17.00-18.00.mp3


Short description of suggested url:
Site de la radio CKUT
ckut.ca
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Lun 6 Nov - 12:35

Des dizaines de milliers de personnes ont participé aujourd'hui à la marche
convoquée par l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca (APPO)
pour le départ du
gouverneur Ulises Ruiz, et durant son parcours depuis la route à Mexico DF
jusqu'au centre historique, les contingents ont reçu innombrables démonstrations de
soutien de la part des habitants.

La marche a également été convoquée pour répudier la présence de la Police fédérale
préventive (PFP). En plus des membres de l'APPO ont participé des familles de
détenus et de disparus à partir du commencement du conflit, et spécialement à
partir de l'arrivée de la PFP il y a neuf jours.

De la même manière, ont marché maîtres, caravanes de groupes solidaires provenants
d'autres parties du pays, membres du Conseil général de grève de la ville de
Mexico, des colons d'Atenco et des membres du Front populaire Francisco Villa.

Sur le parcours, de nombreux habitants des zones de Brenamiel et de Santa Rosa ont
exprimé leur soutien aux marcheurs de différentes manières.

Les contingents ont commencé leur entrée dans la zone urbaine de la ville, capitale
de l'Etat d'Oaxaca, deux heures après le début de la marche, au milieu de
nombreuses consignes contre Ulises Ruiz, la PFP et le
président Vicente Fox.

A celle déjà connue, "Ulises est déjà tombé, est déjà tombé!", a été ajoutée celle
de "Oaxaca n'est pas une caserne, dehors l'armée !",

Durant le parcours, des dizaines de contingents se sont joints à la marche, qui
s'est terminée à l'ex-couvent de Santo Domingo.

La Jornada, 5 novembre 2006, 14 h 02 (21 h 02 en Europe).

http://www.jornada.unam.mx:8080/ultimas/tumultuosa-marcha-de-la-appo

Traduit par Cybèle.


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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Mar 7 Nov - 14:14

Solidarité sans frontières (SSF) invite toutes celles et ceux qui veulent lutter
pour la justice et la dignité pour tout-e-s les migrant-e-s à se joindre à nous
lors de notre prochaine assemblée générale.

Nous sommes honoré-e-s d'accueillir lors de notre prochaine assemblée générale deux
membres du Conseil indigène populaire "Ricardo Flores Magon" de Oaxaca (CIPO-RFM),
un organisme qui rassemble une vingtaine de communautés autochtones dans l'État du
Oaxaca (au Mexique).
La population de Oaxaca défie actuellement la répression
brutale par l'État et les militaires, dans le cadre de leur soulèvement populaire
contre le gouverneur.

::::::::::::::::::::::::::::::
Solidarité sans frontières
Assemblée générale mensuelle
VENDREDI le 10 novembre à 18 heures
au Bureau de SSF
1500 de Maisonneuve Ouest, bureau 204
(métro Guy-Concordia)
::::::::::::::::::::::::::::::::

-Il y aura à manger et à boire. Vous pouvez, si vous le voulez, apporter de la
nourriture à partager.
-Un service de garderie gratuit est offert sur place. SVP, réservez un jour à
l'avance par téléphone ou par courriel.
-Traduction chuchotée vers le français, l'anglais, l'espagnol, l'arabe, le farsi et
le punjabi. (faites-nous savoir si vous avez besoin d'une traduction dans d'autres
langues que le français ou l'anglais).
-Les locaux de SSF sont accessibles en chaise roulante. Le bureau de SSF est aussi
un espace « sans odeurs artificielles », donc ne portez pas de parfums forts ou
d'eau de cologne. Merci.
-----

18h : Présentation de Solidarité sans frontières pour les nouveaux et nouvelles

18h30 (pile!): Présentation par Asunción Lopez et Pedro Bautista du CIPO-RFM, le
Conseil populaire indigène "Ricardo Flores Magon" de Oaxaca.

Contexte: Plus tôt cette année, le syndicat des enseignant-e-s de Oaxaca s'est
engagé dans une lutte pour demander des hausses salariales ainsi que l'amélioration
du système d'éducation. À partir du 14 juin, l'État répond par la répression.
Depuis, la population de Oaxaca a pris les rues régulièrement pour exiger la
destitution du gouverneur Ulises Ruiz, et plus de 260 organismes se sont rassemblés
pour former l'Assemblée populaire des peuples de Oaxaca (APPO), duquel le CIPO-RFM
fait partie. Face à la menace de la répression continue par l'État et les
paramilitaires, l'APPO s'organise pour résister et demande la solidarité
internationale.

19h30 à 21h30 : Assemblée générale de Solidarité sans frontières.
L'ordre du jour inclut notamment les points suivants: a) suivi des propositions
issues de la réunion avec nos allié-e-s de Toronto, incluant la possibilité
d'organiser une Journée d'action nationale Un Statut pour toutes et tous! au mois
de mai 2007, et une Journée inter-continentale contre les frontières au mois de
octobre 2007; b) bilan du Comité Action et mise-à-jour sur la campagne anti-ASFC
(Agence des services frontaliers du Canada) ; c) Consultation dans le cadre de la
Commission populaire; d) Présentation par des membres de Personne n'est
illégal-Vancouver et Personne n'est illégal-Montréal; e) et plus encore...
-----

Solidarité sans frontières est un réseau basé à Montréal qui lutte en faveur de la
justice et de la dignité pour tou-te-s les sans-statut. Notre regroupement est
formé de migrant-e-s, d'immigrant-e-s, de
réfugié-e-s et de leurs allié-e-s pour revendiquer : la régularisation des
personnes sans-statut (c'est à dire, un statut pour toutes et tous!) ; la fin des
déportations et des détentions et l'abolition des certificats de sécurité.

INFO: sansfrontieres at resist.ca; 514-848-7583;
http://www.solidaritesansfrontieres.org

Pour plus d'information à propos de SSF,
visitez: http://solidarityacrossborders.org/fr/sab

Photo-reportages:
http://www.solidarityacrossborders.org/fr/node/202


[ expéditeur/expéditrice <sansfrontieres(a)resist.ca> ]
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Mar 7 Nov - 19:45

Un résumé des événements de la semaine passée

Vendredi 27 octobre des hommes armés en civil tirent contre les barricades et tuent
trois personnes dont un journaliste new-yorkais d'Indymedia. Soi-disant pour
rétablir l'ordre, le dimanche 29 octobre, à partir de 14 heures, 4.000 policiers de
la PFP (Policia Federal Preventiva) s'avancent vers le centre d'Oaxaca, détruisent
les barricades, repoussent les occupants avec camions à eau, gaz lacrimogènes et
tirs d'armes à feu. Derrière les barricades, des vieilles femmes ravitaillent en
pierres les jeunes qui les lancent sur les policiers. Certains militants avaient
d'abord tenté de dialoguer avec ceux-ci : "Puisque vous êtes aussi foutrement
baisés que nous, pourquoi vous nous faites ça et vous ne nous débarrassez pas
d'Ulises ?" Alors que le zocalo est déjà occupé par la PFP, des centaines
d'habitants s'y dirigent en familles et s'y installent comme chaque dimanche. Cette
première journée d'assaut cause trois morts civils : un infirmier, un professeur et
un enfant.

Durant tout l'après-midi, la direction de l'APPO n'a pas cessé d'essayer de
contacter par téléphone la Secretaria de Gobernacion, ministère fédéral responsable
de la police, en vain. Ils insistent dans tous leurs
communiqués pour que les Mexicains et les citoyens du monde entier comprennent bien
que ce n'est pas l'APPO qui a rompu le dialogue. Ils accusent le président Fox
d'avoir choisi la répression violente
malgré ses déclarations lénifiantes de solution pacifique, et dans la foulée
accusent Felipe Calderon (futur président élu frauduleusement) de complicité :
"Pauvre petit Calderon. Après ce qu'il a fait aujourd'hui, avant d'être président,
il ne va pas poser un pied à Oaxaca durant tout son mandat."

A 19 heures, l'APPO abandonne le centre et se replie dans la cité universitaire. La
répression se poursuit pendant la nuit, dans la ville et dans les colonies proches,
et une cinquantaine de militants sont arrêtés à
leur domicile.

La radio universitaire est la dernière radio qui subsiste aux mains des
sympathisants de l'APPO : des étudiants l'occupent depuis six mois avec le
consentement tacite du rectorat. Elle sert de moyen de tramission
d'urgence : demandes d'envoi de médecins, de renforcement d'une barricade, etc.
Entre ces communiqués et les chants révolutionnaires, elle diffuse les messages de
solidarité qui affluent du monde entier.

Le recteur de l'Université autonome Benito Juarez d'Oaxaca (UABJO), Francisco
Martinez Neri, exprime officiellement son inquiétude quant au risque de violences
contre la communauté universitaire et condamne d'avance toute tentative de prise du
campus par les policiers. Il appelle à la résolution de conflits par le dialogue et
la négociation, selon la tradition démocratique d'un Etat de droit.

Les étudiants et les militants de l'APPO renforcent la défense de l'accès à la
radio et préparent leurs armes : pierres et lance-pierres, cocktails Molotov,
"basukas" consistant en un tube de PVC rempli de poudre à pétards - "une
authentique métaphore de David et Goliath", commente un journaliste de La Jornada.

Le jeudi 2 novembre, la PFP donne l'assaut à l'université, malgré le refus très
clair du recteur qui rappelle que la loi mexicaine interdit l'incursion des forces
de l'ordre dans les universités autonomes, à moins
qu'elles soient appelées par le rectorat. Les résistants sont environ 50.000, tous
les habitants du quartier et les étudiants s'étant massés autour du campus pour le
défendre. Après sept heures d'affrontements très
violents, la PFP doit se retirer sans avoir réussi à atteindre le cour du campus.
Officiellement, ils diront qu'ils "n'ont jamais essayé d'entrer" !
Les résistants déplorent cependant une vingtaine de morts, une centaine de blessés,
plus de 120 prisonniers et de nombreux disparus.

Solidarité nationale et internationale

Les marques de soutien et d'appui surgissent de tout le pays ainsi que de nombreux
pays d'Amérique et d'Europe. La "Otra Campaña" des zapatistes, qui se trouve dans
le Nord, ainsi qu'une multitude d'associations
indigènes appellent à bloquer routes, autoroutes et ponts. Ils invitent à organiser
une grève nationale le 20 novembre. La communauté "Las Abejas" organisera le 9
novembre une caravane depuis le Chiapas pour apporter vivres et médicaments à
Oaxaca. Tous les communiqués montrent la même conscience de lutter contre les mêmes
exploiteurs, les mêmes dominateurs voleurs de terres et de ressources naturelles,
corrompus et assassins.

Dans l'État d'Oaxaca comme dans les autres États de la République, quand on parle
avec les gens dans la rue, tous ont la même indignation vis-à-vis de cet assassin
qui se cramponne au pouvoir au prix de dizaines de morts, et beaucoup ont la
conviction que les années de soumission sont terminées, que maintenant le peuple ne
se laissera plus tromper et abuser.

Dans le monde, des manifestations et occupations ont eu lieu devant les ambassades
et consultats du Mexique, notamment à Vancouver, Los Angeles, Boston, Chicago,
Lima, Londres, Madrid, Barcelone, Milan et d'autres villes d'Italie.

La situation actuelle

Le samedi 4, une partie des personnes arrêtées ont été libérées ; toutes se
plaignent de tortures physiques et psychologiques. L'armée occupe la ville et a
même reçu 2.000 effectifs supplémentaires pour assurer son omniprésence. On dégage
progressivement les carcasses de véhicules brûlés, les commercent rouvrent
timidement, craignant encore des incursions de tireurs "non identifiés". Radio
Universidad est toujours gardée par des barricades, l'état d'alerte se maintient
(vendredi matin un groupe d'hommes armés a tiré sur les antennes mais sans les
endommager suffisamment pour arrêter les émissions).

Hier, dimanche 5 novembre, des dizaines de milliers d'habitants venant de l'État
d'Oaxaca et d'autres Etats ont formé une gigantesque marche vers la capitale de
l'État pour exiger à la fois la destitution du gouverneur et le retrait des forces
de police, au cri de "Oaxaca n'est pas une caserne : dehors l'armée !". Il n'y a
pas eu de nouveaux affrontements avec la PFP, qui s'est contenté de suivre la
caravane et de l'observer. L'APPO demande à nouveau au président Fox d'installer
une table de négociation, au plus tard pour ce mardi.

Avancées politiques

Les choses semblent cependant avancer politiquement : la Procudaria General de la
Republica (la plus haute instance de justice) a ordonné une enquête sur les
relations entre le PRI local et les groupes paramilitaires
; un haut fonctionnaire a été envoyé à Oaxaca par le secrétaire de gouvernement
Carlos Abascal Carranza (l'équivalent du premier ministre) pour favoriser les
négociations et pour rencontrer notamment le
recteur de l'université. Le fonctionnaire a assuré à celui-ci qu'"il n'a jamais été
dans les objectifs de la PFP ni dans les plans de l'opération d'entrer dans aucun
espace appartenant à l'Université. Nous devons assurer la préservation de son
autonomie." Le gouvernement a assuré qu'il n'interviendrait pas dans la
programmation de Radio Universidad, qui jouit de l'autonomie de l'université.
D'autre part, il a fait savoir que c'était
au PRI de demander à Ulises Ruiz de se retirer. Les députés et sénateurs ont
également exhorté le gouverneur Ruiz "à une réflexion sur sa capacité à gouverner".
En fait, le PRI est divisé, une partie de ses membres ne voulant plus soutenir le
gouverneur.

Complètement en décalage avec la situation, le Syndicat national des enseignants
(SNTE), dirigé par la priiste Elba Esther Gordillo, reproche au gouvernement de
mener des négociations avec la section 22 qui ne jouit
d'aucun statut juridique, au lieu de les mener avec la direction nationale du
syndicat.

La double position de l'Eglise

Comme il est bien connu, en Amérique latine, une partie de l'Église est très
engagée à gauche tandis qu'une autre, et principalement la hiérarchie, est engagée
à droite. On en constate un nouvel exemple avec la
confrontation entre le président de la Conférence de l'Episcopat mexicain, qui
donna son aval à l'intervention de la PFP, et les nombreux prêtres de l'Etat qui
lui ont demandé d'expliquer ou de rectifier cette position. Dans un communiqué, les
prêtres l'interpellent ainsi : "Nous ne doutons pas de la sagesse de nos évêques ni
de leur capacité à discerner les signes des temps ; c'est pourquoi nous nous
demandons : en réalité, ne pouviez-vous prévoir que ce que cherchait le
gouvernement fédéral c'était une bénédiction pour la répression ?" De même, la
messe de ce dimanche dans la cathédrale de Mexico a été interrompue par des
centaines de personnes pour protester contre le soutien que l'archevêque Norberto
Rivera avait déclaré en faveur de l'intervention policière.

Attentats à la bombe dans la ville de Mexico

La nuit dernière, peu après minuit, trois explosions de bombes artisanales ont
ébranlé la capitale, la première dans une succursale de banque, la deuxième au
tribunal électoral, la troisième au siège du PRI. Des
précautions avaient été prises pour qu'il n'y ait pas de victimes : un appel
téléphonique avait averti la police du secteur et une pancarte "Danger : bombe"
avait même été apposée sur la porte d'une autre banque, où se trouvait une
quatrième bombe qui n'a pas explosé. Il n'y a jusqu'à présent aucune revendication,
mais l'APPO a déjà communiqué qu'elle n'avait rien à voir avec ça.

Annick Stevens
Sources : La Jornada, les communiqués de l'APPO et de diverses associations indigènes.


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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Jeu 9 Nov - 1:04

Appel d'un partisan de l'autonomie individuelle et collective



Considérant que les habitants d'Oaxaca ont le droit de vivre comme ils le veulent
dans la ville et dans la région qui sont la leur ;

Considérant qu'ils ont été victimes d'une agression brutale des policiers, des
militaires et des escadrons de la mort à la solde d'un gouverneur et d'un
gouvernement corrompus dont ils ne reconnaissent plus l'autorité ;

Considérant que le droit de vivre des habitants d'Oaxaca est un droit légitime et
que l'illégalité est le fait des forces d'occupation et de répression ;

Considérant que la résistance massive et pacifique de la population d'Oaxaca
atteste à la fois sa résolution de ne pas céder à la menace, à la peur, à
l'oppression, et sa volonté de ne pas répondre à la violence des policiers et des
tueurs paramilitaires par une violence qui justifierait le travail de souffrance et
de mort accompli par les ennemis stipendiés de la vie ;

Considérant que la lutte du peuple d'Oaxaca est la lutte de millions d'êtres
revendiquant le droit de vivre humainement et non comme des chiens dans un monde où
toutes les formes de vie sont menacées par les intérêts financiers, la loi du
profit, les mafias affairistes, la transformation en marchandises des ressources
naturelles, de l'eau, de la terre, des espèces végétales et animales, de la femme,
de l'enfant et de l'homme asservis dans leur corps et dans leur conscience ;

Considérant que la lutte globale entreprise au nom de la vie et contre l'emprise
totalitaire de la marchandise est ce qui peut empêcher le peuple d'Oaxaca de céder
à ce désespoir qui sert toujours fidèlement le pouvoir parce qu'il paralyse la
pensée, ôte la confiance en soi, entrave la faculté d'imaginer et de créer des
solutions nouvelles et de nouvelles formes de lutte ;

Considérant que la solidarité internationale se contente trop souvent de rabâchages
émotionnels, de discours humanitaires et de déclarations creuses où seule la
fatuité de l'orateur trouve un objet de satisfaction ;

Je souhaite qu'un soutien pratique soit apporté aux assemblées populaires d'Oaxaca
afin que ce qui n'est pas encore une Commune puisse le devenir. Car ce qui est en
train de s'ébaucher se situe dans la lignée de la Commune de Paris et des
collectivités andalouses, catalanes et aragonaises de 1936-1938, où l'expérience
autogestionnaire jeta les bases d'une société nouvelle.


A cette fin, je fais appel à la créativité de chacun pour aborder des questions
qui, sans préjuger de leur pertinence et de leur intérêt, sont de nature à
apparaître, à tort ou à raison, dans la constitution d'un gouvernement du peuple
par le peuple, c'est-à-dire d'une démocratie directe où les revendications
individuelles soient prises en considération, examinées sous l'angle d'une
harmonisation possible et dotées d'une accréditation collective qui permette de les
satisfaire.

- Si tant est qu'il soit possible et souhaitable que les parents des victimes de la
répression et de l'occupation policière se constituent partie civile contre le
gouverneur et les instances responsables des assassinats et des violences, comment
leur garantir un soutien international ?

- Comment empêcher les emprisonnements, l'action des paramilitaires, le retour de
la région entre les mains sanglantes des corrompus ?

- Au-delà du sursaut d'indignation suscité par la barbarie policière et mafieuse,
comment aider la population d'Oaxaca à donner des garanties effectives à cette
aspiration qu'elle ne cesse d'exprimer : nous ne voulons plus être en proie à
aucune violence ?

- Comment agir en sorte qu'aucune oppression ne s'exerce sur le droit de vivre des
individus et des collectivités attachées à la défense de ce droit universel ?

- Quel soutien la solidarité internationale peut-elle apporter à la résistance
civile d'Oaxaca en sorte que cette résistance civile devienne simplement la
légitimité d'un peuple à se gouverner directement lui-même par le recours à la
démocratie directe ?

Et dans une perspective de plus longue échéance :

- Si celle-ci le souhaite, comment pouvons-nous aider la Commune d'Oaxaca à
collaborer à l'organisation de l'approvisionnement en nourritures et en biens
d'utilité individuelle et collective ?

- Comment pouvons-nous aider les associations populaires à assurer elles-mêmes et
sans dépendre des pouvoirs "d'en haut" la gestion des transports, des services
sanitaires, de la fourniture en eau, en
électricité ?

- Quel appoint international peut-il être fourni au projet d'"éducation
alternative" qui, après la longue grève des enseignants, s'esquisse en Oaxaca ?

- Ne se trouve-t-il aucune association scientifique qui puisse faciliter le
développement d'énergies naturelles et non polluantes dans la région d'Oaxaca ? Le
but serait double. D'une part, éviter que celles-ci soient implantées
autoritairement au profit de l'Etat et des multinationales - comme cela s'est passé
dans l'isthme. D'autre part, rappeler que la préoccupation énergétique et
environnementale n'a de sens pour nous que dans sa relation avec l'autogestion.
Car, mises au service de communautés autogérées, elles ne permettent pas seulement
de se rendre indépendants des mafias pétrolières et technologiques, elles
instaurent peu à peu cette gratuité que leur caractère renouvelable et leur source
inépuisable garantissent, une fois couverts les frais d'investissement. Et cette
idée de gratuité des énergies, qui implique aussi la gratuité des moyens de
transport, des soins, de l'éducation, est, plus encore qu'une arme absolue contre
la tyrannie marchande, le plus sûr garant de notre richesse humaine.


Chaque fois qu'une révolution a dédaigné de considérer comme son objectif
prioritaire le soin d'améliorer la vie quotidienne de tous, elle a donné des armes
à sa répression.
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Jeu 9 Nov - 12:08

Le gouverneur Ruiz est lâché par le gouvernement fédéral

Le ministre de la politique intérieure, Carlos Abascal, a déclaré dans une
conférence de presse que le gouverneur d'Oaxaca, Ulises Ruiz, devait, ou bien
parvenir à un pacte de gouvernement avec ses opposants et
obtenir une trêve pour montrer qu'il était capable de gouverner, ou bien donner sa
démission. Le ministre a refusé d'évoquer un possible chantage du PRI, qui
menacerait d'être absent à la cérémonie d'investiture de Felipe Calderon.
Il a annoncé que, si le fédéral n'avait pas le droit de destituer un gouverneur
d'Etat, en revanche il existait des moyens légaux pour le contrôler :
1. un audit de la gestion des ressources fédérales reçues par l'Etat ;
2. une enquête judiciaire sur la responsabilité du gouverneur dans les violences
perpétrées par des paramilitaires. Cependant, il s'est refusé à avancer une date
pour le retrait de la police fédérale de la
capitale oaxaquénienne, celle-ci étant, selon lui, nécessaire "pour garantir la
sécurité des citoyens".

La situation sur place

Ce mercredi, l'APPO doit remettre une proposition au gouvernement fédéral
dans laquelle elle demande la destitution de plusieurs hauts mandataires
de l'administration Ruiz, comme condition pour entamer des négociations
avec le ministre de l'intérieur.

Les étudiants estiments nécessaire de maintenir les barricades qui
défendent l'université et la radio. En effet, la situation est toujours
dangereusement tendue : des agressions sporadiques de la part de
policiers ont encore eu lieu contre des indigènes ou contre des habitations ; la
radio du gouvernement, Radio Ciudadana, continue à émettre des appels
à la haine contre les professeurs et les militants de l'APPO ; des inconnus
cagoulés ont détruit un fast-food à coups de cocktails Molotov.
La chambre des députés a refusé au président l'autorisation de partir en
voyage officiel au Vietnam et en Australie, estimant que la gravité
de la situation requérait sa présence dans le pays. Un député de son propre
parti s'est demandé non sans humour : "Pourquoi veut-il aller au
Vietnam, puisqu'il a le sien ici ?"

Les actions futures

L'APPO appelle tous les groupes de lutte, formels ou informels, à
envoyer des délégués à un congrès constitutif à Oaxaca, du 10 au 12
novembre, qui aura les objectifs suivants :

1. Constituer formellement l'Assemblée populaire des Peuples d'Oaxaca
2. Discuter et approuver les statuts, principes, programme et propositions
de l'Assemblée nationale des peuples d'Oaxaca
3. Elire le premier Conseil national des peuples d'Oaxaca, qui sera
l'organe de coordination et de représentation de l'APPO
4. Approuver le plan d'action à court, moyen et long terme.

L'organisation souligne à cette occasion que sa lutte ne se limite pas à
chasser "le tyran Ruiz" mais a pour objectif de transformer profondément
l'organisation politique de l'Etat pour répondre aux demandes des
peuples qui l'habitent.

Les attentats à la bombe du DF revendiqués par cinq groupes de guérilla

Les attentats à la bombe qui ont secoué la ville de Mexico la nuit de
dimanche à lundi ont été revendiqués en commun par cinq groupes de
guérilla : le Mouvement révolutionnaire Lucio Cabanas Barrientos (MR-
LCB), la Tendance démocratique révolutionnaire - Armée du peuple (TDR-EP),
l'Organisation insurgée 1er Mai, la Brigade de justice 2 décembre et les
Brigades populaires de libération. Ces organisations avaient déjà
annoncé à la presse le mois dernier qu'elles passeraient à l'action si la police
fédérale réprimait violemment la contestation à Oaxaca. Dans leur
communiqué, elles reprennent les revendications de l'APPO et
dénoncent en outre la fraude électorale et "la violence néolibérale
institutionalisée".
Malgré cette revendication, les autorités judiciaires n'excluent pas la
possibilité que ces groupes ne soient pas les auteurs des attentats mais
"profitent de l'opportunité pour se montrer". En tout cas, aucun
mandataire judiciaire ou politique n'accuse l'APPO ou le PRD d'en être
responsables, comme on l'avait tout de suite craint. Le ministre de la
Sécurité publique, Eduardo Molina Mora, a déclaré l'état d'alerte contre
la menace d'autres attentats, ce qui consiste à renforcer la surveillance
policière et militaire des ports, terminaux aériens et routes fédérales.

Annick Stevens

Sources : La Jornada, les communiqués de l'APPO et de diverses
associations indigènes.

[ information diffusé sur la mailing liste [cspcl] - http://cspcl.ouvaton.org ]
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Mar 14 Nov - 18:15

Lundi 20 novembre à 18 h 30 au parvis Beaubourg

Alors qu'au Mexique, la répression s'abattait sur une grève de mineurs à
Sicartsa, dans l'État du Michoacán, en avril 2006, puis sur le
village de San Salvador Atenco, près de Mexico, en mai ; dans l'État d'Oaxaca,
depuis plusieurs mois, le peuple s'est soulevé contre le despote au pouvoir,
Ulises Ruiz. Une Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca (APPO) s'est
formée suite à la répression d'une longue grève d'enseignants de la
région, et rassemble des centaines d'organisations de différents
secteurs de la société de cet État.

L'idée que le peuple puisse révoquer à tout instant celui qu'il a élu et
qui n'accomplit pas sa tâche pour le bien commun est l'idée centrale
de ce mouvement qui rassemble des centaines de milliers de personnes
d'origines et d'horizons les plus divers. C'est elle qui anime la résistance. Au-
delà des barricades, c'est une autre vision de la politique et des
rapports que les gens peuvent avoir entre eux qui se construit...

Alors que l'APPO contrôle une grande partie de la ville, le 27 octobre,
des paramilitaires au service du gouvernement local ont tiré sur des
barricades faisant 4 morts. Cela a été le prétexte rêvé du gouvernement
fédéral pour envoyer la PFP (police militarisée) à Oaxaca. Elle est
entrée dans la ville le 29 et a occupé le zócalo (la place centrale). Les
membres de l'APPO se sont alors retranchés sur la place Santo Domingo, près de
l'université. Le 2 novembre au matin, la PFP a tenté de les déloger
et de s'attaquer à Radio Universidad, l'une des voix du mouvement, mais elle a
été repoussée et a dû battre en retraite.

Pour que cette Commune ne finisse pas dans un bain de sang, il est de
notre devoir de nous mobiliser et de faire pression sur le gouvernement
mexicain, ainsi que d'exprimer notre solidarité envers la lutte des
peuples d'Oaxaca. C'est pourquoi, en réponse à l'appel à la mobilisation
nationale et internationale lancé par l'APPO et d'autres mouvements
sociaux d'Oaxaca pour le 20 novembre, nous appelons à manifester :

Le lundi 20 novembre à 18 h 30
Départ : parvis Beaubourg.

Dehors Ulises !
Dehors la PFP !
Libération de touTEs les prisonnierEs !


Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL, Paris)
33, rue des Vignoles - 75020 Paris - France
réunion (ouverte) le mercredi à partir de 20 h 30
http://cspcl.ouvaton.org
cspcl(a)altern.org
liste d'information : http://listes.samizdat.net/sympa/info/cspcl_l


[ Le 20 novembre, il s'agit d'un appel international à solidarité avec Oaxaca. Il y
a aura donc des itiatives dans beaucoup d'autres lieux qu'à Paris ]
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Ven 17 Nov - 14:36

LE PEUPLE MEXICAIN EST PRET POUR LE COMMUNISME

Les habitants de Morelos, comme ceux de Puebla, de Michoacan, Durango,
Jalisco, Yucatan, et des autres états, dans lesquels de vastes étendues de
terrains ont été occupées par des masses prolétaires qui se sont voués a
leur culture démontrent au monde entier, avec des faits, que l'on n'a nul
besoin de savants pour résoudre le problème de la faim.

Pour arriver au résultat de la prise de possession de la terre et des
instruments de travail au Mexique on n'a pas eu besoin de leaders,
"d'amis" des travailleurs, ni de décrets paternalistes, ni de lois
savantes, non rien de tout cela . C'est l'action qui a tout fait et qui
continue de tout faire. Le Mexique marche vers le communisme plus vite
encore que nous l'espérions, nous les plus exaltés des révolutionnaires,
et le gouvernement et la bourgeoisie ne savent plus quoi faire en face de
faits qu'ils pensaient irréalisables .

Il n'y a pas trois mois que Juan Sarabia dans une lettre ouverte, longue
et fastidieuse, qui m'était destinée et que presque toute la presse
bourgeoise de Mexico a publié, me disait que le prolétariat ne comprenait
rien a notre propagande et qu'il était satisfait avec la grande conquête
de la révolte Maderiste : Le bulletin électoral. Les faits lui démontrent
que nous les libéraux ne sommes pas des utopistes et que notre action et
notre propagande répondent aux nécessitées et a l'opinion de la classe
pauvre du Mexique. Le peuple mexicain tient en une horreur instinctive
l'autorité et la bourgeoisie. Tout visiteur du Mexique a pu approcher
cette réalité, il n'y a pas d'individu plus cordialement haï que le
gendarme. Les seul mot de gouvernement rempli d'inquiétude les humbles. Le
soldat, en d'autres pays applaudi et admiré, est ici vu avec mépris. Toute
personne qui ne gagne pas sa vie avec ses mains y est odieuse.

Tout ceci est plus que suffisant pour une révolution sociale de caractére
économique et anti-autoritaire. Mieux. Au Mexique vivent plusieurs
millions d'indiens qui, il y a 20 ou 25 ans vivaient encore en
communautés, lesquelles possédaient en commun la terre, les eaux et les
forêts.

L'APPUI MUTUEL était la règle dans ces communautés, dans lesquelles
l'autorité était perçue seulement quand l'agent du fisc faisait son
apparition ou bien quand les rurales venaient chercher des mâles pour
renforcer l'armée. Dans ces communautés il n'y avait ni juges, ni maires,
ni matons, ni aucune sorte de ces parasites. Tous avaient droit a la
terre, a l'eau pour l'arroser, a la forêt pour le bois de chauffe et de
construction. Les charrues aussi bien que les boeufs étaient au service de
tous. Chaque famille cultivait le lopin de terre qu'elle jugeait
suffisante pour vivre, la récolte se faisait en commun, en réunissant
toute la communauté, aujourdhui pour Pierre, demain celle de Jean, et
ainsi de suite, tous les membres de la communauté participaient a la
tâche.

Ces simples habitudes ont duré jusqu'a ce que, l'autorité, se sentant
assez forte dans la pacification totale du pays, put garantir a la
bourgeoisie la prospérité des affaires. Les généraux des révoltes
politiques reçurent des vastes étendues de terres, les hacendados
agrandirent leur territoire, les plus vils politiciens obtenaient des
terres immenses comme salaires, les aventuriers et les étrangers obtinrent
des concessions, de terres, de forêts, de rivières, (laissant nos frères
indiens sans un pouce de terre, sans droits sur les forêts, ni sur la
moindre branche d'arbre, dans la misère la plus abjecte, dépouillés de
tout ce qui avant était a eux) Quant aux métis qui constituent la majorité
des habitants de la république mexicaine, à l'exception des habitants des
grandes villes, ils avaient également des terres communales, bois et
rivières, comme la population indigène. L'appui mutuel était également de
règle, les choses se fabriquaient en commun , l'argent n'était pas
nécessaire, parce que on pratiquait le troc . Mais il y a eu la paix,
l'autorité en ressortit renforcée, et les bandits de la politique et de la
finance volèrent éhontement les terres, les bois, tout. Il n'y a pas
quatre ans on pouvait encore lire dans la presse d'opposition que le
nord-américain X ou l'allemand Y ou l'espagnol Z avaient enfermé une
population entière dans les limites de "sa" propriété avec l'aide de
l'autorité.

On voit, donc que le peuple mexicain est apte au communisme parce que il
l'a pratiqué , au moins en partie, durant des siècles, et cela explique
que bien que analphabète en majorité il comprenne que aux FARCES
ELECTORALES POUR ELIRE DES BOURREAUX il est préférable de s'emparer de la
terre , et c'est ce qu'il fait au grand scandale des voyous de la
bourgeoisie.

Maintenant il ne manque plus que l'ouvrier s'empare de l'usine, de
l'atelier, de la mine, des la sidérurgie, du chemin de fer, du bateau, de
tout en un mot. QU' IL N Y AIT PLUS DE MAITRE D'AUCUNE CLASSE et alors
cela sera la fin de ce mouvement.

Adelante Camaradas !

RICARDO FLORES MAGON Regeneracion 02 septembre 1911
PRESENCE DU MAGONISME

Ce texte est issu d'une collection de brochures portant sur les écrits de
Ricardo Flores Magon. Cette collection a été édité et diffusé a Oaxaca par
des habitants eux mêmes, en dehors de toute organisation, ce depuis 1992,
en 1998 la CNT-AIT de Midi Pyrénée a aidé financièrement a leur diffusion
sur place. Cette année là par exemple 2000 de ces brochures ont été
vendues sur la ville de Oaxaca. (qui est une ville de un million
d'habitants) Ce succès n'est pas un hasard, Ricardo est natif de l'état de
Oaxaca et les habitants de cet Etat sont fiers encore aujourd'hui de la
trajectoire politique des frères Enrique et Ricardo Flores Magon. Leur
père était un indien zapothéque, et d'après le biographe local de Ricardo
ce sont les récits paternels concernant le mode de vie des indiens qui ont
conduit les Magon a l'anarchisme. Ils restérent jusqu'au bout fidèles a
leurs idéaux. Les chefs d'état mexicains, Diaz d'abord, Madero ensuite,
tentèrent des les acheter, en leur promettant des places et des rentes. Si
leur troisième frère, Jesus , accepta un poste de secrétaire d'état sous
Madero, il en fût différemment pour Ricardo et Enrique. Ricardo périra
assassiné en 1922 dans une prison des USA. Dans un pays qui connaît tant
et tant de villenies et de trahisons politiciennes ces nobles destins
attirent les sympathies.

D'autant que les magonistes regroupés autour de Ricardo et Enrique furent
les précurseurs de la révolution mexicaine. Cette révolution est la
première du XX siècle naissant, elle contient déjà les enseignements de
1917 et 1936. Deux conceptions s'affrontent entre ceux qui se contentent
des réformes parlementaires, comme le bulletin de vote ou la république,
et, ceux, qui veulent Tout. Les magonistes en 1910, précédent Makhno et
les collectivées de la révolution espagnole, et lancent le mot d'ordre
"Terre et liberté ! ". C'est en deux mots le programme du communisme
libertaire. La terre comme l'usine sont a tous et l'autorité d'où qu'elle
vienne n'est que parasitisme. Mais le XX siècle n'a fait que creuser des
tombeaux en faisant des révolutions a moitié. Jesus Magon, J Sarabia et
d'autres s'arrêteront en chemin, a l'étape des honneurs et des prébendes,
celle qui nous mène a l'époque actuelle : Celle du PRI, le Parti de la
Révolution Institutionnalisé la Parti qui en fait règne au Mexique.

Et nous voici donc a Oaxaca en 2006, depuis des mois la population tient
cette ville et les parasites (flics et matons, gouverneur et
bureaucrates....) ont du fuir. Une Asamblea Popular de los Pueblos de
Oaxaca , APPO, semble incarner l'insurrection. Oaxaca ce n'est pas les
balkans infectés de nationalisme, et que l'on dise pueblos ou poblaciones,
cela peut aussi bien signifier, peuples, que villages ou populations. En
réalité il faut chercher la signification de ces termes dans la culture de
la région. Derrière los pueblos de Oaxaca il y a l'âme des communautés
indiennes si chére a Ricardo, mais d'ailleurs cette âme ne s'est elle pas
rematérialisé ? Car l'état fédéral depuis qu'il existe n'est jamais
intervenu que pour massacrer et réprimer les paysans, jamais pour les
aider, et, par la force des choses, les vertus des ancêtres, leur
solidarité, l'entraide, sont devenues synonymes de survie. Du coup les
communautés rurales ou indigènes sont redevenues aptes a se passer de
l'état et voila que ce texte de Magon retrouve une actualité : Un siècle
est passé et de nouveau ces communautés font vaciller le pouvoir mexicain
!

Ne nous y trompons pas, on nous parle de commune de Oaxaca, peut être que
cela est semblable, mais il y a une différence de taille entre la commune
de Paris et celle de Oaxaca, c'est que cette dernière n'est pas isolée.
Dans tout l'état de Oaxaca, dans tout le Mexique, les pauvres, les
prolétaires sont solidaires de Oaxaca, parce que le mouvement de Oaxaca
fait appel a la sensibilité profonde des mexicains, parce que il a comme
fer de lance ces communautés qui sont la mémoire et la fierté de tout les
exploités. Et Ruiz (le gouverneur PRI déchu) n'a pas la chance de Thiers,
les masses paysannes sont contre lui et sont solidaires des citadins
révoltés. Ces villageois depuis longtemps habitués a l'autonomie sont la
force du mouvement, certainement pas les partis et les syndicats de toutes
obédiences, que les mexicains, tirant leur lucidité de leur expérience
historique, qualifie unanimement de "charros " c'est a dire de pourris.


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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Ven 17 Nov - 18:57

Des luttes exemplaires... enfin...

_________________
L'anarchie est la forme la plus élevée de l'ordre (Elisée Reclus)
...car c'est l'ordre sans le pouvoir !
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MessageSujet: OAXACA, l'APPO s'étend sur tout le Mexique : APPM ! !   Mer 22 Nov - 22:44

Merci à toi tissmo pour ce fil d'actualité...nécéssaire et important
fraternité,
éTOc,



L'Assemblée Populaire des Peuples du Mexique se constitue
OAXACA, l'APPO s'étend sur tout le Mexique : APPM ! !

L'Assemblée Populaire des Peuples du Mexique se constitue Traduction de la page http://www.jornada.unam.mx/2006/11/20/index.php ?section=politica&article=012n1pol

Hier l'Assemblée Populaire des Peuples du Mexique (APPM) s'est formellement constitué avec 19 assemblées populaires d'état et 75 organisations sociales. L'APPM a appelé aux participants de 'l'autre campagne' et du 'Frente Amplio Progresista' (coalition de trois partis de centre gauche, le Parti de la Révolution Démocratique, le Parti du Travail et le Parti Convergence) a les rejoindre, afin d'unir leurs efforts dans la lutte contre le projet néolibéral de Felipe Calderon.

Les membres ont réaffirmés leur soutien au peuple de Oaxaca, dans sa lutte pour la destitution du gouverneur Ulises Ruiz, et ils on demandé au gouvernement de Vicente fox de retirer la Police Fédéral Préventive de la capital de Oaxaca, pour en finir avec l'état de siège que subit la population.

Ils ont dit qu'ils participeront aujourd'hui à l'investiture de protestation, de Andrés Manuel López Obrador, à la place de la Constitution, d'où ils feront connaitre les objectifs de leur mouvement social.

L'assemblée constitutive a accordé son soutien total au plan d'action de l'Assemblé Populaire des peuples de Oaxaca. Elle participera aux piquets devants 15 ambassades, à une méga marche qui aura lieu jusqu'à capital de Oaxaca et aux blocages de routes.

En accord avec les résolutions de l'assemblée, des commissions provisoires ont été crées. Elles se chargeront d'organiser l'APPM dans le pays et de convoquer un premier congrès constitutif, afin de consolider le mouvement à l'échelle national.

Jorge Ramos Avilés, secrétaire général du Syndicat Indépendant des Travailleurs de l'Université Autonome Métropolitain (de l'UNAM l'université publique de Mexico DF) et membre de la commission de l'APPM, à expliqué lors d'une conférence de presse que l'APPM représente 'la grande possibilité de changer le pays', et est née de la lutté héroïque du peuple de Oaxaca.

'Le peuple de Oaxaca a mis tous les mouvements sociaux à leur place et nous a offert une lutte alternative, où tous participent. Qu'importe quelque soit leurs orientions, dans ces instants historiques, ici s'intègre l'autre campagne, l'EZLN, les partis, les conventionnalistes, c'est-à-dire ici s'intègre le peuple. Il n'y avait pas eu depuis longtemps une convocation avec autant de présence' a t-il signalé.

La présidente des débats de l'assemblée d'hier, Jacqueline López, a précisé que l'APPM est une entité autonome qui opère en marge des partis et fait office de pouvoir du peuple, parallèle au gouvernement fédéral.

Parmi ses objectifs, à-t-elle dit, se trouve la construction de l'unité du peuple du Mexique, passant par l'organisation de fronts, qui, tous en une seule force, ait la capacité d'affronter le pouvoir de l'extrême droite, représenté par le gouvernement de Calderon et la politique néolibéral qu'il prétend exercer.

Par Gabriel Leon Zaragoza http://www.lariposte.com/-Oaxaca-.html
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Jeu 23 Nov - 0:28

Coucou, contente de te revoir de nouveau.
Un coup de main pour la gazette, ça c'est bienvenu !!!

bises frat. compagnon,
Véro
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   Jeu 23 Nov - 0:56

Emule, après un p'tit tour, il semblerait y avoir pas mal de films et de docs à charger sur Oaxaca...
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MessageSujet: Re: Pendant ce temps là, à Oxaca (Mexique)...   

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