Bolet Satan et Compagnie...


 
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 Pourquoi les oies criaient...

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MessageSujet: Pourquoi les oies criaient...   Dim 17 Sep - 19:05

Pourquoi les oies criaient



A la maison, on parlait tout le temps d’esprits des morts qui prennent possession de corps d’êtres vivants, d’âmes qui se réincarnent dans des animaux, de maisons habitées par des lutins, de caves hantées par des démons. Mon père parlait de ces choses, d’abord parce que cela l’intéressait, et ensuite parce que dans une grande ville, les enfants risquent facilement de mal tourner. Ils vont partout, ils voient tout, ils lisent des livres profanes. Il est nécessaire de leur rappeler de temps à autre qu’il existe encore des forces mystérieuses à l’oeuvre dans le monde.

Un jour, j’avais à peu près huit ans, il nous raconta une histoire qu’il avait trouvée dans un de ses livres sacrés. Si je me souviens bien, l’auteur de ce livre était Rabbi Eliyahu de Graidik - ou en tous cas un des sages Graidikers. C’était l’histoire d’une jeune fille possédée par quatre démons. On pouvait les voir ramper dans ses intestins, gonfler son ventre, se promener à travers tout son corps, se faufiler le long de ses jambes. Le Rabbi de Graidik avait exorcisé les forces du mal en sonnant dans la corne du bélier, en prononçant des incantations, en brûlant des herbes magiques.

Quand mon frère Joshua émettait des doutes sur ce genre d’histoires, mon père s’énervait. Il répondait : " Et alors, Dieu nous protège, le grand Rabbi de Graidik était un menteur? Tous les Rabbis, les saints, les sages seraient des menteurs et seuls les athées diraient la vérité? Malheur à nous! Comment peut-on être aussi aveugle! "

Soudain la porte s’ouvrit et une femme entra. Elle portrait un panier dans lequel il y avait deux oies. Elle avait l’air effrayée. Sa perruque de matrone était toute de travers. Elle souriait nerveusement.

Mon père ne regardait jamais une femme qu’il ne connaissait pas parce que la loi juive l’interdit. Mais ma mère et nous, les enfants, comprîmes tout de suite que quelque chose avait bouleversé notre visiteuse inattendue.

" Qu’y a-t-il? " demanda mon père en tournant le dos à la femme, pour être sûr de ne pas porter les yeux sur elle.

" Rabbin, j’ai un problème très bizarre.

- De quoi s’agit-il?

- De ces oies.

- De ces oies? Et alors?

- Cher Rabbin, ces oies ont été tuées suivant les règles. Après, je leur ai coupé la tête. J’ai sorti les intestins, le foie, tout le reste, mais elles continuent à crier d’une voix tellement lamentable... "

En entendant ces mots, mon père pâlit. Une peur terrible s’empara de moi aussi. Mais ma mère, qui était issue d’une famille de rationalistes, était sceptique de nature.

" Des oies mortes ne crient pas, dit-elle.

- Vous allez les entendre ", répondit le femme.

Elle sortit une oie du panier et la posa sur la table. Puis elle sortit la seconde. Les oies étaient décapitées, vidées. C’étaient des oies mortes tout à fait ordinaires.

Un sourire apparut sur les lèvres de ma mère:

" Et ce sont ces oies-là qui crient?

- Ecoutez bien. "

La femme saisit une oie et la cogna contre l’autre. Aussitôt un cri se fit entendre. C’était bien le cri d’une oie, mais si étrange, si haut perché, si plaintif, que j’en eus froid dans le dos. Je sentais mes papillotes se hérisser. J’avais envie de me sauver. Mais pour aller où? Ma gorge se serra de peur. Et je me mis à crier, moi aussi, et à m’accrocher à la jupe de ma mère, comme un enfant de trois ans.

Oubliant qu’il convient de détourner son regard d’une femme, mon père se précipita vers la table. Il avait aussi peur que moi. Sa barbe rousse frémissait. Dans ses yeux bleus se lisait un mélange de crainte et de colère. Pour lui, c’était un signe que des messages célestes lui étaient adressés, tout au comme au Rabbi de Graidik. Mais peut-être était-ce aussi une manifestation de l’esprit du Mal, de Satan lui-même ?

" Qu’en dites-vous? " demanda la femme.

Ma mère ne souriait plus. Dans ses yeux il y avait de la tristesse, mais également de la colère.

" Je ne comprends pas ce qui se passe, dit-elle avec un certain ressentiment.

- Vous voulez les entendre encore? "

De nouveau, la femme cogna ses oies l’une contre l’autre. Et à nouveau les oies mortes poussèrent un cri étrange, le cri de stupides créatures qui ont été tuées par le couteau du sacrificateur et à qui il reste pourtant une sorte de force vive, qui ont encore un compte à régler avec les vivants, une injustice à venger. Un frisson me parcourut. C’était comme si quelqu’un m’avait frappé de toute sa force.

La voix de mon père devint rauque et comme entrecoupée de sanglots.

" Eh bien, y a-t-il encore quelqu’un pour douter que le créateur existe? demande-t-il.

- Rabbin, que dois-je faire? Où dois-je aller? "

La femme se mit à se lamenter sur un ton monocorde :

" Que m’arrive-t-il? Malheur à moi! Que vais-je faire de ces oies? Peut-être faut-il que j’aille voir un Rabbi miraculeux? Elles n’ont peut-être pas été tuées correctement? J’ai peur de les rapporter à la maison. Je voulais les faire cuire pour le repas du shabbat et maintenant, quel malheur! Vénéré rabbin, que dois-je faire? Faut-il que je les jette? Quelqu’un m’a dit qu’il fallait les envelopper dans un linceul et les enterrer. Mais je suis une pauvre femme. Deux oies! Elles m’ont coûté une fortune. "

Mon père ne savait pas quoi répondre. Il jeta un coup d’oeil vers ses livres. S’il existait une réponse, elle était là.

Soudain il posa un regard courroucé sur ma mère :

" Et toi, qu’en dis-tu, hein ? "

Le visage de ma mère semblait être devenu plus petit, plus aigu. Ses yeux exprimaient de l’indignation et aussi de la honte.

" Je veux les entendre encore une fois. "

C’était autant un ordre qu’une prière.

La femme cogna les oies l’une contre l’autre et pour la troisième fois on entendit leur cri. L’idée me traversa que les génisses sacrifiées au Temple avaient dû crier ainsi.

" Malheur, malheur! Et ils blasphèment encore... Il est écrit que les méchants ne se repentent pas, même aux portes de l’enfer. "

Mon père se tut, puis reprit :

" Ils contemplent la vérité de leurs propres yeux et ils continuent de nier le Créateur. Ils sont entraînés dans un gouffre sans fond et ils maintiennent qu’il s’agit d’un accident, que c’est naturel... "

Il regarda ma mère comme pour dire :

" Tu leur ressembles. "

Il y eut un long silence. Puis la femme demanda :

" Alors, est-ce que j’avais tout inventé? "

Soudain ma mère se mit à rire. Et il y avait dans son rire quelque chose qui nous fit tous trembler. Une sorte de sixième sens m’avertit qu’elle se préparait à mettre fin au drame impressionnant qui se déroulait sous nos yeux.

" Avez-vous enlevé la trachée-artère? demanda-t-elle.

- La trachée-artère? Non...

- Enlevez-la à chacune de vos oies et elles ne crieront plus. "

Mon père se mit en colère :

" Qu’est-ce que tu racontes? Qu’est-ce que les trachées-artères ont à voir avec cette histoire? "

Ma mère saisit une des oies, enfonça un de ses doigts agiles dans le cou et de toute sa force, tira sur le tuyau qui allait jusqu’aux poumons. Puis elle s’empara de la deuxième oie et lui ôta également la trachée artère. Stupéfait, tremblant, j’admirais le courage de ma mère. Ses mains étaient pleines de sang. Sur son visage se lisait la colère de la rationaliste à qui on a essayé de faire peur en plein jour.

Le visage de mon père, lui, était devenu pâle, calme, empreint d’une certaine déception. Il savait bien ce qui venait de se produire : la logique, la froide logique triomphait de la foi, la raillait, la ridiculisait et l’écrasait de son mépris.

" Maintenant, s’il vous plaît, prenez une oie et cognez-la contre l’autre ", ordonna ma mère.

C’était l’instant décisif. Si les oies criaient, ma mère avait tout perdu : son audace de rationaliste et son scepticisme, qu’elle avait hérités de son intellectuel de père. Et moi? Eh bien, malgré ma peur, je priais intérieurement pour que les oies crient, crient si fort que tout le monde les entende jusque dans la rue et arrive en courant.

Mais, hélas! les oies restèrent silencieuses, comme deux oies mortes à qui on a retiré la trachée-artère peuvent l’être.

" Va me chercher une serviette ", dit ma mère en se tournant vers moi.

Je lui obéis. Les larmes me montaient aux yeux. Ma mère s’essuya les mains avec la serviette, comme un chirurgien après une opération difficile.

" Et voilà tout! annonça-t-elle d’un ton victorieux.

- Rabbin, qu’en dites-vous? ", demanda la femme.

Mon père toussa, grommela. Il s’éventa avec sa calotte.

" Je n’ai jamais rien entendu de pareil, dit-il enfin.

- Moi non plus, dit la femme en écho.

- Moi non plus, dit ma mère. Mais il y a toujours une explication. Des oies mortes ne crient pas.

- Je peux rentrer chez moi et les faire cuire? demanda la femme.

- Rentrez chez vous et faites-les cuire pour le shabbat, déclara ma mère d’un ton sans appel. N’ayez pas peur. Elles ne crieront pas dans votre marmite.

- Qu’en dites-vous, rabbin?

- Hum... Elles sont kasher, murmura mon père. Vous pouvez les manger. "

Il n’était pas totalement convaincu, mais il ne pouvait pas déclarer les oies impropres à la consommation.

Ma mère retourna dans la cuisine. Je restai seul avec mon père. Soudain il se mit à me parler, comme si j’avais été un adulte :

" Ta mère tient de son père, le rabbin de Bilgoray. C’est un véritable érudit, mais aussi un rationaliste, un homme de sang-froid. On m’avait mis en garde avant nos fiançailles... "

Et mon père leva les bras au ciel, comme pour signifier : il est trop tard, maintenant, pour décommander le mariage...




Isaac Bashevis SINGER

(extrait du livre "Au tribunal de mon père"-Stock- Souvenirs d'enfance)

"Même si être obscur est aujourd'hui à la mode, pour ce qui est du fond comme de la forme, être clair a toujours été mon ambition"
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éTOc

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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Dim 17 Sep - 21:39

merci vero,

un grand bonhomme que cet Isaac Bashevis SINGER

j'aime beaucoup ses livres, l'humour et l'humanisme qu'il véhicule...
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Dim 17 Sep - 22:49

Oh, tu connais? Tu as lu ce bouquin alors?
C'est vrai. quel style! on ne s'en lasse pas...
je sens que je vais me trouver un de ses livres sous peu...
Sa mère, ça devait être quelque chose! Une femme qui s'en laissait pas raconter...

bien frat.
Véro
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éTOc

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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Dim 17 Sep - 23:40

non je ne connais pas celui la

mais j'ai lu "shosha" où il évoque la communauté juive de pologne à la veille de l'holocauste...un quartier juif, sa vie quotidienne...et cette ombre de la mort de la douleur qui plane...c'est un véritable conteur, un magicien.

Il me fait penser dans une autre culture à Naguib mahfouz, mort au début du mois. Ecrivain égyptien....qui s'est attaché, tout au long de ses livres, à décrire la vie d'un quartier peuplé de gens simples, de mendiants, de poètes en proie aux petits bonheurs et aux malheurs se débattant toujours face
à l'administration, à l'Etat à la religion très prégnante....lui aussi un grand conteur.
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 0:27

"un véritable conteur, un magicien"... c'est tout à fait ça.
Et quel plaisir de lire quand les gens écrivent simplement!
Merci des autres titres, je vais essayer de trouver...

Bonne nuit à toi et à tou(te)s,
Bien frat.
Véro
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chargirou

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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 11:58

j'ai beaucoup aimé cette nouvelle, bravo et encore encore cheers
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 12:58

Merci,
Les autres arrivent, un de ces quatre...
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Bolet satan
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 17:51

chargirou a écrit:
j'ai beaucoup aimé cette nouvelle, bravo et encore encore cheers

Pas mieux !

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L'anarchie est la forme la plus élevée de l'ordre (Elisée Reclus)
...car c'est l'ordre sans le pouvoir !
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 18:00

A vous de jouer...
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éTOc

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MessageSujet: les fainéants de la vallée fertile   Lun 18 Sep - 18:50

"qu'est- ce que j'entends ? gémit le vieil Uzef.
tu veux travailler ! pourquoi ?
Qu'est-ce qui te déplait dans cette maison ?
fils ingrat ! Je t'ai nourri et habillé pendant des années, et voilà tes remerciements ! Tu veux nous couvrir de honte! "

la fainéantise, dans cette surprenante famille égyptienne, loin d'être un défaut, est cultivé comme une plante rare et précieuse. Galal le fils aîné est tenu pour le plus sage de tous parce que depuis l'âge de sept ans il passe sa vie au lit, ne se levant que pour s'asseoir à table. Rafik, lui a renoncé à épouser la femme qu'il aime de peur qu'elle ne vienne troubler la douce somnolence qui règne dans la maison. Serag, le cadet, fera-t-il la folie de partir travailler en ville ? Comme si le travail ne pouvait engendrer autre chose que désordres et malheurs !

verve sarcartique, humour imprégné de sagesse orientale:
c'est du albert COSSERY....9 livres depuis 1945...tous à lire sans déception aucune !
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éTOc

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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 19:13

va peut-être falloir ouvrir un "département littérature" hein bolet ?
du genre:

qu'est-ce que vous lisez en ce moment ?
ou
lire c'est nourrir l'imaginaire...
ou
l'experience cognitive des mots.
ou
bouquiner pour s'éloigner des boutiquiers !
ou lire c'est marcher...(dans la tête)

enfin fais comme tu veux Wink
ciao l'ami,

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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 19:15

Haha! Quelle famille!
J'veux bien y faire un p'tit séjour...
Encore une belle manière d'écrire.

Bonne idée cette rubrique lecture!

Bien frat.
Véro
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Bolet satan
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 21:14

éTOc a écrit:
va peut-être falloir ouvrir un "département littérature" hein bolet ?
du genre:

qu'est-ce que vous lisez en ce moment ?
ou
lire c'est nourrir l'imaginaire...
ou
l'experience cognitive des mots.
ou
bouquiner pour s'éloigner des boutiquiers !
ou lire c'est marcher...(dans la tête)

enfin fais comme tu veux Wink
ciao l'ami,


Que voilà une super bonne idée ! Et c'est parti...

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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 23:02

Ah bravissimo! voilà la 8ème rubrique...


...La place d'habitude où je m'abêtissais
Le couloir sans réveil l'impasse et la fatigue
Se sont mis à briller d'un feu battant des mains...

Eluard



Bonne nuit à tou(te)s
(Une bise spécialement à notre petite Tortue)
bien frat.
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Lun 18 Sep - 23:45

quelle célérité compagnon !!

de belles lignes en perspectives...


à vous,
éTOc
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Mar 19 Sep - 17:04

Huuum... je viens de finir deux bouquins très plaisants..."La commedia des ratés" de Tonino Benacquista, et "Amour, Prozac et autres curiosités" de Lucia Etxebarria... J'aime beaucoup...
bien frat.
Véro
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chargirou

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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Mar 19 Sep - 17:45

Tissmo a écrit:
Huuum... je viens de finir deux bouquins très plaisants..."La commedia des ratés" de Tonino Benacquista, et "Amour, Prozac et autres curiosités" de Lucia Etxebarria... J'aime beaucoup...
bien frat.
Véro

si tu aimes Tonino, je ne saurais que trop te conseiller "Malavita"

culte!
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Mar 19 Sep - 17:56

Merci du conseil.
je vais voir à trouver tout ça.

Et toi, tu lis quoi en ce moment?


Amicalmt,
Véro
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Mar 19 Sep - 18:37

Tissmo a écrit:
Merci du conseil.
je vais voir à trouver tout ça.

Et toi, tu lis quoi en ce moment?


Amicalmt,
Véro

et bien je ne l'ai pas encore commencé, mais j'ai reçu récement en cadeau "l'évangile de Judas"

ça promet
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Mar 19 Sep - 19:23

Hihi! oui en effet!
C'est le bouquin retrouvé dernièrement qui a fait monter le pap' au ciel de rage, ou de terreur...
bon courage, perso, ça me fatiguerait d'avance, quoique... ça risque d'être intéressant de comparer les "véridiques" et cet apocriphe (pff quel mot! )
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chargirou

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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Mar 19 Sep - 20:14

oui, à lire donc Wink
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Mar 19 Sep - 23:14

Ainsi que Pierre Desproges...

Puisqu'on est dans les bondieuseries,
un p'tit aperçu du "plus petit dictionnaire du monde"...





"Noël

nom donné par les chrétiens à l'ensemble des festivités commémoratives de l'anniversaire de la naissance de Jésus-Christ, dit « le Nazaréen », célèbre illusionniste palestinien de la première année du premier siècle pendant lui-même.

Chez le chrétien moyen, les festivités de Noël s’étalent du 24 décembre au soir au 25 décembre au crépuscule.
Ces festivités sont : le dîner, la messe de minuit (facultative), le réveillon, le vomi du réveillon, la remise des cadeaux, le déjeuner de Noël le vomi du déjeuner de Noël et la bise de la tante qui pique.

Le dîner : généralement frugal ; rillettes, pâté, coup de rouge, poulet froid, coup de rouge, coup de rouge. Il n’a d’autre fonction que de « caler » l’estomac du chrétien afin de lui permettre d’attendre l’heure tardive du réveillon sans souffrir de la faim.

Le messe de minuit : c'est une messe comme les autres, sauf qu'elle a lieu à vingt-deux heures, et que la nature exceptionnellement joviale de l'événement fêté apporte à la liturgie traditionnelle un je-ne-sais-quoi de guilleret qu'on ne retrouve pas dans la messe des morts.
Au cours de ce rituel, le prêtre, de son ample voix ponctuée de grands gestes vides de cormoran timide, exalte en d’eunuquiens aigus à faire vibrer le temple, la liesse béate et parfumée des bergers cruciphiles descendus des hauteurs du Golan pour s’éclater le surmoi dans la contemplation agricole d’un improbable dieu de paille vagissant dans le foin entre une viande rouge sur pied et un porte-misère borné, pour le rachat à long terme des âmes des employés de bureau adultères, des notaires luxurieux, des filles de ferme fouille-tiroir, des chefs de cabinet pédophiles, des collecteurs d’impôts impies, des tourneurs-fraiseurs parjures, des O.S. orgueilleux, des putains colériques, des éboueurs avares, des équarisseurs grossiers, des préfets fourbes, des militaires indélicats, des manipulateurs-vérificateurs méchants, des informaticiens louches, j’en passe et de plus humains.
A la fin de l’office, il n’est pas rare que le prêtre larmoie sur la misère du monde, le non-respect des cessez-le-feu et la détresse des enfants affamés, singulièrement intolérable en cette nuit de l’Enfant.

Le réveillon : c’est le moment familiale où la fête de Noël prend tout son sens. Il s’agit de saluer l’avènement du Christ en ingurgitant, à dose limite avant éclatement, suffisamment de victuailles hypercaloriques pour épuiser en un soir le budget mensuel d’un ménage moyen.
D'après les chiffres de l'UNICEF, l'équivalent en riz complet de l'ensemble foie gras-pâté en croûte-bûche au beurre englouti par chaque chrétien au cours du réveillon permettrait de sauver de la faim pendant un an un enfant du Tiers Monde sur le point de crever le ventre caverneux, le squelette à fleur de peau, et le regard innommable de ses yeux brûlants levé vers rien sans que Dieu s’en émeuve, occupé qu'Il est à compter les siens éructant dans la graisse de Noël et flatulant dans la soie floue de leurs caleçons communs, sans que leur coeur jamais ne s’ouvre que pour roter.

La remise des cadeaux : après avoir vomi son réveillon, le chrétien s’endort l’âme en paix. Au matin, il mange du bicarbonate de soude et rote épanoui tandis que ses enfants gras cueillent sur un sapin mort des tanks et des poupées molles à tête revêche comme on fait maintenant.

Le déjeuner de réveillon : la panse ulcérée et le foie sur les genoux, le chrétien néanmoins se rempiffre à plein groin, se revautre en couinant de plaisir dans les saindoux compacts, les tripailles sculptées de son cousin cochon et les pâtisseries immondes, indécemment ouvragées en bois mort bouffi. Ô bûches de Noël, indécents mandrins innervés de pistache infamante et cloqués de multicolores gluances hyperglycémiques, plus douillettement couchées dans la crème que Jésus sur la paille, vous êtes le vrai symbole de Noël.

La bise à la tante qui pique : après avoir vomi son déjeuner, le chrétien reçoit la tante qui pique et la donne à sucer à ses enfants. Si elle pique beaucoup, la tante qui pique devra attendre le Nouvel An pour les enfants du chrétien aillent lui brouter le parchemin maxillaire contre deux cents grammes de confiseries. Le Nouvel An est l’occasion de festivités exactement semblables à celles de Noël, à ce détail près qu’il s’agit cette fois d’un
rite paîen.


Judaïsme

n.m. Religion des juifs, fondée sur la croyance en un Dieu unique, ce qui la distingue de la religion chrétienne, qui s'appuie sur la foi en un seul Dieu, et plus encore de la religion musulmane, résolument monothéiste.


Torture

nom commun, trop commun, féminin, mais ce n'est pas de ma faute. Du latin tortura, action de tordre.
Bien plus que le costume trois-pièces ou la pince à vélo, c'est la pratique de la torture qui permet de distinguer à coup sûr l'homme de la bête.
L’homme est en effet le seul mammifère suffisamment évolué pour penser à enfoncer des tisonniers dans l’oeil d’un lieutenant de vaisseau dans le seul but de lui faire avouer l’âge du capitaine.
La torture remonte à la nuit des temps. A peine eût-il inventé le gourdin, que l’homme de Cro-Magnon songeait aussitôt à en foutre un coup sur la gueule de la femme de Cro-Magnonne qui refusait de lui avouer l’âge de pierre.
Mais il fallut attendre l'avènement du christianisme pour que la pratique de la torture atteigne un degré de raffinement enfin digne de notre civilisation. Avant cet âge d’or, en effet, la plupart des supplices, en Haute-Egypte et jusqu’à Athènes, relevaient hélas de la plus navrante vulgarité. Les Spartiates eux-mêmes, au risque d’accentuer la dégradation des sites, n’hésitaient pas à précipiter leurs collègues de bureau du haut des falaises lacédémoniennes pour leur faire avouer la recette de la macédoine. Quant à l’invasion de la Grèce par les légions romaines, on en retiendra que la sanglante boucherie au cours de laquelle le général Pinochus se fit révéler le théorème de Pythagore en filant des coups de pelles aux Ponèses.
Pour en revenir aux chrétiens, on n’oubliera pas qu’après avoir été, sous les Romains, les premières victimes de la torture civilisée, ils en devinrent les plus sinistres bourreaux pendant l’Inquisition. Aujourd'hui encore, quand on fait l'inventaire des ustensiles de cuisine que les balaises du Jesus'fan Club n'hésitaient pas à enfoncer sous les ongles des hérétiques, ce n'est pas sans une légitime appréhension qu'on va chez sa manucure.
Aux portes de l’an 2000, l’usage de la torture en tant qu’instrument de gouvernement se porte encore bien, merci. Même si, sous nos climats, elle a tendance à tomber en désuétude. Pour citer un pays occidental, au hasard, nous sommes en mesure d’affirmer qu’à Monaco, par exemple, le nombre des bourreaux par habitant est actuellement de zéro pour mille. D’ailleurs, on voit mal quelles raisons pourraient pousser un croupier à empaler un milliardaire.
Hélas, quand on s’écarte un peu plus de l’Hexagone, que ce soit vers l’ouest, vers l’est ou vers le sud, on rencontre encore, dans des contrées exotiques pourtant ouvertes au progrès, à trois pas de la piscine du Hilton, ou dans les steppes démocratiques les plus populaires, des empêcheurs de penser en rond qui cognent et qui charcutent, qui enferment et qui massacrent, qui souillent et qui avilissent, et même — ah, les cons !— qui arrachent les ailes des poètes au nom de l’avenir de l’homme.


National-socialisme

n.m. Doctrine fondée par Adolf Hitler pendant les années folles.
En abrégé, on dira plus volontiers « nazisme », c'est plus joli.
Le nazisme, tombé en désuétude en 1945 — excellente année pour les bordeaux rouges, encore qu’on puisse lui préférer 1947 —, prônait le racisme, le militarisme, le progrès social et l’assiduité aux carnavals métalliques avec flambeaux et oriflammes à grelots.
Décidés à étendre le territoire allemand au nom de la théorie de l’espace vital, les nationaux-socialistes (en abrégé on dira plus volontiers « nazis », c’est plus pimpant) avaient cru remarquer accessoirement que la race germanique engendrait des surhommes beaux, grands, blonds, sobres en humour, et élégamment bornés.
Forts de quoi, ils s’obstinèrent pendant des années à exterminer les petits bruns dont certains véhiculaient sournoisement le virus du coryza, voire un atavisme austro-polonais douteux ou une prédilection suspecte pour la carpe farcie et les poivrons à l’huile.
Pour attirer les petits bruns, les nazis avaient imaginé de les emmener à la campagne dans des bungalows de bois relativement frustes, au coeur d’immenses clubs privés très bien protégés des curieux par des gardes assermentés et leur chiens, de race également.
Pour atténuer les souffrances des petits bruns finissants, les nazis les endormaient au gaz avant de les empiler dans la cour. Contrairement à la rage, le nazisme n'est pas remboursé par la Sécurité Sociale. Il est pourtant contagieux. Sa prévention passe obligatoirement par le respect des synagogues, le mépris de la mitraille et un minimum de réceptivité cordiale au chant plaintif des violons tziganes.
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chargirou

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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Mer 20 Sep - 0:11

c'est du bon et c'est du lourd Smile)
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Bolet satan
champipi foutrement mécréant!
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MessageSujet: Re: Pourquoi les oies criaient...   Mer 20 Sep - 11:51

Aaargh Pierre Desproges... je pense que je les ai tous !!! cheers

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Pourquoi les oies criaient...
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