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 expulsions autrefois aussi...

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MessageSujet: expulsions autrefois aussi...   Ven 12 Mai - 21:51

un article de Maurice Rajsfus :

L'étranger, voilà l'ennemi !

À propos de la circulaire du 21 février 2006

EN 1945, la France libérée récemment du joug nazi n'avait pas d'autre
priorité que de prendre des dispositions restrictives par une loi
relative à l'entrée et au séjour des étrangers en France. Ce texte,
d'inspiration policière, fragilisait au passage de nombreux combattants
étrangers de la MOI (Main-d'ouvre immigrée), lesquels n'avaient pas
demandé l'autorisation de lutter aux côtés des premiers résistants de ce
pays, dans la guérilla urbaine comme dans les maquis, mais ceci est une
autre histoire. Depuis, ce texte a été maintes fois complété et rendu plus
répressif.

La réforme de la loi CESEDA (Code d'entrée et de séjour des étrangers en
France et au droit d'asile), prévue par une circulaire signée par Nicolas
Sarkozy et Pascal Clément (ministre de la Justice), le 21 février 2006,
était en débat à l'Assemblée nationale entre le 2 et le 5 mai dernier. Ce
texte n'a qu'une finalité: fixer « les conditions de l'interpellation d'un
étranger en situation irrégulière, garde à vue de l'étranger en situation
irrégulière et les réponses pénales » appropriées.

En clair, la possibilité d'arrêter et d'expulser un maximum d'étrangers en
rendant légales des pratiques illégales. Il faut bien respecter les quotas
d'expulsions fixés par le ministre de l'Intérieur. Bien entendu, les
préoccupations électoralistes ne sont pas étrangères à cette nouvelle
manifestation de xénophobie.

La France des Droits de l'homme n'a jamais été véritablement câline avec
ceux qui sont qualifiés d'étrangers. La vindicte témoignée envers les
êtres humains venus d'ailleurs est suffisamment significative pour bien
faire comprendre à tous les « Bougnoules » qu'ils ne sont pas les
bienvenus dans notre pays. Jadis, au temps de la IIIe République, les «
Ritals » et les « Polaks » étaient accusés de manger le pain des Français,
mais également de débaucher leurs filles, tout en encombrant les hôpitaux
et les prisons.

Après la grande crise de 1929, la volonté est forte de mener la vie dure à
ces étrangers qui encombrent « notre » sol, au lieu de se faire oublier au
fond des mines de charbon (les Polonais) ou dans les entreprises de
sidérurgie (les Italiens). En août 1932, une loi, promulguée par Édouard
Herriot, limite à 5 % le nombre d'étrangers autorisés à travailler pour
certains établissements publics, chantiers ou même ateliers. En 1934, le
président du Conseil, P.-E. Flandin, prépare des mesures d'expulsion par
la force des étrangers dont les papiers ne sont pas en règle. Environ 3000
étrangers seront frappés par cette loi dont les effets se feront sentir
durant les premiers mois de 1935. Cette même année, un gouvernement
présidé par Pierre Laval signe un décret prévoyant des peines de six mois
à deux ans de prison pour les expulsés qui se risqueraient à revenir en
France.

Les décrets-lois Daladier, du 2 mai 1938, prévoient tout à la fois la mise
en place de quotas d'étrangers dans les entreprises et la création d'une
police des étrangers. De façon prémonitoire, le militant antifasciste
André Ferrat prévient: « Le futur dictateur fasciste n'aura qu'à étendre
les pouvoirs actuels de la police des étrangers à tous les citoyens, et
les libertés françaises ne seront plus qu'un souvenir! » À la fin de
l'année 1938 est évoquée l'ouverture de camps de concentration pour
certains immigrés. En 1939, alors que la guerre menace, le ministre de
l'Intérieur, Albert Sarraut, pète les plombs, en éructant: « Il faut
débarrasser la France de la tourbe étrangère! » Lesquels étrangers ne sont
autres que des Allemands qui ont fui le nazisme, et les réfugiés espagnols
entrés en France en janvier et février 1939. En octobre 1939 et en mai
1940, la France républicaine décide l'internement des ressortissants
allemands et autrichiens, presque tous juifs et antifascistes.

Le décret scélérat du 2 mai 1938 n'a pas oublié les citoyens français qui
se seraient montrés solidaires des étrangers persécutés: « Tout individu
qui, par aide, directe ou indirecte, aura facilité l'entrée, la
circulation ou le séjour irrégulier d'un étranger, sera puni d'une peine
d'amende ou de prison. »

En septembre 1940, dans le droit fil de la politique conduite depuis une
décennie, le gouvernement de Vichy promulgue une loi sur « les étrangers
en surnombre dans l'économie française ». Rapidement, 40000 travailleurs
étrangers sont internés dans les camps de la zone sud et livrés au travail
forcé. Nous savons ce qu'il en sera durant les quatre années suivantes du
sort de ces étrangers, et plus particulièrement des juifs vivant dans ce
pays.

Depuis le premier choc pétrolier de 1973, les lois anti-immigrés n'ont
cessé de se multiplier. En 1974, Michel Poniatowski proclame «
l'immigration zéro ». Vont suivre, en 1978 et 1979 les lois Stoléru et
Fontenet qui, peu à peu, vont encadrer les conditions d'entrée sur le
territoire français des travailleurs colorés dont la France ne veut plus.
En janvier 1980, c'est la loi Bonnet qui renforce le contrôle du séjour
des immigrés, les étudiants étant particulièrement menacés. En janvier
1981, une loi Peyrefitte va aggraver une législation déjà lourdement
répressive.

Après le répit de l'été 1981, avec la régularisation de dizaines de
milliers de travailleurs étrangers, la répression reviendra rapidement à
l'ordre du jour. Les lois Pasqua de 1986 transforment de nombreux immigrés
en clandestins. Dans le même temps, le droit d'asile commence à ressembler
à ne peau de chagrin. En mai 1988, de retour au pouvoir, la gauche
renonce à abroger les lois Pasqua. En 1989, Michel Rocard nous explique
tranquillement que « la France ne peut pas accueillir toute la misère du
monde ». Pour ne pas être en reste, c'est un ministre socialiste, Philippe
Marchand qui, en 1991, banalise la pratique de l'enfermement des étrangers
sans papiers dans des centres de rétention administrative.

Parallèlement, la pratique des expulsions par charters va entrer dans les
mours démocratiques : 55 Zaïrois en 1985 (sous Fabius), 101 Maliens en
1986 (sous Pasqua). En 1993, de retour au ministère de l'Intérieur,
Charles Pasqua fait voter de nouvelles lois répressives sur l'immigration.
En 1995, c'est Jean-Louis Debré qui aggrave cette législation. Les centres
de rétention se multiplient, et la chasse aux sans-papiers se durcit.

En juin 1997, la gauche est de nouveau au pouvoir mais, malgré les
promesses du candidat Jospin, les lois Pasqua-Debré ne sont pas abrogées.
Bien au contraire, une circulaire de Jean-Pierre Chevènement fragilise
plus encore les sans-papiers. Ce sera rapidement le refus de régulariser
60000 de ceux qui ont été incités à se déclarer dans les préfectures. En
octobre 1999, une nouvelle circulaire Chevènement rend encore plus
délicate la situation des sans-papiers. Lionel Jospin conforte cette
politique d'exclusion en montrant du doigt ceux des étrangers, « qui n'ont
pas vocation à rester en France ».

Au travers du petit jeu de l'alternance droite-gauche, le pire a toujours
été possible. C'est ainsi que les lois Sarkozy de 2002, 2003 et 2006 ne
font que prendre la suite des lois édictées par Chevènement, en 1997, et
Daniel Vaillant, en 2001. Avec la circulaire du 21 février 2006, c'est
tout un pans des droits de l'homme qui va être détruit. Nicolas Sarkozy,
qui n'a pas peur de se salir la bouche, parle d'une immigration «subie»,
qui polluerait le pays. D'où sa volonté de promouvoir une immigration
«choisie», parmi des hommes et des femmes à qui l'on refuserait pourtant
un minimum de droits, tout en leur imposant un maximum d'obligations.

La circulaire du 21 février 2006 va bien plus loin puisqu'il est prévu
d'en terminer avec la régularisation automatique des étrangers après dix
ans de présence en France. Ce qui ne va pas manquer de créer de nouveaux
clandestins. L'obtention de la carte de long séjour, valable dix ans, fera
désormais l'objet de nombreuses difficultés; la délivrance de ces cartes
dépendant désormais du pouvoir discrétionnaire de l'administration. En cas
de licenciement, les cartes de séjour temporaire pourraient être retirées.
Il en irait de même des malades en cours de soins, si un traitement était
jugé possible au pays d'origine.

Témoignant de leur volonté de faire le tri entre les bons étrangers et les
autres, Nicolas Sarkozy et Pascal Clément ont décidé la création d'un
titre de séjour de trois ans qualifié « compétences et talents », qui
serait attribué aux étrangers « susceptibles de participer au
développement de l'économie française ». Ce qui, en creux, rappelle
étrangement la loi de Vichy de septembre 1940.

Dans les faits, la circulaire du 21 février 2006 est déjà appliquée car
pour les préfets et les policiers la seule lettre de ce texte fait force
de loi. Les expulsions n'ont cessé de se multiplier depuis le début de
cette année. Ces mesures frappent également de nombreux enfants
scolarisés, en principe non expulsables avant la fin de leur cursus
secondaire. Mais, c'est bien connu, ma main droite doit ignorer ce que
fait ma main gauche.

Maurice Rajsfus
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MessageSujet: Re: expulsions autrefois aussi...   Ven 12 Mai - 22:38

Comme quoi la peur de l' "autre"...ne date pas d'hier... même si celà est est toujours d'actualité, çà me fait toujours très mal...

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MessageSujet: Re: expulsions autrefois aussi...   Mer 17 Mai - 8:44

Citation :
Jadis, au temps de la IIIe République, les «
Ritals » et les « Polaks » étaient accusés de manger le pain des Français,
mais également de débaucher leurs filles, tout en encombrant les hôpitaux
et les prisons.

Et même bien après. J'ai entendu ça toute mon enfance. Et croyez moi ça marque et ça change un individu. Comment s'étonner après ça de la révolte des jeunes issus de l'immigration ? Ces propos, je les ai connus et subis, je sais la rage que cela peut entrainer.
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MessageSujet: Re: expulsions autrefois aussi...   Jeu 18 Mai - 16:00

Moi y'en a être enfant d'polaks et toi?
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MessageSujet: Re: expulsions autrefois aussi...   

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